La vie est parfois curieuse, voire mystérieuse, l’autre jour en passant devant notre bibliothèque située dans le long couloir de notre maison du Val d’Ajol, un ouvrage m’a comme appelé, interpellé, attiré et j’ai eu une brusque envie de le prendre et de le relire : celui de Geneviève Bareiss, Shetland Manor paru en octobre 1986. J’étais alors, il y a quarante ans, un jeune éditeur…
Geneviève Bareiss, on ne trouve – hélas – plus guère de traces d’elle sur Internet. Née en 1922 en Tunisie, Geneviève Alacchi, vivait dans un pays où fleurissent les orangers, les bougainvillées, les lavandes…Son mariage avec Pierre Bareiss, cardiologue réputé, la transporte à Strasbourg avec ses enfants. Elle en aura sept ! Femme remarquable, elle publia « La petite fille sur le piano » et surtout ce sublime ouvrage où elle se révèlera entièrement, sous couvert du romanesque, « Shetland Manor ». Livre passionnant, véritable intrigue policière, qui plus est, se déroule dans un manoir écossais entouré de champs de bruyères.
En relisant ce livre, j’ai revu Geneviève lorsqu’elle venait nous rendre visite au Boulevard de Nancy à Strasbourg.
Femme attachante, élégante, atypique et charmante, elle distillait aussi dans son écriture la fine poésie d’une certaine forme de tendresse et de sagesse : L’amour d’un homme pour une femme est le plus grand magicien qui soit ou Il n’y a pas d’unité de mesure pour l’amour. On aime ou pas. Quand on aime…
Merci Geneviève de m’avoir fait un petit coucou de derrière ce monde invisible où sont plongés nos vies passées…
© Laurent BAYART










