Archives de catégorie : Blog-Notes

LA FABULEUSE PROFUSION ARTISTIQUE DE IARINA MARIA ANDREI.

Un grand bravo et beaucoup d’admiration pour notre filleule roumaine Iarina Maria Andrei qui travaille actuellement en Angleterre dans une Université d’Arts Plastiques et Design en Angleterre où elle s’exerce et apprend avec maestria. Elle vient de nous envoyer quelques unes de ses oeuvres dont cette magnifique gravure que vous pouvez admirer sur cette page. Iarina réalise des maquettes de pochettes de disques, tee-shirt, objets divers, poteries, ustensiles et couvertures de livres…La justesse de son trait lui offre de belles perspectives d’avenir. Aujourd’hui, elle nous gâte et régale avec ses créations et les objets qu’elle conçoit. Elle expose même quelques unes de ses oeuvres dans la vitrine d’une banque anglaise ! Magistrale. Mille félicitations à elle pour cette fabuleuse profusion artistique. Gageons que l’on reparlera d’elle encore plus tard. Il y a de nouvelles étoiles qui dessinent leur avenir dans le ciel…L’Art est une véritable voie lactée dans laquelle Iarina pose sa palette en mille couleurs pour y créer sa propre planète.

iarina.andrei@gmail.com

IL FAUDRA S’OUVRIR AUX PORTES POUR VOYAGER AU-DELA DES MURS…

          La vie serait-elle une affaire de portes que l’on doit ouvrir pour s’en aller au-delà de cette épaisse ligne d’horizon que constituent les murs qui nous font face ? Est-ce que cela vaut la pêne de faire couiner une serrure et sa clef pour s’en aller fuir vers les lointains ? Les portes sont des étoiles glissées sur les cloisons de nos maisons ou de nos appartements. L’espace/temps s’y trouve derrière à l’image d’une caverne d’Ali Baba. Il nous appartient de les franchir afin de s’en aller vagabonder dans le cosmos. Qu’y a-t-il derrière ce rideau rigide qui nous protège des voleurs de courants d’air ? Seul le Grand Maçon en connaît tous les secrets et les rouages. L’Architecte de l’absolu a bien fait les choses !

Un jour, nous partirons en claquant la porte et sans nous retourner. Il ne s’agira pas d’un voyage ou d’une simple échappée. Dernier vagabondage et ultime envolée. Les cimetières sont des allées où traînent toutes les portes abandonnées…

Nos corps de lumière se déplaceront par les gouttières de l’invisible. Où vont donc nos voix quand le grand silence vient épaissir l’atmosphère ?

Les anges, tels des elfes ou des fées, seront nos porte-plumes pour nous faire passer de l’autre-côté des apparences. Là où d’autres portes nous attendent patiemment, car nous sommes – sans le savoir – nous-mêmes, des clefs…qui avons perdu le trousseau de notre corps.

                                                                © Laurent BAYART

                                                2 octobre 2022

J’AIME LES VOYAGES QUI COMMENCENT A S’ECRIRE SUR MON CAHIER/JOURNAL.

photo de Marie Bayart

                                                               Avec la complicité de Jules,

                  J’aime imaginer un voyage sur les lignes méridiennes de mon cahier, comme un journal de bord, en diariste à tricoter sur le quotidien, avec le compas des aiguilles, tel un journalier du verbe. Les voyages sont des poèmes que l’on écrit avec ses valises ou son sac à dos. Les pays sont des adjectifs colorés qui nous entraînent dans leur vocabulaire qu’on appelle des langues. Exotisme tout en aquarelles des drapeaux qui claquent leurs oriflammes sur ce qui restent des postes-frontières. Leurs mots ? Des syllabes, voyelles et consonnes en partance vers un exotisme en tour de Babel. Voyager, c’est rédiger des phrases sur son imaginaire en quête de rencontres et de « dépaysement », Qui voudrait dire « s’extirper et sortir d’un pays » ? Abandonner, quelques miettes d’instants, son paillasson et s’éloigner de la quiétude de son jardin pour jouer de la bossa-nova sur des cartes.

Mon cahier à spirales devient une mappemonde ou nappe-monde qui s’étire devant moi pour des agapes de l’absolu en gastronomie de territoires.

Reste à m’enivrer et à me régaler de ce « voyage » dont on ne revient jamais indemne, dit-on.

Demain, ma maison sera encore plus belle pour accueillir cet étranger/sédentaire devenu voyageur que je serai devenu.

                                                                    © Laurent BAYART

                                              27 septembre 2022

LES COCOTTES DU COUVENT DES CAPUCINS.

                                                                 A Mady et Bruno Cortot,

          C’est un havre de verdure et de paix, noyé dans une bulle d’oxygène verte, sise (assise comme le bon Saint François !) en cette bonne et belle ville de Beaune, capiteuse et savoureuse telle une dive bouteille de bourgogne. C’est au Couvent des Capucins que Bruno Cortot a décidé de planter son atelier de peintre où la vie bruisse de toute part. Le jardin des moines constitue une miniature de paradis où des ombres bienveillantes offrent la plénitude aux retraités/visiteurs. Dieu s’est pris les pieds dans le tapis et le temps passe comme une éternité fixée dans les coussinets d’un félin. Outre les chats qui déambulent non-chat-lamment, trainent aussi de nombreux volatiles ainsi que des poules, surnommées par le maître des lieux, les « cocottes ». Ce sont ainsi les bonnes âmes du cloître qui cotecodatent joyeusement et gaillardement. Il ne manquerait plus, à ce tableau bucolique (moins la chasse d’eau !), que dis-je cette palette champêtre, que l’auguste mère Poularde, mais celle-ci, sévit du côté du Mont Saint-Michel, à mille lieues de ce couvent…On ne fait pas d’omelettes sans casses d’œufs nous chuchote un merle de passage…colorié – pour la circonstance – en jaune !

Ici, l’art s’épanouit sereinement au fil des saisons, grassouillant et ripaillant gaillardement. Le temps file doucement sans se presser. Il n’a pas (d’arrières) trains à prendre…

Les gallinacés picorent et gloussent dans cette basse-cour en couleurs où les silhouettes des chats-moines cotecodatent allègrement en bure ou en cuculles.

Ils se délectent du spectacle des « cocottes » qui picorent l’herbe et la terre tels en métronomes de ferme. Et, il ne s’agit pas de goulues d’un french cancan endiablé, même si elles portent plumes… et grignotent, en poétesses du poulailler, quelques vers d’anthologie…en faisant tourner les ailes (rognées) de ce moulin rouge imaginaire.

                                                                            © Laurent BAYART

  • Atelier du Cloître, 31, rue du Faubourg Saint-Martin, 21200 Beaune.

LA VIE DE TOUTES PIECES…EN QUETE D’UNE IMAGE.

          Peut-être que finalement la vie est un vaste puzzle qu’il nous faut reconstituer, pièce par pièce, jusqu’au dernier jour où nous découvrirons enfin l’image…Révélation de tous ces instants passés à s’émerveiller et à savourer l’instant. Les couleurs de notre bonheur et les silhouettes de ceux que nous aimâmes se révéleront à nous dans le dernier acte. Qui sait ? Nous ne savons que si peu de cet ultime, de ce mystère qui se cache derrière les pièces du puzzle. 

Qu’importe dans le fond ! L’essentiel étant la multiplicité de ces pièces qui formeront le tableau, figure en couleur que nous laisserons derrière nous avant de partir…

Notre vie est peut-être un puzzle ? Dieu joueur et taquin cache si bien son jeu…

Avant de tout ranger dans la grande boîte…et recommencer ailleurs avec une autre image ?

                                                               © Laurent BAYART

                                           16 septembre 2022

LA PLENITUDE DE CETTE CROIX EN PLURIEL D’ESPERANCES…

photo de Rémi Picand

          C’est un ciel de liturgie, un cantique de sérénité qui s’offre à nos yeux. Offrande céleste venant poser son cantique de paix dans notre âme. Jubiler, c’est chanter à tue-tête mais à voix basse…J’aime attendre et entendre l’improbable rendez-vous avec le Mystère qui se cache derrière l’apparence des choses, qu’on nomme le visible. On appelle ça la foi…Cet inexorable et inépuisable aveuglement qui consiste à faire confiance à la parole muette des anges, aux ombres qui déambulent derrière nous, à ces fragments de sensations qui vendangent notre espérance et nous portent vers le plus loin, le plus haut. 

Glisser Nos yeux vers le ciel, c’est comme écrire sur un journal.

On y abandonne une trace, celle de cet Amour sans fin qui nous vient dont on ne sait où ? Pour aller se fixer dans l’agenda d’un évangile où pulse notre cœur.

Son battement sourd est tel un tabernacle de lumière dans cette nuit d’encre que l’on imprime sur le papier de nos jours.

La bougie d’une luciole pour éclairer nos prières.

                                                                    © Laurent BAYART

                                              14 septembre 2022

UN JOUR PAS COMME LES AUTRES…

dessin d’Alphonse, futur volcanologue…

                                                              Un anniversaire…le mien !

          C’est un jour avec un marque-page glissé dans le calendrier, à mettre une arabesque au Stabilo, à faire chanter l’agenda et s’offrir un peu de mélancolie, de saudade comme disent les Brésiliens. Un jour pour ralentir l’inexorable marche (forcée) du temps qui nous fait glisser vers la grande porte de l’inconnu. Un jour à se dire que l’on s’éloigne, toujours et encore plus, de notre acte de naissance, de ce jour où nous entrâmes au monde par la petite porte des étoiles, celle que nous offrit notre maman…Un jour, hommage à nous-mêmes, à regarder enfin dans les rétroviseurs…et puis repartir de l’avant, car nous n’avons pas le loisir de lambiner. La route nous attend !

Un jour à aimer les improbables rendez-vous de la vie, à se surprendre, encore et toujours, à être debout et jubiler d’avoir la tête dans les nuées et l’âme en quête d’absolu.

S’offrir un petit texte comme on s’ouvrirait une bonne bouteille de champagne ou de crémant. Des bulles qui pétillent dans la syntaxe de l’écriture.

Un jour pas comme les autres, déjà passé, déjà plus loin, déjà dans les albums du souvenir.

Un jour ordinaire, celui du lendemain qui nous surprend à continuer la marche sur la grande sente dont on ne connaît ni l’issue, ni le temps qu’il nous reste à pérégriner. La destination nous sera offerte par la suite…

Bonheur de l’instant à déguster telle une seconde qui n’aurait pas de fin. Ivresse de ne pas savoir si l’on apercevra la borne du jour suivant. Mais, avec un soleil/tournesol cousu dans le cœur, tel le sextant du navigateur pour aller nous plonger dans les terra incognita de l’océan du cosmos.

                                                               © Laurent BAYART

                                                                     11 septembre 2022

LES YEUX SONT LES LUCARNES DE L’AME.

Photo de Rémi Picand

                  Aux matines, lorsque je j’ouvre et rabats les persiennes/volets de mes paupières, la lumière du jour (ou plutôt de cette luciole de luminosité qu’est l’aube) vient éblouir mes pupilles. Je chavire de bonheur de me retrouver dans ce petit jour qui ne dit pas encore son nom. Le soleil n’étant qu’une esquisse, une ébauche d’un dessin de Léonard de Vinci, une roue qui tourne doucement sur la ligne d’horizon. Quelques grains de poussières de lampes de chevet…

Mes yeux s’extasient et jubilent de cette beauté qui glisse dans l’instant. Regard qui s’envole au-delà de ma fenêtre vers l’indicible.

Ma rétine est un petit soleil, telle une planète minuscule fichée dans la voie lactée de mes yeux.

Ce cosmos qui me nourrit en images fabuleuses. Mon livre et cabinets des merveilleuses, chambre noire des curiosités où le monde pose ses couleurs en moi, chaque matin.

Mes yeux sur lesquels j’écris le monde que je vois…

                                                                   © Laurent BAYART

                                               9 septembre 2022

NOUS AVONS TANT BESOIN DE RETROUVER LE CHEMIN DES ETOILES.

photo Rémi Picand

          Dans ce ciel à l’ivresse bleutée, je cherche le chemin des étoiles pour y poser la tendresse de l’instant. Contempler le ciel, c’est prier avec les yeux dans le chuchotement de nos pupilles émerveillées. L’azur est un drapeau qui nappe les nuées d’un paysage sans fin. J’y cherche l’étoile du Berger, un coquillage de lune, un confetti de soleil et quelques novae égarées sur le tapis du ciel. Une croix se lève comme un tournesol dans ce champ de lapis-lazuli. Comme un autel sur la nef d’une église, une colombe joue les tabernacles de paix sur l’horizon.

J’aime regarder l’infini sur les territoires du ciel. Là-bas, la ligne d’un avion trace un petit trait. Dieu est-il en train d’écrire avec les ailes de ce papillon à réacteur ?

Quand donc arriverons-nous à déchiffrer tous ces messages que l’on nous adresse ?

Le ciel est une Bible ouverte sur les cantiques de l’invisible. 

Nous avons tant besoin de retrouver les chemins de l’essentiel.

                                                                    © Laurent BAYART

                                                                         7 septembre 2022

LIVRE/ LITTERATURE EN MONGOLIE OU LA FRAICHEUR DE LA DECOUVERTE.

          Luvsandorj Ulziitugs est une poétesse contemporaine mongole au nom quasiment imprononçable pour les Occidentaux. J’ai été séduit par la couverture  (Solen Zaya Demars) et l’originalité de cette proposition de lecture qui nous fait découvrir un panel de nouvelles. « Aquarium » est un véritable best-seller en Mongolie. Héritière d’une civilisation nomade qui transmet son patrimoine à travers l’oralité, Ulziitugs est convaincue que l’esprit de la littérature mongole est né avec les chansons traditionnelles de son peuple, et que, pour comprendre l’âme de la poésie mongole, il faut avant tout écouter et comprendre ces créations orales…Pour elle, la mort est simplement la limite du visible et une merveille au même titre que la vie. Nous sommes, évidemment, à mille lieues de la conception occidentale ! Écriture, à l’instar de ce territoire sans limite, de cette femme qui a réussi à garder son cœur intact en parlant aux nuages, au soleil et aux étoiles. 

Littérature, parfois à la Kafka, avec cette nouvelle où la narratrice se retrouve plongée dans son…aquarium : au début étroit et froid, je commençais peut-être à m’y habituer…Réalité ou cauchemar, comme en un écran, elle y perçoit les étranges infidélités de son époux. Les images restées sur les lunettes sont une petite merveille de trouvailles littéraires, car en essuyant ses bésicles, les images disparaissent par enchantement ! Dans Elle et lui, je pioche ce petit extrait savoureux : Sa mère avait l’habitude de lui laver les cheveux avec de l’eau de pluie quand il était petit. Tout le monde savait chez lui que l’eau de pluie rendait les cheveux doux et soyeux comme ceux des filles. Grossesse nous entraine à nouveau dans une certaine forme d’absurde où la femme se retrouve enceinte avec des marques sur le corps. Tout cela finira en queue de poisson…L’explication finale permettra au mari jaloux et dubitatif de se rassurer quelque peu…

Ces nouvelles de Mongolie sont de petites pépites qui nous offrent cette poésie de territoire des confins. Une belle ivresse de lecture et une généreuses originalité !

                                                               © Laurent BAYART

  • Aquarium, nouvelles de la Mongolie d’aujourd’hui, de L. Ulziitugs, Editions Borealia, 2017.