Drôles de lapins de Pâques qui se mettent à pondre des œufs (en chocolat) dans le jardin…Le monde – décidément – marche sur la tête et les lapins aussi, avec leurs échasses de longues oreilles. Les enfants courent, avec leurs paniers en osier, afin d’aller à la quête de chocolats savoureux et croquants. Voilà, une belle chasse gourmande et gastronomique !
Les lapins n’ont qu’à bien se tenir.
Ils vont terminer en civet et les enfants, complètement…lessivés !
Chatoyante épopée de mystère en black et si peu de white…Noëlle est une énigme en pattes de velours et en vibrisses. Merveilleuse petite lucarne veloutée en douceur de pelage et aux yeux si lumineux qu’on dirait des pupilles d’anges.
C’est une caresse déjà de la côtoyer et de faire partie de son cercle d’amis, de la regarder et l’admirer. J’aime son approche si douce et me délecte déjà rien qu’à l’observer. Le monde est si beau lorsque les félins viennent câliner nos existences.
Plus tard, plus loin, dans une autre vie, je voudrais être un chat et contempler le monde et les humains du haut (ou plutôt du bas !) de mes coussinets.
Dieu n’est peut-être finalement qu’un chat qui nous apprend l’infinie sagesse de vivre en savourant chaque instant.
Cette année, nous fêtons nos trente années d’amitié avec Carmen et Georges Andréi, Carmen rencontrée en Roumanie en 1996, lorsque j’étais éditeur, lors d’une rencontre à l’université de Galati en Roumanie. Carmen était, à l’époque, une jeune étudiante timide…Aujourd’hui, elle est professeur émérite, écrivain et traductrice. Sa fille Iarina nous a offert un magnifique tableau réalisé à l’encre de chine qui fête notre rencontre pour la postérité ! Merci pour ces moments de bonheur qui durent depuis plus de trente ans, désormais !
Le temps passe et joue de la bossa nova dans nos corps, parfois fatigués et malmenés…La fatigue et la lassitude posent leur rouille dans les rouages de nos articulations. Que reste-t-il des étoiles que nous avions gardées précieusement au tréfonds de nos corps et de nos âmes ? Elles sont toujours là, invisibles mais présentes comme des tabernacles, à poser leurs lumières en nous, dans la majuscule de l’instant précieux, vécu intensément.
Nous sommes des novae qui filons sur l’éphéméride des jours.
Telles des scarifications rédigées au scalpel sur le tronc des arbres, cœurs percés par des flèches qui nous accompagnent sur notre sente et nos chemins de traverse.
Aimer reste le seul rendez-vous qui enchante nos vies.
C’est une ivresse livresque de bouquins, gravures et d’ouvrages en tous genres et azimuts, une caverne/taverne d’Ali Baba qui se situe au Somail, ancien port sis entre Narbonne et Béziers, aux abords du canal du Midi. Cette librairie (car c’est bien de cela dont il s’agit !), dantesque et gigantesque, offre à vos yeux émerveillés un univers de gourmandises, régalades de lectures et de feuillets qui vous feront voyager en compagnie des mots qui exhalent leurs romances et leurs épopées, leurs histoires, leurs contes et autres récits.
Lieux enchantés pour tous ceux qui affectionnent les livres et se délectent aux froissements sensuels des pages. Celles-ci tournent en esquissant de gracieuses bossa nova en quête des tourbillons de littérature en bouquets de phrases qui s’en vont – au rythme des récits – jusqu’à la pastille du point final.
Dans cette librairie, on porte la foi du bel ouvrage qui vous nourrit l’esprit.
En cet endroit, le livre électronique ne peut pas entrer, car pour parvenir jusqu’ici les opuscules et autres livrets doivent posséder une âme !
Ici, le tempo est en peignoir, les brinquebalants et les clopins clopants, bras et surtout jambes ou articulations fracassées, esquissent de curieux pas de danse désarticulés. Arpèges de douloureuses déambulations, mais chacun porte en lui l’ivresse de croire en des jours meilleurs et à une certaine forme de noblesse, ainsi qu’une immense fierté d’être debout, même pantelants, même chancelants.
Il suffit d’avancer mais ce n’est pas gagné ! Balancer ses pied en avant et arpenter les couloirs du centre de cure. Baignoires, piscines adaptées, jets d’eau, bulles en goguette et autres soins. Lieu comme une cathédrale qui porte en ces murs d’improbables mikados d’échasses médicales.
Le miracle c’est d’abandonner un instant, qui sa canne, qui ses béquilles, qui son fauteuil roulant… Les blessures du corps comme un sanctuaire pour sublimer l’instant.
Nous sommes dans la dimension de l’impossible et pourtant, les êtres désarticulés avancent en souriant.
C’est peut-être cela le miracle ? Continuer à exister et poursuivre le chemin, en écrivant sa propre route…
Que serions-nous sans cette conjugaison d’être deux, dans les rendez-vous quotidiens de nos étreintes partagées ? Dans ces jours qui se mettent au diapason des battements de nos cœurs, dans le tempo de nos baisers échangés et de nos mains qui se tiennent avec tendresse, toujours et encore. A poursuivre ce chemin qui enchante nos jours, malgré la caillasse de la sente et les ornières du chemin…Mais qu’importe, nous avançons à deux, et l’essentiel se trouve dans l’enchantement de marcher – toujours et encore – ensemble !
Les années passent mais nos pas se confondent pour ne plus former qu’une trace.
Et nos cœurs, comme des boites à musique enchantées, continuent de s’enivrer du bonheur d’être ensemble.
Que serions-nous sans cette conjugaison d’être deux ?
Aimer, c’est continuer de poser des étoiles dans nos yeux en y mettant la signature du soleil.
Le ciel danse au-dessus de ma tête et m’entraîne dans une folle ronde en mode bossa nova. Des oiseaux virevoltent allègrement et les nuages sont des tapis volants en forme de boules de coton. Prennent-ils mon chef « encasquetté » pour une branche levée vers les nuées ? Je m’enivre de leur folle envolée et les regarde dessiner des circonvolutions au-dessus de mon cuir chevelu. Je me régale de cette échappée de lumière qui fait entrer le soleil entre mes oreilles.
Le bleu de l’azur fait de la peinture sur mon visage.
Je suis heureux d’être un instant fixé dans l’espace.
Et mon âme se métamorphose en une plume emmenée par l’imaginaire et l’inspiration du vent.