LES DISCIPLES D’EPIS CURES…

                                                   A ma dernière cure thermale,

                  Ici, le tempo est en peignoir, les brinquebalants et les clopins clopants, bras et surtout jambes ou articulations fracassées, esquissent de curieux pas de danse désarticulés. Arpèges de douloureuses déambulations, mais chacun porte en lui l’ivresse de croire en des jours meilleurs et à une certaine forme de noblesse, ainsi qu’une immense fierté d’être debout, même pantelants, même chancelants. 

Il suffit d’avancer mais ce n’est pas gagné ! Balancer ses pied en avant et arpenter les couloirs du centre de cure. Baignoires, piscines adaptées, jets d’eau, bulles en goguette et autres soins.   Lieu comme une cathédrale qui porte en ces murs d’improbables mikados d’échasses médicales. 

Le miracle c’est d’abandonner un instant, qui sa canne, qui ses béquilles, qui son fauteuil roulant…
Les blessures du corps comme un sanctuaire pour sublimer l’instant.

Nous sommes dans la dimension de l’impossible et pourtant, les êtres désarticulés avancent en souriant.

C’est peut-être cela le miracle ? Continuer à exister et poursuivre le chemin, en écrivant sa propre route…

                                                            Laurent BAYART

                                                               28 mars 2026

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