Tous les articles par Laurent Bayart

FABIEN CHRISTOPHEL OU LES BRETELLES ENCHANTEES

Petit jet de lumière sur un compère musicien qui m’accompagne depuis de nombreuses années au fil des lectures musicales dans les bibliothèques et autres lieux. Avec son accordéon, Fabien Christophel enchante le public et les mots du poète se glissent, comme des gondoles sur le Grand Canal de Venise, au gré des notes soufflées en bouton de nacre. Elégance musicale, sens de l’improvisation inné, ses doigts dansent sur le clavier et tout cela semble si facile en le regardant…Il nous égaie, tantôt avec des airs de Stevie Wonder, Michel Fugain et, au détour d’un accord, nous réinvente une Marseillaise un peu jazzy…

FABIEN GLORIETTE

Compositeur émérite, il a déjà enregistré un compact-disque salué pour son indéniable qualité artistique. Pédagogue il éclaire les jeunes vocations pour de futures envolées musicales. Directeur de l’Ecole de Musique de l’Ensemble d’Accordéons de Strasbourg, il ne ménage ni son temps, ni son énergie pour transmettre son expérience musicale et sa passion à ses jeunes élèves.

Pour l’écrivain-conteur que je suis, c’est un véritable bonheur d’être accompagné par Fabien. D’ailleurs, si l’envie vous prend, vous pouvez –d’ores et déjà – noter sur votre agenda la lecture musicale que nous réaliserons le samedi 29 mars prochain (à 12h) au « Magic Mirrors » d’Illkirch-Graffenstaden, lors de l’édition 2014 du « Printemps des Bretelles ». Si Fabien sera bien en bretelles, votre serviteur poète lui sera doté, comme d’habitude, de sa bonne vieille ceinture…!

 

 

INTERIEUR/NUIT AU FESTIVAL INTERNATIONAL DES CINEMAS D’ASIE DE VESOUL

« Huit jours dans le noir » pourrait être le titre d’un long métrage,  un peu polar ou drame psycho, c’est la condition dans laquelle nous étions « projetés » lors de cette 20ème édition du festival des Cinémas d’Asie de Vesoul qui vient de se terminer. Une centaine de films et documentaires présentés et, d’ores et déjà, un record battu celui de l’affluence : plus de 30.000 spectateurs…

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 Je ne reviens pas sur le palmarès que chacun appréciera selon sa propre sensibilité. Là n’est peut-être pas l’essentiel. Comme je l’ai souligné dans ces colonnes, nous qui n’allons jamais au cinéma durant l’année, avons savouré ces quelques 33 films découverts durant ces six jours. Déconnexion complète et immersion totale. Films japonais, chinois, iraniens, coréens, philippins…Grâce soit rendu à Martine et Jean-Marc Thérouanne, les fondateurs et responsables de ce festival (Ne pas oublier que « fête » est la racine étymologique de ce mot …) ainsi qu’aux nombreux bénévoles qui ont apporté une indéniable chaleur, un désir de rencontres, une convivialité que l’on ne perçoit plus de nos jours dans de tels événements.

 Soirée familiale et « bon enfant » à la « Bambouseraie », véritable QG, centre névralgique, où le pouls du festival bat son plein en pulsations d’intenses émotions : repas fraternels, bonne humeur où l’on trinque à califourchon entre continents et méridiens,  tablées de banquet où, à l’instar d’un mariage, les jeux et autres « quizz » rapprochent les êtres humains. Ainsi, mon épouse fut – l’espace d’un instant – le binôme du jeune et talentueux réalisateur de « Again » de Kanaï Tunichi et Emilie et Thibaud furent – quant à eux- les  avenants et attentifs « cicérones » du célèbre réalisateur philippin Brillante Mendoza qui côtoie –excusez du peu- les grands d’Hollywood…Surprenant festival où le nœud  papillon est moins important –somme toute- qu’une amicale bourrade ou poignée de main où l’on peut communiquer son enthousiasme à ces princes de la caméra. Passion partagée au diapason de l’autre.

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Oui, j’ai adoré ces instants qui nous rappellent que l’Art n’est rien s’il ne raconte des histoires singulières et ne rapproche les existences. Et cette fête-là ressemble bien à un petit moment d’éternité, glissé comme un marque-page, dans le grand brouhaha du quotidien. 

FRANCOIS-MARIE EMILE BOUCHER OU IL ETAIT UNE FOI…

Petit focus sur quelqu’un de particulier et de totalement atypique : le père François-Marie Emile Boucher qui est aujourd’hui recteur de la Basilique Saint-Pierre Fourier en Lorraine. Je le connus voici plus de trente ans qui débarqua chez moi à Strasbourg. Vagabond inspiré, la foi chevillée en lui et déjà les mots, en vers rimés, qui coulaient de sa bouche comme des paraboles.

EGLISE CATHOLIQUE DES VOSGES – DIOCESE DE SAINT DIE – LITURGIE – MESSE CHRISMALE – HUILES SAINTES. Saint-Dié 3 avril 2012.
Durant la messe chrismale, l’évêque consacre le saint-chrème et bénit les autres huiles saintes devant les prêtres, les diacres et les fidèles.
PHOTO Alexandre MARCHI.

Jeune étudiant à l’époque, il publia quelques ouvrages dont « Haltes sur le chemin » devenu un bréviaire du voyage, une manière de rencontrer l’autre, tout au long d’une route sur laquelle il ne cessait de dresser le pouce de l’auto-stop. Beaucoup s’arrêtèrent pour confesser leurs (parfois surprenantes !) existences. Déjà le goût du partage et l’amour de l’autre, cette merveilleuse curiosité que plus personne n’éprouve aujourd’hui pour son prochain…

 Un petit clin d’œil donc à cet ami de très longue date, poète « marial » qui, lors de ses sermons dominicaux dans la basilique de Mattaincourt (Ca ne s’invente pas ! C’est un lève-tôt, vous l’aurez compris…) parsème ses prêches de savoureux jeux de mots, dont il a le secret.  Tabernacle de la contrepèterie et du verbe, ses brebis devant aux aurores, déjà se creuser les méninges. La poésie est une foi qui se décline en vers et…pour tous (et non pas « contre ») !

CHRISTIANE MEISS OU LE CULTE DE LA BEAUTE ET DU RE-ENCHANTEMENT DU MONDE

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Ancienne présidente de la société des écrivains d’Alsace et de Lorraine, elle fait partie de la gente des « plumitifs » inspirés. Elle a publié ainsi de nombreux ouvrages de poésie, des nouvelles et des récits, tels que « Sève ardente », souvenirs d’un garde-forestier, « Les rendez-vous de la clairière », un merveilleux récit poétique dédié à son fils disparu et « Réminiscence », recueil de contes et de nouvelles.

Mais Christiane Meiss est aussi une amoureuse de la nature, en extase devant ce monde si maltraité, inlassable observatrice des forêts qu’elle arpente et de ces merveilleuses petites bêtes qui nous entourent et que plus personne ne voit. Artiste-aquarelliste, elle réinvente le monde, le ré-enchante à sa manière, c’est-à-dire de façon tendre, poétique et joliment naïve. Blaireaux, belettes et furets défilent ainsi comme les mésanges et hirondelles qui tracent des v dans un ciel pastel éblouissant.

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Christiane a gardé son âme d’enfant et sa capacité (rare aujourd’hui !) de s’émerveiller devant la beauté qu’elle admire chaque jour avec son compagnon écrivain Fernand, dans leur petite maison- nid douillet- de Cernay dans le Haut-Rhin.

Elle avait réalisé la préface, ainsi que les aquarelles, de mon livre « Ivresse du vagabondage ». Vagabonde elle-même et ivre de cette nature qui nous permet chaque jour de nous ressourcer et d’avancer dans ce monde qui ne tolère que le tohu-bohu et le vacarme. Christiane baguenaude avec une marguerite entre les dents et des cerises accrochées en guise de pendants d’oreilles, accompagnée par une musaraigne espiègle et un écureuil pas banquier pour un sou !

BILLET D’HUMEUR –ACTE 2- / BIEN LE BONJOUR !

A l’heure de la communication exacerbée, du message de l’instant, du sms extraverti du portable, du twitter-et-tu-fais-quoi-toi ?, du miroir réfléchissant facebook, et j’en passe et pas forcément des meilleurs…on se rend bien compte que la toile étend ses filets et autres réseaux (sociaux) sur les coins reculés de la planète et de tous les êtres humains. Et pourtant…

 On pourrait imaginer la solitude passée d’un autre âge, mode ou siècle, et pourtant…Jamais l’être humain n’a eu –dans l’histoire universelle- des outils aussi performants à sa disposition pour communiquer, et jamais l’homme est devenu un…individu, aussi esseulé et noyé dans une masse qui fait peur. Il n’est qu’à apprécier la profusion des sites de rencontres qui ont été créés, c’est hallucinant. –Je veux t’aimer. On se rencontre ? Tout juste si vous n’avez pas le curé et le maire en option… On a tué l’esprit de groupe (et aussi d’initiative), la bonne vieille fraternité (Tiens, voilà vraiment un mot désuet ! Non?) On envoie des messages à tire-larigot mais on ne sait plus tendre la main à l’autre pour lui dire tout simplement « Bonjour ! ». Suffit, on lui envoie un courriel…et une carte « dématérialisée » de nos vacances ou pour les fêtes…C’est bon comme ça, non ?

 Force est de constater que la société s’est déshumanisée. L’homme qui devait être au centre de ce cercle est devenu absent. Encore ce matin, roulant sur mon vélo, je fais cet amer constat en croisant ou dépassant un de mes quidams, dans la solitude crépusculaire de la piste cyclable. Mon « Bonjour ! » ne récolte aucun écho. Pire, on me regarde comme un extraterrestre…Le dernier être humain ? Vive la communication ! Allez, je vous livre mes pensées par Internet…Bonjour !

Laurent BAYART

FRANCIS FRITSCH LE PEINTRE A L’IMAGINAIRE EN FETE

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Saluons aujourd’hui le peintre Francis Fritsch, un artiste atypique et débridé. Prolixe, il cultive un humour et un sens de la poésie remarquables, il n’est qu’à apprécier ses toiles en « trompe l’œil », ses portraits d’une précision et d’un sens du détail « bluffants », ses œuvres détournées comme « L’origine du monde » de Gustave Courbet, qu’il rebaptise malicieusement « Origine voilée du monde », ses paysages fantastiques, étranges ou poétiques. On notera également plusieurs thématiques comme « Des pieds et des mains », « Crucifixions », « Détournements » ou encore « Les quatre saisons » qui en disent long sur le sens pointilleux et exigeant du plasticien.

Francis Fritsch précise : « Je peins pour composer avec le chaos, avec notre folie, pour témoigner de ce qui s’en va et retenir ceux qui s’en vont », judicieuse et philosophique définition livrée par l’artiste qui est psychiatre dans une autre vie…

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J’ai eu le plaisir de travailler plusieurs fois avec Francis, tout d’abord pour la réalisation d’affiches et d’invitations dans le cadre des lectures « Musique et Poésie », puis pour la conception de deux couvertures de mes ouvrages : « La lumière que l’on laisse » et « L’eau sauvage ». Collaborer avec un tel artiste est un bonheur car son souci de l’excellence est constant, son inspiration est à fleur de peau et il sait parfaitement « retranscrire » les pensées secrètes du poète, sens de la perception et de l’anticipation rares, ce qui ne gouache –évidemment- rien à sa peinture !

Contacts / http://www.francis-fritsch.fr

BRAVO A VOUS VISITEURS DU SITE !

Un grand merci à vous ! Depuis la mise en place du site, début de l’année 2014, plus de 1.200 entrées et connexions ont été enregistrées sur le site. Une maison sans entrées ni visites est un lieu mort et vide. Merci donc à vous, visiteurs de venir faire vivre ce site  réalisé pour vous et avec vous ! Félix (le chat de la photo) en ronronne de plaisir  et son maître est ravi !

UN CLIN D’ŒIL A ERIK VACQUIER ALIAS NEMORIN

Son objectif est constant : la photo. Erik Vacquier alias Némorin promène son appareil photographique depuis une trentaine d’années.

Poète, il sait capter l’instant fragile où l’éternité semble être coincée dans une petite bulle d’air. Je l’ai connu du temps où j’étais éditeur et depuis notre amitié s’est fixée sur l’invisible pellicule des fratries. Plasticien photographe, il est d’une rare exigence professionnelle. Ses photos racontent la poésie des êtres humains et des lieux magiques qu’il fréquente. Il a séjourné plusieurs fois et plusieurs mois au Myanmar (Birmanie) où Erik, le bourlingueur, a ramené de somptueuses photos. Il était invité en 2013 pour une résidence artistique au Burkina Faso.

Il a réalisé de nombreuses expos photos et plusieurs couvertures de mes livres dont « Le passant émerveillé », « Le bonheur de l’abeille » ou « En passant par là ». Collaborateur de l’Encrier et de l’Ancrier Editeur dans les années quatre-vingt dix, il a signé de nombreux clichés pour la revue éponyme.

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Un livre sur le vélo devrait paraître en 2015 car j’aimerais constituer un tandem avec lui. Le photographe pourra ainsi laisser glisser son œil de verre, ses lentilles et autre zoom au fil de la piste cyclable sur laquelle, je ne cesse de rouler et… d’écrire inlassablement, comme sur une feuille blanche. Petit clin d’œil. Posture figée, l’oiseau s’est envolé. Au royaume de l’art photographique, les cages n’existent pas !

Contacts :  www.erikvacquier-nemorin.com

BILLET D’HUMEUR/ LE TEMPS DU MEPRIS

Le temps est à l’incertain et au bouleversement quotidien. Les médias sèment leurs billevesées acides et convoquent la haine de l’autre à tous les rendez-vous. Le père Ubu revient à grand renfort semer sa « merdre » ! Jamais depuis si longtemps l’être humain n’a été aussi méprisé. Tout le monde entend mais plus personne n’écoute…On zappe, on clique, on twitte et on clapote sur le clavier.

Message lapidaire pour signifier finalement l’absence absolue d’empathie. Sites de rencontres pour connaître l’émoi du coup de foudre mais où est donc passé l’électricité de Zeus ? Pendant que le quidam trime et rame, les potentats batifolent et courent le guilledou, d’autres thésaurisent sur des planches à billet. Le temps est à la décrépitude des fraternités perdues.

L’amour n’est plus qu’une tricoteuse de trottoir qui vampe le passant péri-pathétiquement. Celui qui s’arrête risque gros. La maréchaussée noircira son calepin sur son flânant des lits… Pendant ce temps-là, les flammes continuent de lécher l’incendie. Pourvu que les ruines soient belles…et les cendres fastueuses !

                                                                                                                      Laurent BAYART

HOMMAGE A L’ECRIVAIN HUMANISTE CLAUDE LUEZIOR

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Une mise en lumière particulière réservée à Claude Luezior, écrivain et neurologue suisse de Fribourg. Il a obtenu de nombreux prix littéraires prestigieux, dont l’un de l’Académie Française et tout récemment le Prix Marie Noël

(doté d’une centaine de bouteilles grand cru ! il va falloir qu’il s’arrête de boire de l’eau…). Son œuvre ne cesse de s’enrichir depuis 1995 avec plus d’une trentaine d’ouvrages publiés dans des domaines variés : livre d’art, poésie, nouvelle, roman, récit…J’avais d’ailleurs eu le bonheur, voici quelques années, de publier avec lui l’opus, à deux voix, « Nourrir les colombes », qui traitait de la guerre en Irak. Son écriture fleure l’humain et l’extrême sensibilité des rencontres. Curieux de tout, il est « croqueur » de mots et gourmand de verbes

(ne les laissez pas traîner, il vous les gobe en un clin d’œil de moustaches !). Pétillant d’attention, observateur inlassable du monde, il traîne sa tendresse bon enfant et fume sa pipe avec la sagesse du philosophe. Claude nous annonce    prochainement un nouveau livre d’art sur Armand Niquille, un roman historique et un croustillant ouvrage sur la cathédrale de Fribourg, car –en plus -notre ami est un sacré érudit !

N’hésitez pas à venir lui rendre visite sur son site : www.claudeluezior.weebly.com