Archives de catégorie : Blog-Notes

EN DUO LES YEUX Fermés…

        Avec nos yeux nous regardons à l’intérieur de nous-mêmes, le soleil qui brille derrière nos pupilles. Voyage intérieur qui nous fait côtoyer les étoiles et toucher notre âme. Nous sommes deux, comme un rendez-vous que l’on se fixe dans un agenda imaginaire. Fildeféristes, nous dansons sur le trait tendu de l’éphémère, en sachant que chaque jour est une aventure de l’instant. Et parfois je reprends cette phrase piochée dans un ouvrage lumineux* : Que veux-tu que je devienne si je n’entends plus ton pas, est-ce ta vie ou la mienne qui s’en va, je ne sais pas.

Continuer les yeux fermés à croire encore aux étoiles et se réveiller, chaque jour, avec un soleil fixé dans le cœur.

Et poursuivre le chemin, coûte que coûte, en s’inventant une route.

                                                   © Laurent BAYART

  • Valérie Perrin, « Changer l’eau des fleurs ».

LES ENFANTS INDESIRABLES, PERSONNA NON GRATA DANS LES TRAINS…

       Quand j’ai lu et entendu cette info, je me suis dit que ce n’est pas possible ! Je rêve…Des espaces réservés aux voyageurs sans enfants ? « La SNCF commercialise ses nouveaux espaces OPTIMUM PLUS en interdisant explicitement l’accès aux enfants de moins de 12 ans au nom du soi-disant « confort ».

 Certes, je peux comprendre que le chahut et autre tohu-bohu dans le train, cela peut être fatiguant, voire agaçant…Mais quand même ! Concevoir et créer des espaces dédiés dans les trains pour exclure les petites têtes, les mômes… Des nouvelles classes sans enfants à la SNCF.  Là, je me dis qu’on touche un peu le fond ! Non ? Une société qui exclut les petits parce-que trop bruyants et turbulents…Mais, où va-t-on donc ? Dans quel monde vit-on ? Dans quelle société ?

Et si demain, on faisait pareil avec les vieux, les séniors comme on dit ? Les handicapés ? Euh, je voulais dire les personnes à mobilité réduite…

Dites-moi que ce n’était qu’une mauvaise blague, une fake new, un petit cauchemar ?

Finalement, un monde sans enfants serait comme une société sans vie, sans poésie, une espèce de Meilleur des mondes à la Aldous Huxley.  

Ne dit-on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions ? 

Arrêtons ces « enfantillages » car au train où vont les choses, nous finirons irrémé-diablement par perdre nos âmes ! Non ? Et un corps sans esprit, ce n’est plus qu’une boite de bonbons sans gourmandise ni friandise !

                                                   © Laurent BAYART

                                             24 janvier 2026

LA CINEMATHEQUE ENCHANTEE DU FESTIVAL INTERNATIONAL DES CINEMAS D’ASIE DE VESOUL.

La 32e édition du Festival International des Cinémas d’Asie (FICAV) de Vesoul aura lieu du 27 janvier au 3 février 2026, initié par Martine et Jean-Marc Thérouanne, « artisans d’un miracle culturel exigeant et populaire » comme l’a décrit récemment un article de presse. 

Ces instants de cinéma constituent un émerveillement de couleurs, de sensations, d’images et de magie en mouvements. Décliné en version originale, la grammaire du langage en sous-titrage, ce festival fait chanter les personnages dans leur langue originelle. C’est de la poésie en mélodie et en sons… et déjà une invitation au voyage et au dépaysement. Cinéma qui exalte les paysages d’Asie et nous fait rêver en mille fééries asiatiques. Pérégrinations initiatiques dans l’ivresse de la découverte et d’un exotisme sans limite. Le temps file et court au rythme des histoires qui se déroulent devant nous. Les écrans blancs des salles du Majestic de Vesoul deviennent des voiles de magicien sur lesquels dansent les paysages et les personnages de cette immense cinémathèque. Vibrations intenses et enchantements de chaque instant.

Le Torii à l’entrée du cinéma constitue le portique d’une douane imaginaire qui s’ouvre sur de vastes pays. L’Asie se trouve devant vous comme un poème aux mille couleurs, fragrances et images.

Un tapis volant rouge vous emmènera jusqu’au septième ciel. Même Aladin fait son cinéma !

La caverne d’Ali Baba, quant à elle, vous offrira ses trésors en images qui bougent et en version sous-titrée.

Que la fête commence ! Vesoul fait son cinéma…

© Laurent BAYART

https://www.cinemas-asie.com/fr

DES CALCULS AMOUREUX PARTIS POUR L’ETERNITE AVEC LE DESSINATEUR/PEINTRE FRANCOIS BADER.

Ce poème, intitulé « Calculs amoureux », je l’avais écrit sur un bout de feuille de papier en 1979…Il remporta, la même année, le Grand Prix International Vallis-Clausa et cette récompense me fit connaître et continuer dans le domaine de la littérature. Cinquante et une années après, je poursuis toujours le chemin… Il avait été imprimé sur parchemin à Fontaine de Vaucluse et diffusé dans le monde entier, faisant l’objet d’un superbe tirage avec un dessin inspiré du peintre François Bader.

Notre collaboration se poursuivit à de multiples occasions. Mon complice peintre illustra de très nombreux ouvrages et ce travail artistique en commun se poursuivit très longtemps. Depuis, le temps a filé, nous nous sommes perdus de vue…et hier matin, une ancienne collègue m’apprend son décès survenu l’an dernier.

Tristesse d’un monde qui s’en va, encore un ! Adieu François, tu laisseras à jamais, entre autres, ce magnifique dessin apposé sur mon poème, cette rue mythique et magique de ce « Calculs amoureux » qui continuera sa route sur les chemins de l’éternité.

La peinture et la poésie demeurent toujours immortelles !

LA VIE EST BELLE…

              Avec un petit clin d’œil adressé à Albert Strickler et à son « Petit Père« , sur une photo d’Emilie Bayart.

        Le temps se prend les pieds dans le tapis glissant (et volant) des jours, carpette en accordéon constituée d’un tissu de secondes, de minutes et d’heures qui passent…trop vite. S’asseoir sur l’instant qui se fige. Le savourer et s’en délecter car la vie est belle par l’amertume de l’éphémère qu’elle nous rappelle à chaque moment et par la sérénité qui s’en dégage.

S’installer dans cette existence et la croire éternelle… La vie est belle aussi par cette instantanéité qu’elle nous propose…

L’étoile de notre cœur pulse dans le cosmos.

Chaque jour est un instant précieux, comme une trace de pas que l’on laisserait sur une vague.

                                           © Laurent BAYART

                                      16 janvier 2026

L’AMERTUME D’UN CERTAIN GOUT DE LA FETE.

       Où est passé ce goût inné de la fête qui mettait un peu de liesse dans nos veines et un zest de braises dans nos vies ? Ivresse de réinventer le monde et de partager nos utopies et autres rêves, entre amis et connaissances. Connivences perdues à l’aune de l’Intelligence Artificielle qui commence à diligenter et régenter tous les rapports. Où est passé l’humanité qui se trouvait en nous et cette envie de nous émerveiller autour d’une table et d’un verre, de faire tourner le manège de nos folies? Que reste-t-il de ce goût de refaire les destinées et de pousser nos rêves jusqu’au bout de nos nuits ?

Le carrousel tourne désormais sans nous.

Nous sommes aujourd’hui trop vieux pour redevenir des adolescents rebelles et turbulents.

Et pourtant, la fête nous attend, il suffit tout simplement de l’apprivoiser…

                                                   © Laurent BAYART

                                             14 janvier 2026

AURORES EN FEUX DE BENGALE DANS LE CIEL.

                                   Sur une photo d’Émilie et de Thibaud Bayart, voyage en Laponie.

              Le ciel affiche ses couleurs en circonvolutions et en arabesques magiques, l’aurore aux doigts de fée apostrophe notre émerveillement. Nous sommes des enfants devant pareil spectacle ! Magnétisme des particules émises par le soleil. Divinités de couleurs qui se mettent à peindre le ciel du nord avec des pastels venant des confins et de l’infini.

Vision mirobolante qui émerveille nos pupilles.

Nos yeux se régalent en levant nos têtes.

Peut-être, avec un peu d’imagination, verrons-nous glisser un traineau avec quelques chiens venant de constellations lointaines ou un troupeau de rennes traverser cette immense étendue de nuages ?

Les nuées deviennent un immense cinématographe où les aurores boréales posent leur générique.

Avec, qui sait ?, avec le nom du réalisateur à la fin…

                                                   © Laurent BAYART

                                             12 février 2026

LIVRE / SYLVAIN TESSON OU LA QUETE DE VERTICALITé AVEC « LES PILIERS DE LA MER » 

         Lorsqu’on découvre et lit le dernier ouvrage de Sylvain Tesson, avec photos à l’appui, on se dit qu’il est complètement « allumé » ce gars-là ! « Frappé » à vouloir toujours s’inventer des défis et mettre sa vie sur des guillemets en trampoline périlleux ! Plutôt crever dans les congères que faire la vaisselle chez pénélope !  Son dernier livre nous donne le vertige : Les piliers de la mer raconte l’improbable ascension de ses points d’exclamation de roche qui se dressent par milliers devant les falaises côtières. On les appelle « stacks » en anglais.

On reste époustouflés par cette prouesse totalement gratuite et fortuite qui consiste à escalader ces véritables murs naturels, le plus célèbre d’entre-eux étant Étretat. 

Magnifique et sublime littérature de la crapahute, Sylvain Tesson est un être polymorphe et certainement, le plus talentueux de nos littérateurs contemporains. Pour revenir à nos stacks et les grimper, il faut être agile comme le crabe, adhésif comme le bulot, souple comme l’algue, déterminé comme la pluie. C’est un Victor Hugo de l’aventure et du vertige, Une étoile filante qui jongle avec la verticalité. On se dresse, à l’équilibre du danger. On reste immobile, le corps prolongeant la colonne dans son axe exact. On est ébahi d’avoir atteint le sommet, inquiet d’en descendre, conscient de l’absurdité de la position, de l’inutilité de l’effort, de la stupidité du projet, mais heureux de se tenir là où personne ne vient…

Où s’arrêtera donc Sylvain Tesson pour qui rien n’est impossible ? Peut-être fera-t-il un jour un bivouac sur le dos d’une nova ? Avec lui, la littérature se décline vers le haut !

                                                                    © Laurent BAYART

  • Les piliers de la mer de Sylvain Tesson, Albin Michel, 2025.

LIVRE / « SONGES D’AMOUR ET DE SOLITUDE » DE PIERRE ZEHNACKER.

         Pierre Zehnacker, écrivain alsacien, mais aussi peintre et sculpteur nous entraîne dans ses comédies de l’illusion amoureuse avec son ouvrage de courtes nouvelles : Songes d’amour et de solitude, élégamment présenté avec une de ses peintures à l’esthétique remarquable.

L’auteur a publié une bonne quinzaine d’ouvrages, de plus, l’artiste, peintre et sculpteur, a fait des études de lettres à Nancy, Lille et Strasbourg, avant d’enseigner au lycée. Écriture qui pose une étrange ambiance de malaise dans ces circonvolutions d’amours délétères, semées d’embûches et de chausse-trapes volages et autres adultères. Vices des sens qui tourneboulent les personnages dans une société où les verrous de l’apparence sautent sous la dynamite d’une certaine forme de libertinage. Batifolages entre collègues ou élèves et professeurs en déshérence, durant lesquels l’on profane les filles.L’écrivain nous brosse un portrait fracassé d’une société en déliquescence où le disciple d’Esculape n’est pas en odeur de sainteté : Consulter un médecin n’est pas dans mes cordes, j’ai peur des médecins. Je redoute leur regard plein de sous-entendus…

En anthropologue des relations amoureuses, l’auteur constate que la passion amoureuse est une puissance funeste et dangereuse, qu’elle vous saisit corps et âme, de sa main de fer, et inexorablement vous broie…

Nouvelles en clair/obscur qui nous offrent un tableau opaque des rapports amoureux où, finalement, tout est résumé dans cette réplique d’un protagoniste : Comment me direz-vous, pourrait-on progresser vers une lumière qui n’existe pas ?

                                                                   © Laurent BAYART 

  • Songes d’amour et de solitude, nouvelles de Pierre Zehnacker. Éditions Homme Libre.

POTIRON N’TOURNE PAS ROND OU LE MONDE MARCHE SUR LA TETE !

 Ubu n’est pas mort, on le constate aujourd’hui au fil d’une actualité délétère, pesante et anxiogène à souhait. Les grandes puissances et empires se réveillent et lorgnent le bout de tissus des pays, territoires d’à côté ! Bruits de bottes mais pas de claquettes musicales. Les militaires semblent prêts à sortir de leurs casernes, histoire (de la refaire !) de prendre l’air (ou l’aire). La planète n’est pas nette, elle est même devenue folle à vouloir à nouveau remplir les cimetières ! Décidément, tout n’est donc qu’un éternel recommencement ?

Nous voudrions tant nourrir nos enfants et petits-enfants de folles espérances ou sinon de belles utopies.

Vivre pour des lendemains qui chantent mais ne déchantent pas…

Nous étions faits pour être libres, ni étions fait pour être heureux scandait Louis Aragon. 

Nous avons tant besoin de continuer cette route, les yeux fixés sur l’horizon, avec la signature du soleil, comme un paraphe de bonheur.

                                             © Laurent BAYART

                                           7 janvier 2026