
Où sont passés les voyages d’antan ? Aujourd’hui, le train à (très grande) vitesse fuse et file sur le tapis (roulant) de la campagne verdoyante où – voyageurs volages – vous n’avez plus le temps d’apercevoir les vaches devenues des gommettes tachetées, perdues dans le paysage évanescent.
Le voyage est devenu un simple déplacement. Le bourlingueur se transforme en cosmonaute terrestre qui ne côtoie plus l’espace mais le sol à ras les pâquerettes. Où est passé la malle-poste si chère à Victor Hugo qui écrivait dans la lenteur du kilomètre parcouru comme un pensum, une besogne ?
Les trains fusent de gare en gare. Le temps de s’asseoir et d’ouvrir l’éventail d’un livre que vous voilà déjà arrivés !
Les rails s’en vont à l’infini en quête du butoir d’une gare.
Et déjà, une autre destination s’affiche sur les panneaux électroniques.
Le livre se referme, l’ordinateur aussi et déjà, le paysage change d’adresse.
© Laurent BAYART
18 mai 2026
