Tous les articles par Laurent Bayart

LES JOURS QUI PASSENT…

                                           A Véronique,

       Tout ce temps passé, écoulé…Qui aurait cru en cette route ? En ce sentier, parfois escarpé, parfois inspiré, sinueux mais toujours lumineux et fécond.

Qui aurait cru en cette sente qui nous entraine dans son maelstrom depuis si longtemps ? Nous sommes déjà entrés, quelque part, dans une sorte d’éternité qui nous entraine dans ses essaims d’étoiles et de novæ ! 

Nous voilà devenus des miettes d’instants que nous avons partagées ensemble, tels des moineaux inspirés se délectant de graines… La route nous a enchantés et subjugués. Qui l’aurait cru ?

Demain déroule encore le tapis de cette sente. Nous irons jusqu’au bout en remerciant le ciel et ses astres de nous avoir offert l’enchantement de chaque seconde.

On appelle cela – tout simplement – le bonheur…

                                                  © Laurent BAYART

                                                         18 juillet 2026

MON JARDIN AVAIT LA PÉPIE…

       Le ciel en furie a déversé des tombereaux en trombes d’arrosoirs remplis ! Ça t(r)ombait bien, mon jardin avait soif ! Les nuages ont rassasié les légumes de mon potager qui commençaient à tirer la langue…Bienfaisante pluie qui a allègrement douché mon havre de verdure. 

Bonheur de cette histoire d’eau salvatrice rassasiant sa soif en citernes de nuages ventripotents ! Quelle abondance en douche tropicale ! 

Mes haricots, salades, courgettes et autres tomates se sont régalés avec cette pluie diffuse déferlant sur ma terre ! Un régal pour elle ! Du coup, les légumes ont semblé subitement dopé et ont doublé de volumes !

Le silence après la pluie semblait habité d’une douce plénitude.

Un dernier nuage s’est éclipsé en glissant un clin d’œil complice au soleil qui attendait de venir meubler le ciel, tel un bienheureux papillon.

                                          © Laurent BAYART

                                         17 juillet 2026

LA SENTE EST UN MERVEILLEUX SERPENTIN DE CAILLASSE.

                              Sur une photo de Marie Bayart,

      Marcher dans l’ivresse de ce long serpentin de caillasse qu’est ce sentier nous offrant l’ivresse de l’aventure en kyrielle de découvertes. Aller baguenauder dans l’odyssée de l’instant qui s’offre à nous. 

Nos souliers sont des pèlerins enchantés qui s’en vont en quête d’une cathédrale, celle de Compostelle ? A moins, que cela ne soit qu’une humble chapelle ou sanctuaire qui trône en haut de la crête ?

Nous sommes des mystiques de la marche à faire chanter nos pas au diapason de la montagne.

Cheminer ensemble, c’est comme chanter à l’unisson dans un chœur imaginaire sur le fil d’une inaudible musique.

Seule notre âme esquisse la psalmodie de l’enchantement en ces secondes qui s’écoulent et se prennent, à s’y méprendre, pour l’éternité.

                               © Laurent BAYART

                                         16 juillet 2026

LE VAL D’AJOL EMERVEILLE MES YEUX ET MES PAPILLES…

                  Le Val d’Ajol est un petit paradis qui se décline en une multitude de tons verts et de bien-être vivifiant. Ode à la gourmandise des montagnes si belles, assoiffées de verdure. Elles attirent les amoureux d’immenses espaces de quiétude aux mille beautés qui nous enchantent. 

Petit nirvana où l’on se délecte d’une merveille de grosse saucisse, baguée comme un cigare, que l’on appelle l’andouille ! Là-bas, les charcutiers et autres bouchers sont de grands druides et autres divins prêtres ! Confrérie de la ripaille joyeuse et de l’ode au bien-vivre.

Si demain, j’arrête de vivre et me mets en retrait de l’existence, je voudrais me réincarner en papillon, libellule et autre insecte ou animal. Demeurer là-bas, éternellement.

Continuer à vivre dans les battements et autres froissements d’ailes d’un papillon.

N’exister que par un courant d’air qui viendrait égayer mon âme.

                                           © Laurent BAYART

                                          14 juillet 2026

LA FRATRIE MERVEILLEUSE. 

                                                      Sur une photo de Marie Bayart,

              Nous réinventerons le monde afin qu’il soit juste à notre mesure, dans la félicité de nos vies et l’accomplissement de nos destinées. Il faudra le rendre plus beau, merveilleux même, afin de réenchanter nos lendemains pour qu’ils chantent et nous enchantent…toujours et encore.

Nous serons frères et sœur à nous tenir la main jusqu’à toujours. 

Demain ne nous fait pas peur car nous serons unis comme les trois mousquetaires qui étaient – en fait- quatre !

Le monde n’est jamais aussi beau que quand nous sommes ensemble !

                                                   © Laurent BAYART

                                                        12 juillet 2026

LES MOTS S’ENVOLENT DES LIVRES…

             (Sur une photo de Némorin, alias Erik Vacquier) 

  N’ouvrez pas vos livres comme des ailes de papillons…Les histoires et leurs personnages vont s’envoler, s’échapper belle et prendre la poudre d’escampette dans les nuées !

N’ouvrez pas vos livres ainsi, car les pages sont tels des rideaux de théâtre qui font apparaître les acteurs et autres comédiens ! Ils s’en iront jouer leurs pièces en dehors des planches des feuillets blancs de l’ouvrage.

Les livres sont des coquillages qui font entendre le bruit de la mer et son ressac.

La ponctuation n’est qu’une étoile de mer et autre coquillage qui offre le rythme des marées aux lecteurs.

Et laisse sur une feuille de papier, tel un rondin de bois, la planche d’un radeau, témoin d’un naufrage qui n’a pas eu lieu…

                                                 © Laurent BAYART

                                                        11 juillet 2026

LE SOLEIL DANSE SUR NOS CORPS EN SUEUR.

                                           Sur une photo de Nemorin, alias Erik Vacquier.

       Le soleil a sorti ses fléchettes rouges en rayons ardents qui viennent brûler nos épidermes en souffrance. Cet été, l’astre du ciel est devenu un barbecue fou qui crame ceux qui se trouvent sous son étau. 

Les thermomètres sont devenus cinglés et grimpent comme des araignées sur leurs toiles en mercure !

La chaleur tétanise les organismes et les humains sont à la peine, mais aussi les animaux qui souffrent de ce hiatus de températures de fournaise !

Et chacun de chercher un petit coin de fraîcheur et un havre d’eau fraîche pour y faire trempette.

Dans le ruisseau qui coule langoureusement, comme un court-bouillon, les poissons ont chaud : Ils ont déposé l’armure de leurs écailles sur la caillasse des abords.

Ils s’ébrouent dans le plus simple appareil et plus rien ne les arête !

                                           © Laurent BAYART

                                          9 juillet 2026

ALLO ? LES LIVRES NOUS APPELLENT…

       Les livres sont des voix qui nous viennent d’ailleurs, de très loin… qui nous appellent, nous interpellent. Allo ? – Y’a-t’il quelqu’un à l’appareil de cette page ? De cet ouvrage ? Un lecteur ? Un auteur ? Rencontre improbable et connivences entre les deux.

Une bibliothèque représente – quelque part – une cabine téléphonique où des tas de sonneries (muettes) se font entendre afin de nous inciter à décrocher…un livre de sa rangée dans notre bibliothèque.

Y’a-t-il quelqu’un au bout du fil…de l’histoire ? Un personnage ?

Un livre ouvert et c’est tout un monde qui se met à vibrer au diapason des romances inventées. 

Le lecteur devient réceptionniste d’un univers imaginaire qui vient réenchanter nos vies.

                                                   © Laurent BAYART

                                                          5 juillet 2026

APOCALYPSE CHAUD. 

       Le monde est en surchauffe, la sueur coule à flot, le soleil plombe l’horizon et le ciel ne sait même plus ce qu’est un nuage. Le climat fait de la rumba avec le thermomètre, quant au mercure il coule en fleuve impétueux… dans son petit flacon de verre. 

A force de nous seriner et de nous rabâcher l’esprit avec le leitmotiv du sacro-saint réchauffement climatique, voilà qu’il arrive…à toute berzingue. 

Les ventilateurs se sont métamorphosés en pales de moulin qui tournent en se prenant pour des éoliennes. Le monde marche sur la tête !

Les pingouins et les manchots viennent s’échouer dans nos jardins, sous l’œil goguenard de nos tourterelles et autres merles qui se sont déjà débarrassés de leurs plumes. 

Zizi Jeanmaire, au secours ils sont devenus fous !

Et même le chat s’y est mis lui aussi : il parcourt désormais les allées du potager à poil !

                                           © Laurent BAYART

                                          30 juin 2026

LIVRE / « JOURNAL D’UNE JEUNE FILLE MAL DANS SON SIECLE » 1840-1859 d’AMELIE WEILER.

         Cela fait des années et des années que cet ouvrage « traîne » dans ma bibliothèque, acheté à sa parution, je n’ai finalement pas eu l’heur de le découvrir ! Basta, comme la vie est curieuse ! Et voilà que ces dernières semaines, le moment était venu de lire ce « Journal d’une jeune fille mal dans son siècle, 1840-1959 ». Et qu’elle pépite et autre témoignage d’un monde disparu qui m’est tombé entre les mains !

Il y a dans ces textes quotidiens, d’une jeune femme, une indéniable qualité littéraire, un sens inné de l’observation et un romantisme échevelé qui devait annoncer une destinée d’écrivain mais qui ne se réalisa jamais. Quel dommage ! Néanmoins, on retrouva de nombreux cahiers de son journal dans un grenier où ils furent exhumés et finalement sauvés de l’oubli.

Ses parents appartenant à la petite bourgeoisie protestante de Strasbourg, monde de la boutique (boucher et cafetier), et donc, rien à voir avec le milieu culturel, elle dressera un inventaire journalier de sa vie et autres états d’âme, au fil de ses rencontres et de ses soirées au théâtre et aux concerts. Amélie confiera en préambule : Les jeunes filles du XIXème siècle sont comme des prisonnières qui attendent leur sentence : leur métier est d’attendre le mariage. Et plus loin justifiant ce mode d’écriture quotidienne : Et puis un journal n’a pas le même tempo qu’un roman. Il prend son temps. Ainsi, la voilà lancée dans un journal qu’elle saura rendre passionnant, émouvant et tendre. Tableaux et images d’une époque bien révolue. Tristesse et parfois désespoir mélancolique de cette jeune femme : Quelle triste vie quand il n’y a point de gaieté autour de vous, et que personne ne veut comprendre qu’on aime le plaisir et les fêtes quand on est jeune. Un journal qui l’arrache et l’extirpe d’une certaine forme de solitude mais on lui fait le reproche de « perdre son temps » à rédiger ses libelles. Plus loin, d’avouer : Il faut que je cesse : à chaque mot que j’écris, je crois m’arracher une veine du corps. Femme toutefois enflammée et enthousiaste qui lâche : Une jeune fille n’éprouve jamais d’émotion plus vive que l’attente d’un bal.

Ouvrage instructif et passionnant qui nous fait découvrir le Strasbourg du dix-neuvième siècle vu par une jeune fille qui laisser -sans le savoir – une œuvre murie dans un grenier. Amélie se confiera d’une manière touchante : O vie, je t’avais rêvée tout autrement.

© Laurent BAYART

  • Journal d’une jeune fille mal dans son siècle, 1840-1859 d’Amélie Weiler, La Nuée Bleue, 1994.