BILLET D’HUMEUR / ACTE 81 / DE CURIEUX CRIS SANS THEME DANS LES CIMETIERES

Sont-ils devenus fous ? Voilà que des sbires de l’apocalypse mettent le feu dans les jardins apaisés des cimetières, tagguant leurs symboles de haine sur la page minérale des pierres tombales où des noms d’autres confessions religieuses, sont gravés. Svastikas tracés à la peinture pour faire rugir d’obscures vibrations d’un passé de feu et de sang. Les anges blancs, statues postées telles des sentinelles dans les allées, n’en croient pas leurs ailes : Ils ont osé !Venir poser la syntaxe de la barbarie dans ces lieux de repos éternel… Sont-ils donc devenus fous pour agiter, en cet endroit de recueillement, les oriflammes de l’horreur et d’un racisme que l’on croyait enfoui à jamais dans les oubliettes de l’histoire ! Chaque fois, les mots nous échappent pour signifier notre stupéfaction. L’histoire balbutie et bégaie à nouveau. Croix gammées tagguées comme des injures à l’amour. Pourquoi cet obscur besoin de maculer d’encre nos ivresses de liberté, notre soif de paix ?

Il faudrait des milliards de prières et de chuchotements tournés vers Dieu afin d’effacer, d’un coup d’éponge, la craie de ses ignominies sur l’ardoise des monuments outragés.

Regardez, ces larmes qui tombent du ciel. Ce n’est pas de la pluie, messieurs les météorologues, ce sont des larmes…Elles s’écoulent de ces corps qui se sont envolés de l’autre côté du miroir et qui ne comprennent pas leurs frères restés débout ! Ces ignobles faussaires du désastre posent leur orthographe de grimaces et la grammaire de leurs crachats sur leurs derniers suaires.

Réveillez-vous vite les vivants, avant que le feu réinvente la cendre ! Les cimetières, alors, se multiplieront à l’infini…

                                                                            @ Laurent BAYART

LIVRE / L’HALLUCINANT RECIT CARCERAL DE MAURIZIO TORCHIO.

         La couverture de l’édition italienne est tout simplement superbe, celle de l’édition française nettement moins inspirée mais, qu’importe, le livre de Maurizio Torchio intitulé « Sur l’île, une prison » est magistrale par son écriture, ses descriptions et l’analyse psychologique finement décrite de l’univers carcéral.  Récit mené tambour battant par un détenu, kidnappeur et meurtrier de surcroît.  L’auteur, né à Turin en 1970, a étudié la philosophie et possède un doctorat en sociologie de la communication mais ceci n’explique pas tout car, à le lire, on se demande vraiment comment il a réussi la prouesse de se mettre dans la peau d’un prisonnier et de décrire, avec une précision d’horloger, le monde mystérieux de l’enfermement.

Cette prison-forteresse, située en pleine mer, se révèle être un univers en huis clos où « marinent » les détenus dont Toro, emprisonné après avoir enlevé la fille d’un magnat du café, puis condamné à une lourde peine pour avoir trucidé un gardien. La narration, sans temps mort, décrit cette vie carcérale journalière et la promiscuité avec les garde-chiourmes, un destin qui les unit dans cette communauté cloisonnée qui vacille entre compassion et haine. Quand quelqu’un s’évade, les gardiens deviennent fous de rage. C’est comme si on avait violé leurs femmes sous leur nez.  Ils se sentent stupides et cocus. Et puis, l’obsession constante des portes fermées et du verrouillage systématique  : parce que, plus les prisons vieillissent plus elles deviennent poreuses, pleine de trous, de bizarreries, de cachettes…

Quant au narrateur, qui sait qu’il a pris  pour« perpète », il analyse avec beaucoup de justesse sa condition : Personne n’a plus d’espoir que les gens qui sont enfermés depuis longtemps : s’ils ne se tuent pas, ils prennent confiance dans le temps…

Ce livre est surprenant par la pertinence de son analyse, comme cette phrase au détour d’une page : La seule différence entre une cagoule pour kidnappeur et une cagoule pour kidnappé est que la seconde n’a pas de trous pour les yeux.

On ne sort pas indemne d’un pareil ouvrage, le point final étant comme une porte, bruit d’écrous, qui se referme lourdement derrière vous.

                                                                                @ Laurent BAYART 

Sur une île, une prison de Maurizio Torchio, éditions Denoël, 2016.

LAURENT BAYART DANS LE NUMERO DE DECEMBRE DE FLORILEGE.

Nouvelle chronique de Laurent Bayart « Entre nous soit dit » rendez-vous trimestriel avec le billettiste qui – pour ce numéro d’hiver 2019 de la revue bourguignonne Florilège – vous propose une « Joyeuse escapade dans la ville du Havre ». Ainsi, l’écrivain raconte ses pérégrinations de quelques jours dans cette cité improbable, coulée dans le béton armé, et qu’il découvre avec ravissement : Cette ville recèle vraiment des trésors cachés, loin des clichés et des lieux communs dont on veut bien l’affubler…avec une surprenante évocation brésilienne en la personne – entre autres – d’Oscar Niemeyer, le père architectural de Brasilia…et autres découvertes.

  • revue Florilège, numéro 177, décembre 2019, 19, allée du Mâconnais, 21000 Dijon.

LIVRE / LA COQUILLE DE MOUSTAFA KHALIFE OU LA SYRIE NOIRE.

Voici un récit romancé comme un témoignage poignant et hallucinant de l’univers carcéral syrien. Œuvre à vif qui vous tombe littéralement des mains et jette l’effroi. La coquille de Moustafa Khalifé, raconte, avec distance, cette longue et lente descente en enfer, vécue dans l’extrême bestialité d’une gigantesque prison syrienne située en plein désert. Le narrateur, après six ans de séjour en France où il a obtenu un diplôme d’études cinématographiques, décide de son propre chef de rentrer au pays où il est « cueillit » (sans ménagement) à l’aéroport de Damas…En route pour treize ans, trois mois et treize jours de pandémonium où l’absurde côtoie l’horreur quotidiennement. Pris pour un activiste islamiste alors qu’il est chrétien grec-catholique…

Il faudra une incommensurable volonté et force de caractère afin de surmonter toutes ces épreuves faites d’humiliations et de tortures, lui qui trouva les ressources pour résister à la barbarie grâce à son esprit : les rêves éveillés. Cela me procure beaucoup de plaisir, c’est ma drogue. Je construis le rêve petit à petit…Oubliant ainsi le bruit de cet hélicoptère se posant deux fois par semaine dans la cour de la prison, avec sa liste de condamnés à mort, jetant l’effroi sur les prisonniers mais aussi, provocant la chair de poule aux policiers et aux limiers « municipaux », sbires du président Hafez al-Assad, c’est tout dire…

Tortures, disions-nous, il lâche : La douleur était atroce, mais je n’avais pas peur. A présent, j’avais de l’expérience…Musée de l’horreur où l’humanité semble s’être complètement fourvoyée. Moustafa Khalifé fera sienne cet adage qui circule dans cet univers carcéral : La main que tu ne peux pas mordre, baise-là et prie pour qu’elle se casse.

Il sortira de l’enfer mais à quel prix ? Libéré, certes, mais reclus à jamais dans une improbable coquille…

                                                                            @ Laurent BAYART

*  La coquille de Moustafa Khalifé, prisonnier politique en Syrie, Babel Actes Sud, 2007. 

EDITION 2019 DES CONCERTS DE NOEL DE L’ENSEMBLE D’ACCORDEONS DE STRASBOURG

Pour la quatrième année consécutive, Laurent Bayart participera aux concerts de Noël organisés par l’Ensemble d’Accordéons de Strasbourg, dirigé par Fabien Christophel. L’écrivain-poète a écrit cinq nouveaux textes sur le thème de « L’Enfance ». Moments de gourmandise musicale, de recueillement et de luminosité autour des choristes, enfants et adultes, ainsi que des musiciens de cet ensemble à l’ambiance chaleureuse et familiale qui vous emmèneront dans la magie de Noël retrouvée. Venez nombreux pour cette nouvelle fête musicale à l’occasion des fêtes de fin d’année. Le poète sera présent à Mittelschaeffolsheim.

  • Dimanche 8 décembre à 18h à l’église protestante de Neudorf.
  • Samedi 14 décembre à 19h à l’église catholique de Mittelschaeffolsheim. (entrée gratuite).

LAURENT BAYART RECOMPENSé AU SALON DU LIVRE NATURE DE STRASBOURG !

« J’ai mon voyage » aux éditions Orizons à Paris.

Le livre de Laurent Bayart « J’ai mon voyage » a obtenu une belle distinction pour le Prix du Jury, lors du salon Du livre « De la nature du livre » qui a eu lieu durant le week-end du 16 et 17 Novembre à Strasbourg-Robertsau. Une belle récompense pour ce livre qui vante les mérites du vrai voyage, celui qui fait vibrer les rencontres humaines et chanter les paysages ! Les membres du jury  ont beaucoup aimé « cette réflexion sur le voyage, sur le tourisme, sur la découverte et sur l’intériorité, et apprécié son style d’écriture et son humour. »

  • « J’ai mon voyage », récit d’un sédentaire, éditions Orizons.

dimanche 17 novembre a 15h/ LECTURE MUSICALE AUTOUR DE « J’AI MON VOYAGE » au cine de bussierre de la robertsau.

photo de @ Marc Meinau

Laurent Bayart proposera une nouvelle lecture musicale autour de son livre « J’ai mon voyage, récit d’un sédentaire », dans le cadre du salon « De la nature du livre » au Cine de Bussierre à la Robertsau. Il sera accompagné par son ami accordéoniste Fabien Christophel, compagnon musical de toutes les bourlingues !

  • salon « De la nature du livre », 155, rue Kempf, à la Robertsau, le dimanche 17 novembre à 15h. entrée libre.

LAURENT BAYART AU SALON DU LIVRE CINE DE BUSSIERRE A LA ROBERTSAU

Fidèle depuis sa création, Laurent Bayart sera présent les 16 et 17 novembre 2019 à la nouvelle édition du salon « De la nature du livre » qui aura lieu au Ciné de Bussierre à la Robertsau. Il présentera ses nombreux ouvrages ayant trait à la nature et notamment « J’ai mon voyage », récit d’un sédentaire car il est bien connu que l’invétéré voyageur est un sacré pollueur…Ode et culte du sédentaire qui cultive la terre et la respecte !

  • le 16 (après-midi) et 17 novembre 2019 au ciné de Bussierre à la Robertsau, 155, rue Kempf. Entrée gratuite.

LIVRE / LE VOILE DE TEHERAN OU LE DESTIN D’UNE FEMME EN MODE FEMININ SINGULIER.

Sociologue et psychologue, mais surtout connue comme romancière iranienne, vivant à Téhéran, Parinoush Saniee avait publié assez récemment La voix cachée. Retour sur un autre de ses livres, plus anciens celui-là, mais d’une brûlante actualité : Le voile de Téhéran (interdit de publication dans son pays) où cette femme exceptionnelle raconte la vie de Massoumeh, demoiselle puis épouse, prise dans l’étau d’une famille où les hommes décident pour elle, en la mariant de force. Récit poignant et haletant de plus de six cents pages, dans cet Iran dominé par l’omnipotent Reza Pahlavi, autrement dit le Shah et sa police politique la Savak qui pourchasse les opposants, en l’occurrence un mari fantôme, militant communiste et activiste qui finira par croupir en prison.

Puis, surgissent les Islamistes qui feront basculer l’empire persan dans un autre fondamentaliste et dictature. La femme étant toujours soumise à l’autoritarisme masculin et à ce code de l’honneur qui emprisonne ses héroïnes dans le carcan des traditions. Cette épouse, éprise de liberté, après avoir subi les humiliations a pris sa destinée à bras le corps : J’ai porté le tchador à Qum, j’ai porté le foulard à Téhéran, quand j’ai épousé ton père il n’a pas voulu que je porte le moindre hijab, puis la révolution est venue et j’ai dû porter un foulard et un manteau qui me descendait jusqu’aux pieds…

Aléas et turbulences de l’histoire où la passion amoureuse reste soumise au diktat et au poids des traditions qui font qu’elle ne pourra pas se remarier et vivre avec celui dont elle a toujours été fidèle et amoureuse : – Tout être humain a le droit de décider de sa vie. – Oui, bien sûr, Maman, c’est ton droit. Mais serais-tu prête à exercer ce droit au prix de l’honneur et de la réputation de tes enfants ? Encore un véto au bout du chemin…

Ce livre, d’une force remarquable, est un requiem pour cette liberté au féminin très singulier.

                                                                           @ Laurent BAYART

Le voile de Téhéran de Parinoush Saniee, éditions Robert Laffont, 2015.

CONTRIBUTION DE LAURENT BAYART DANS LE LIVRE/BIOGRAPHIE DE JEAN HUMENRY

La biographie de Jean Humenry rédigée par Nicolas Céléguègne, écrivain et chansonnier, vient de paraître chez l’Harmattan « Itinéraire d’un chanteur obstiné ». Livre somptueux et complet auquel j’ai eu l’honneur de participer – bien modestement – en racontant ma rencontre avec Jean Humenry. Si vous êtes à Paris, vous pourrez venir le 20 décembre à l’Espace l’Harmattan pour fêter la sortie du livre ! Bravo à l’écrivain marseillais Nicolas Céléguègne pour son travail remarquable.

  • « Itinéraire d’un chanteur obstiné » de Nicolas Céléguègne,, 25 Euros chez l’Harmattan. www.editions-harmattan.fr

https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=64314

Ecrivain/Poète