Archives de catégorie : Blog-Notes

L’AMERTUME D’UN CERTAIN GOUT DE LA FETE.

       Où est passé ce goût inné de la fête qui mettait un peu de liesse dans nos veines et un zest de braises dans nos vies ? Ivresse de réinventer le monde et de partager nos utopies et autres rêves, entre amis et connaissances. Connivences perdues à l’aune de l’Intelligence Artificielle qui commence à diligenter et régenter tous les rapports. Où est passé l’humanité qui se trouvait en nous et cette envie de nous émerveiller autour d’une table et d’un verre, de faire tourner le manège de nos folies? Que reste-t-il de ce goût de refaire les destinées et de pousser nos rêves jusqu’au bout de nos nuits ?

Le carrousel tourne désormais sans nous.

Nous sommes aujourd’hui trop vieux pour redevenir des adolescents rebelles et turbulents.

Et pourtant, la fête nous attend, il suffit tout simplement de l’apprivoiser…

                                                   © Laurent BAYART

                                             14 janvier 2026

AURORES EN FEUX DE BENGALE DANS LE CIEL.

                                   Sur une photo d’Émilie et de Thibaud Bayart, voyage en Laponie.

              Le ciel affiche ses couleurs en circonvolutions et en arabesques magiques, l’aurore aux doigts de fée apostrophe notre émerveillement. Nous sommes des enfants devant pareil spectacle ! Magnétisme des particules émises par le soleil. Divinités de couleurs qui se mettent à peindre le ciel du nord avec des pastels venant des confins et de l’infini.

Vision mirobolante qui émerveille nos pupilles.

Nos yeux se régalent en levant nos têtes.

Peut-être, avec un peu d’imagination, verrons-nous glisser un traineau avec quelques chiens venant de constellations lointaines ou un troupeau de rennes traverser cette immense étendue de nuages ?

Les nuées deviennent un immense cinématographe où les aurores boréales posent leur générique.

Avec, qui sait ?, avec le nom du réalisateur à la fin…

                                                   © Laurent BAYART

                                             12 février 2026

LIVRE / SYLVAIN TESSON OU LA QUETE DE VERTICALITé AVEC « LES PILIERS DE LA MER » 

         Lorsqu’on découvre et lit le dernier ouvrage de Sylvain Tesson, avec photos à l’appui, on se dit qu’il est complètement « allumé » ce gars-là ! « Frappé » à vouloir toujours s’inventer des défis et mettre sa vie sur des guillemets en trampoline périlleux ! Plutôt crever dans les congères que faire la vaisselle chez pénélope !  Son dernier livre nous donne le vertige : Les piliers de la mer raconte l’improbable ascension de ses points d’exclamation de roche qui se dressent par milliers devant les falaises côtières. On les appelle « stacks » en anglais.

On reste époustouflés par cette prouesse totalement gratuite et fortuite qui consiste à escalader ces véritables murs naturels, le plus célèbre d’entre-eux étant Étretat. 

Magnifique et sublime littérature de la crapahute, Sylvain Tesson est un être polymorphe et certainement, le plus talentueux de nos littérateurs contemporains. Pour revenir à nos stacks et les grimper, il faut être agile comme le crabe, adhésif comme le bulot, souple comme l’algue, déterminé comme la pluie. C’est un Victor Hugo de l’aventure et du vertige, Une étoile filante qui jongle avec la verticalité. On se dresse, à l’équilibre du danger. On reste immobile, le corps prolongeant la colonne dans son axe exact. On est ébahi d’avoir atteint le sommet, inquiet d’en descendre, conscient de l’absurdité de la position, de l’inutilité de l’effort, de la stupidité du projet, mais heureux de se tenir là où personne ne vient…

Où s’arrêtera donc Sylvain Tesson pour qui rien n’est impossible ? Peut-être fera-t-il un jour un bivouac sur le dos d’une nova ? Avec lui, la littérature se décline vers le haut !

                                                                    © Laurent BAYART

  • Les piliers de la mer de Sylvain Tesson, Albin Michel, 2025.

LIVRE / « SONGES D’AMOUR ET DE SOLITUDE » DE PIERRE ZEHNACKER.

         Pierre Zehnacker, écrivain alsacien, mais aussi peintre et sculpteur nous entraîne dans ses comédies de l’illusion amoureuse avec son ouvrage de courtes nouvelles : Songes d’amour et de solitude, élégamment présenté avec une de ses peintures à l’esthétique remarquable.

L’auteur a publié une bonne quinzaine d’ouvrages, de plus, l’artiste, peintre et sculpteur, a fait des études de lettres à Nancy, Lille et Strasbourg, avant d’enseigner au lycée. Écriture qui pose une étrange ambiance de malaise dans ces circonvolutions d’amours délétères, semées d’embûches et de chausse-trapes volages et autres adultères. Vices des sens qui tourneboulent les personnages dans une société où les verrous de l’apparence sautent sous la dynamite d’une certaine forme de libertinage. Batifolages entre collègues ou élèves et professeurs en déshérence, durant lesquels l’on profane les filles.L’écrivain nous brosse un portrait fracassé d’une société en déliquescence où le disciple d’Esculape n’est pas en odeur de sainteté : Consulter un médecin n’est pas dans mes cordes, j’ai peur des médecins. Je redoute leur regard plein de sous-entendus…

En anthropologue des relations amoureuses, l’auteur constate que la passion amoureuse est une puissance funeste et dangereuse, qu’elle vous saisit corps et âme, de sa main de fer, et inexorablement vous broie…

Nouvelles en clair/obscur qui nous offrent un tableau opaque des rapports amoureux où, finalement, tout est résumé dans cette réplique d’un protagoniste : Comment me direz-vous, pourrait-on progresser vers une lumière qui n’existe pas ?

                                                                   © Laurent BAYART 

  • Songes d’amour et de solitude, nouvelles de Pierre Zehnacker. Éditions Homme Libre.

POTIRON N’TOURNE PAS ROND OU LE MONDE MARCHE SUR LA TETE !

 Ubu n’est pas mort, on le constate aujourd’hui au fil d’une actualité délétère, pesante et anxiogène à souhait. Les grandes puissances et empires se réveillent et lorgnent le bout de tissus des pays, territoires d’à côté ! Bruits de bottes mais pas de claquettes musicales. Les militaires semblent prêts à sortir de leurs casernes, histoire (de la refaire !) de prendre l’air (ou l’aire). La planète n’est pas nette, elle est même devenue folle à vouloir à nouveau remplir les cimetières ! Décidément, tout n’est donc qu’un éternel recommencement ?

Nous voudrions tant nourrir nos enfants et petits-enfants de folles espérances ou sinon de belles utopies.

Vivre pour des lendemains qui chantent mais ne déchantent pas…

Nous étions faits pour être libres, ni étions fait pour être heureux scandait Louis Aragon. 

Nous avons tant besoin de continuer cette route, les yeux fixés sur l’horizon, avec la signature du soleil, comme un paraphe de bonheur.

                                             © Laurent BAYART

                                           7 janvier 2026

LIVRE/ CHATS SUR ORDONNANCE DE SYOU ISHIDA OU QUAND LA MEDECINE SE MET A MIAULER…

       Nakagyô est une clinique psychologique originale située à Kyôto au Japon. Dans ce centre de soins, le docteur Nike, assisté de son infirmière Chitose, ne prescrit pas de médicaments mais des chats ! Chaque matou ayant sa particularité pour traiter certaine pathologie.

Et voici le lecteur entrainé dans une narration surprenante où chaque félin constitue une pharmacopée en vibrisses et coussinets. Syou Ishida nous régale avec un récit surprenant et doux comme une caresse de minou. Depuis fort longtemps on considère les chats comme la meilleure des médecines. La panacée. En d’autres termes, ils sont plus efficaces que bien des médicaments que l’on prescrit. Et pourquoi pas ? Et si c’était vrai ? Ceux qui ont un chat comme animal de compagnie en sont persuadés : nos minets ont d’incroyables vertus que d’autres animaux n’ont pas ! Et souvent, à la fin de cette drôle de thérapie, le patient n’est pas impatient de « rendre » son chat : – Je constate que le traitement a fonctionné…Il est temps de nous rendre le chat. Et puis, le médecin de distiller quelques recommandations étonnantes : Un pet ? Surtout pas ! Retenez-vous absolument de péter en sa présence, les chats sont sensibles aux odeurs. Ne vous en faites pas. Les chats suffisent à guérir la plupart des mots qui nous accablent.

Magnifique et magique petit ouvrage qui regorge de tendresse dans lequel on apprend -finalement – beaucoup de choses sur les chats : Il y a les animaux, et les animaux qui ont un nom. Un nom donné par leur humain. C’est à mon sens, un lien indéfectible qui se noue entre ces deux êtres. Et plus loin, de rajouter : Parfois la vie place sur notre chemin des individus, un chat ou un être humain, irremplaçables pour nous. On les aime pour toujours. Même s’ils nous quittent…

Il nous revient les mots du renard dans le Petit Prince de Saint-Exupéry, mais là, il s’agit d’une autre histoire…

                                                   © Laurent BAYART

  • Chats sur ordonnance de Syou Ishida, Le Livre de Poche, 2025.

MA CANNE RICANE…

                                    Sur une photo de Némorin, alias Erik Vacquier,

            Appendice devenu indispensable pour arpenter la pagination goudronnée du sol, je marche avec ma canne, ce mât de cocagne, mât de timon qui me permet -tout de même – de hisser la grand-voile et de m’en aller en vagabondage de l’instant. Devenu une ombre, je reste encore et toujours dans une certaine forme de verticalité, à trois pieds…

J’apprivoise ainsi ce déplacement devenu parfois périlleux…Jusqu’à quand ? Jusqu’à où ? Me voilà chahuté par la mobilité qui se réduit.

Je suis en instance de divorce avec ma vie antérieure mais, j’ai retrouvé l’amour, que dis-je la passion, de continuer mon chemin, quoi qu’il en coûte. 

Et tomber pour m’affaler sur le sol, c’est comme une grossière faute sur la grammaire de mes pas.

Ma canne ricane et me lance, – Alors. T’as voulu partir sans moi ???

                                                                © Laurent BAYART

                                            28 décembre 2025

NOS OMBRES FECONDES RACONTENT LE SOLEIL…

         Nos ombres jouent de l’arpège derrière les pinceaux des rayons du soleil. Que serions-nous sans l’astre qui illumine et pose son cantique de lumière sur nos corps ? Nous vivons dans cet absolu comme un psaume dans les pages d’un livre. Nous racontons ainsi nos existences qui avancent lentement… Par sa grâce, il nous donne la parole sur la surface lisse des murs ou sur le goudron et pavé des rues. Nos reflets psalmodient la vie qui se déroule devant nous.

Nous sommes son disciple à chanter l’absolu de cet astre dans lequel, nous nous confondrons un jour.

Soleil qui illumine nos destinées. 

Croire, c’est poser nos ombres devant nos pas qui inventent déjà l’avenir, avant que nous ayons même poser un pied sur le sol.

Marcher en chantant un hymne à l’éternité.

                                                               © Laurent BAYART

                                           27 décembre 2025

UN SOLEIL VIENT BRILLER SUR LA CRECHE…

       Nous sortons enfin des abysses insondables de la nuit car un enfant est né dans l’improbable lieu que constitue cette crèche tapissée de paille et entourée d’animaux domestiques…Le monde attendait la venue de Celui qui pourra sauver les êtres humains et les sortir de leur conque de pierre. Exprimer notre foi en cet Amour indicible, venu de la nuit des temps, constitue une quête d’absolu.

Une crèche qui deviendra – plus tard – une croix afin d’annoncer une genèse nouvelle.

Croire et espérer en une humanité meilleure, c’est respirer et s’enivrer de la poudre d’étoile en suivant le chemin de la voie lactée qui mène, nos âmes en liesse, vers la lumière.

Les anges se sont mués en des lutins et autres pères Noël qui vont réinventer l’enchantement, car nous avons tant besoin de lever la tête vers le ciel et faire l’offrande d’une prière en ces instants magiques…

                                                   © Laurent BAYART

                                          24 décembre 2025

NOELLE EN DECEMBRE…

       Petite fée en vibrisses et pattes de velours, abandonnée voici deux ans dans la grande sylve, les chiens de Marie t’ont découverte, cachée et pelotonnée entre des rondins de bois. Tu es venue vers elle et a trouvé le chemin de notre maison…Trouvée un jour de Noël, on a décidé de te baptiser du même nom en rajoutant deux ailes pour que tu puisses t’envoler jusqu’à nous.

Bonheur et ivresse de t’avoir en notre compagnie. Tu nous enchantes désormais de ta chatoyante présence et, comme dirait le Petit Prince, tu es devenu notre inestimable amie car nous avons réussi à t’apprivoiser…

Aujourd’hui, nous avons planté deux bougies dans ce gâteau/cadeau d’anniversaire car cela fait deux années que tu illumines notre foyer.

Fille de la forêt, tu nous fait palpiter de bonheur et chaque instant passé avec toi devient une caresse, nous faisant ronronner de jubilation de tout notre cœur et notre âme.

Noëlle, petite fée de la forêt devenue une ondine pour notre maison.

Désormais, tes pattes de velours se posent sur les nôtres.

Nous vivons et « vibrissons » à l’aune de tes coussinets.

Le monde est si beau lorsqu’il est enchanté par la divine et mystérieuse présence d’un chat.

                                            © Laurent BAYART

                                      23 décembre 2025