UNE AMITIE TRENTENAIRE…AVEC GEORGE ET CARMEN, LA ROUMANIE AU COEUR DE NOTRE AME.

….Et lorsque je regarde notre amitié, il me semble qu’elle est née il y a des milliers d’années-lumière, et non pas il y a trente ans, un dimanche de Pâques, pendant que les chrétiens célébraient cette fête en famille et que moi, étudiante amoureuse des lettres, mais surtout de la langue française, je me rendais au Rectorat de l’Université pour rencontrer un écrivain. Et avec son épouse, à qui j’ai timidement demandé une amitié épistolaire (qu’elle soit my pen friend) – la plus ancienne amie que j’aie encore aujourd’hui, ma Véronique.

Nous voici aujourd’hui dans une posture inédite, devant un texte à quatre mains, en écho ou en miroir, sans anadiploses.

Pour revenir à notre amitié que Laurent appelle « pépite d’or », moi, je la vois ici sous la forme d’une prosopopée. L’amitié est pour moi le Sel dans les mets, mais aussi le Sucre et le poivre, la coriandre, la cardamome, le romarin, le sésame, le safran ou d’autres épices, à doses différentes, comme les tons et les nuances des couleurs. Elle est le Sel de la vie, sans lequel nous ne pouvons vivre, sans lequel nous serions, comme en l’absence de musique, démunis, plus pauvres, faute de sentiment, privés du Beau, du Vécu, de l’Émotion de la vie. Celle qui fait vibrer nos âmes, qui y scintille doucement.

L’amitié est la Flamme de la vie, elle est une personne d’attachement et un objet transitionnel, qui laisse des traces indélébiles, qui compose des codes chiffrés incompréhensibles pour ceux qui lui sont étrangers.

                                                                    Carmen ANDREI, amie, écrivain et traductrice.

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