Tous les articles par Laurent Bayart

ETOUFFADE ET IVRESSE DE VERDURE.

         Je me délecte à te contempler en ivresse de feuillée qui chante et enchante le ciel que tu recouvres de ta toiture en myriades de chlorophylle verte. Serein comme un oiseau, je me réfugie sous cette divine tenture ombragée où respire et frétille mille existences. Ivresse de cette canopée qui caresse le ciel et m’offre le vagabondage de l’instant. Je me sens bien sous ce parasol naturel. Arbre-frère qui me protège et me prend sous sa coupe. J’aime ton étreinte qui fait palpiter mon cœur et vibrer mon âme.

Sous ton ombrelle, je sens battre ton pouls.

Une plume virevolte et tombe lentement sur ma tête. Un merle ou une pie me dédicace sa jubilation.

Je suis tout simplement heureux de vivre. Et je sens dans mon dos, pousser des ailes…

                                                      © Laurent BAYART

                                          22 août 2024

LA COMBEAUTE DANSE SUR LES PRES AU VAL D’AJOL.

         Elle coule et s’écoule langoureusement dans les prés, entre les herbes et les champs, et court la prétentaine en jouant de l’arpège avec ses galets. Quelques poissons vagabonds se faufilent telles des andouilles à écailles dans une marmite d’eau vive. La Combeauté lutine, batifole et s’amuse entre les champs. Elle s’en va vagabonder au gré de son inspiration d’eau vive. Cette petite rivière est une fée qui enchante le Val de Joye. Dites donc, c’est encore loin la mer ? Semble demander une truite. Vous n’êtes pas rendue mon amie ! lui répond une rainette ! Quand vous passerez par Fougerolles, n’oubliez pas de vous affubler de quelques cerises à mettre sur vos nageoires comme un divin collier ! La goutte qui fait déborder le vase…avec un hic qui se termine en queue de poisson.

La Combeauté lutine et creuse langoureusement son chemin dans ce Val qui porte fièrement son nom.

Elle s’en va traverser quelques villages, frétille aussi jusqu’à Corbenay, la patrie de ma chère et tendre.

Ivresse de cette eau telle une courte poésie, haiku abandonné sur un coin d’herbe, telle une signature. A peine commencé elle offre offre déjà son dernier vers…

La Combeauté est bel et bien un poème qui traverse le Val d’Ajol.

                                                               © Laurent BAYART

                                                20 août 2024

NOELLE OU « APPRIVOISE-MOI » COMME DIT LE RENARD AU PETIT PRINCE…

          En regardant notre Noëlle, jolie chatte anthracite, abandonnée en forêt (le jour de Noël) et « recueillie » par nous, me revient le magnifique dialogue du Renard avec le Petit Prince (de Saint-Exupéry) :

Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…Que de trésors d’essentiel, de vérité et d’amour qui fourmillent et pétillent dans ce livre si tendre et magistrale, comme un cantique, une parabole, un texte d’évangile. Une véritable Bible pour chacun car il nous parle de cet invisible si prenant et prégnant, dont sont faits aussi nos existences qui ont besoin de se tourner vers le ciel et la magie. Et lorsque je regarde « notre » Noëlle, je me sens redevenu un môme, celui du Petit Prince devant cette chatte (le renard) qui est devenu une amie pour nous et notre famille, et qui a posé sa patte de velours sur notre cœur.

Mériter son amour et son affection, quelle belle récompense dans ce monde si barbare et parfois si cruel !

 La parole du Petit Prince nous réconcilie tous les jours avec la vie et vient nous enchanter l’âme comme si des étoiles s’y étaient posées.

                                                               © Laurent BAYART

                                                12 août 2024

LIVRE/ LA VIE COMME UN RING OU « BOXER COMME GRATIEN ».

         Je l’ai souvent dit et écrit : les biographies de boxeurs sont les plus passionnantes, rédigées comme des romans épiques en forme d’odyssées rocambolesques, et pour cause ! Leurs vies, et autres itinéraires, s’apparentent à des gymkhanas et un parcours de combattant (normal !). 

Ainsi, l’écrivain Didier Castino retrace dans ce livre « Boxer comme Gratien » l’histoire de ce boxeur marseillais Gratien Tonna qui a connu la victoire, l’argent, la gloire. D’un Maltais né à Tunis, entrainé à Marseille, qui aurait pu conquérir le monde. L’écrivain a retrouvé cet athlète de soixante-douze ans qui vit aujourd’hui dans un mobil-home, celui qui fut deux fois champion d’Europe et cinq fois champion de France mais ne connut jamais la consécration mondiale. Hervé (dans la narration), l’écrivain scribe, le décrit parfaitement : Il est plus grand que moi et il a soixante-douze ans. Je te dis pas sa taille à vingt-cinq ans. Tu l’aperçois, tu comprends de suite que c’est un boxeur. Une masse qui se déplace. Un arbre lui tombe dessus, c’est l’arbre qui se casse, tu vois ce que je veux dire ? Plus loin, il rajoute à son adresse : Mais, c’est vrai que tu as des mains on dirait des bêches de croque-mort. L’artiste du ring fut inculpé pour proxénétisme aggravé, ce n’est pas rien aggravé, Gratien Tonna, c’est plus que proxénétisme tout court…De plus, il avait été aussi condamné pour avoir tué accidentellement (il était ivre et n’avait pas vu qu’il y avait des travaux) un policier, en voiture, à l’entrée d’un tunnel au Vieux Port…Incroyable et insupportable destinée en dents de scie. Et Gratien de rajouter : Avant c’étaient les journalistes ou la police qui m’interrogeaient, maintenant c’est les écrivains. Plus loin, le narrateur-complice de renchérir : son visage devient une gueule de boxeur, on ne naît pas boxeur on le devient, le nez s’élargit, enfle, les oreilles se décollent, les pommettes s’usent, les arcades cicatrisent…

L’auteur évoque une idylle avec Dalida ? Et la protection du patriarche de la ville : Gaston Deferre qui le prend un peu dans son giron. Au détour d’un combat, on accoste aussi les époux Balkany à leurs prémices…Sont relatés également les combats épiques avec le Colombien Rodrigo Valdez et Carlos Monzon, avec le goût métallique du sang dans la bouche et la défaite, parfois injuste…

Ce livre est magistral et se lit tel un roman, le romanesque dantesque d’une existence :  Si au lieu de ne faire que passer devant le ring, on prenait la peine de s’y arrêter, on y verrait des existences défiler en trois minutes sous nos yeux…

En cette période d’Olympiades, l’ouvrage raconte le revers de la médaille aussi, en quelque sorte…

                                                            © Laurent BAYART

  • Boxer comme Gratien de Didier Castino, Les Avrils, 2023.

REGARDER LE CIEL, C’EST SE NOURRIR DE SA LUMIERE.

                                                     Photo prise dans le jardin « Une figue dans le poirier », Girmont Val d’Ajol.

Regarder intensément le ciel c’est comme si vos yeux se laissaient aller à psalmodier une prière, chuchotement muet de paroles jetées à la grâce des nuages et de l’azur. Remplir sa rétine d’images et de la majuscule portée par les oiseaux jusqu’aux confins des nuées. Converser avec Dieu comme si l’espace devenait une cathédrale et le soleil, un immense tabernacle où chaque cumulus se métamorphoserait en chandelle.

Poser ses yeux comme on escalade une échelle et se délecter du spectacle qui se passe au-dessus de nos têtes.

Immensité bleue où filent quelques échassiers telles des boites à lettres qui auraient pris la poudre d’escampette, loin du port d’attache de leur maison…

Respirer le ciel, les yeux fermés et garder délicatement une étoile filante derrière les volets de vos paupières.

Comme on conserverait précieusement un coquillage oublié par la marée dans un petit coffret en bois.

Minuscule cabinet de curiosités que l’on pourrait mettre dans son sac et emmener en voyage (aérien) dans le porte-plumes d’un avion.

                                                               © Laurent BAYART

                                                10 août 2024

BANC REPOSOIR DANS LE JARDIN.

                   Une figue dans le poirier, Girmont Val d’Ajol,

         Se poser sur un banc sis dans l’exubérance du jardin, s’asseoir/ sursoir et regarder passer le temps qui justement prend allègrement son… temps. Quelques bourdons et autres insectes s’installent dans l’instant vert où les fleurs et les arbustes semblent doucement jacasser en silence. Quelques oiseaux piaillent en s’ébrouant sous l’étau du soleil, sur le balcon ombragé d’une branche.

Bonheur des fragrances estivales du jardin en goguette. J’aime ces moments d’ivresse où nous nous installons dans l’éternité.

Les feuilles des arbres comme des cotons tiges nous protègent du bruit.

Ici, le silence est habité.

Une libellule qui passe est tel un chef d’orchestre qui chercherait ses musiciens.

Le monde est si beau lorsqu’il se trouve en profusion de verdure.

Et ce banc en bois est comme une partition oubliée par un virtuose en queue de pie.

                                                      © Laurent BAYART

                                          7 août 2024

LIVRE/ « 682 JOURS », ROSELYNE BACHELOT OU LA CULTURE COMME TALISMAN.

                  J’ai toujours eu beaucoup de respect et d’admiration pour cette femme surprenante et désopilante : Roselyne Bachelot-Narquin dont le rêve secret était de devenir ministre de la Culture. D’ailleurs, dans son journal, Frédéric Mitterand l’avait prédit : Un jour, elle sera ministre de la Culture ! eh bien, bingo comme on dit ! Castex savait mieux que personne qu’il fallait confier les clés de Valois à une vieille bête blanchie sous le harnais des emmerdements. En l’occurrence, Bachelot confie-t-elle avec humour.

Dans son livre, paru tout récemment, elle nous parle justement de ses « 682 jours » passés rue de Valois en tant que ministre de la culture sous la présidence d’Emmanuel Macron. Pas évident car elle « officia » durant la pandémie et l’épisode ubuesque du confinement : C’est vraiment un paradoxe. Je sortais tous les soirs quand je n’étais pas ministre et, quand je le suis devenue, l’épidémie de Covid a fermé les salles de spectacle…Décidément, aucun des scénarios classiques n’était fait pour moi. Elle se bat avec passion et pugnacité pour défendre la culture, mais force est de constater le dédain à son encontre, même dans son propre camp ! Je me suis morfondue sur les bancs du gouvernement, atterrée par le désintérêt profond des parlementaires pour la culture, en particulier par ceux qui nous accusaient de ne pas la considérer comme essentielle…Pas toujours évident non plus de se faire « alpaguer » lors de la cérémonie des Césars : Anny Duperey m’agresse littéralement avec l’antienne répétée que nous sommes les fossoyeurs de la culture. Elle continuera plus tard en m’accusant d’avoir quitté la cérémonie alors que j’étais dans la loge prévue par les organisateurs. Après les aides auditives, elle pourrait se convertir dans les publicités pour les lunettes. 

Cette femme de caractère de 77 ans, née un 24 décembre à minuit, raconte avec tendresse et malice : …mon histoire veut que mon père, alors que je n’avais que quelques heures, m’enveloppa chaudement en ce jour de Noël 1946, sonna à la porte du presbytère de l’évêque de Nevers en lui demandant de m’ondoyer…/…L’évêque enfila son manteau et, avec papa, pris la direction de la cathédrale et de ses fonts baptismaux….D’où son immense respect pour cette majestueuse construction faite finalement de plus de spirituel que de matériel.

 Une destinée exceptionnelle pour une femme qui ne l’est pas moins

                                                                         © Laurent BAYART

  • Roselyne Bachet, 682 jours, le bal des hypocrites, Plon 2023.

LIVRE/ « CHRISTIAN DIOR (J’aDior !) ET MOI » OU CONFIDENCES EN HAUTE COUTURE.

         J’ai eu l’occasion de visiter la maison-musée natale de Christian Dior (1905-1957), villa des Rhumbs à Granville, sise sur une impressionnante falaise donnant sur le grand tissu bleu, taffetas de l’océan. Pas vraiment enthousiaste, je l’avoue, au départ puis j’ai été subjugué par ce lieu magique et surtout l’existence et le déroulé d’un destin hors du commun…

Je me suis donc procuré sa biographie écrite par lui-même : Christian Dior & moi. Déjà, l’ouvrage est un petit bijou de réalisation éditoriale, une merveille à feuilleter comme on découvre une collection de robes. Et d’abord, l’incroyable prémonition de la devineresse de Granville, lors d’une kermesse en 1919 qui lui déclara, étrangement prémonitoire : Vous vous trouverez sans argent, mais les femmes vous sont bénéfiques et c’est par elle que vous réussirez. Vous en tirerez de gros profits et vous serez obligé de faire de nombreuses traversées. Doué d’un excellent coup de crayon au talent de dessinateur inné, il tiendra également un galerie d’art et côtoiera les plus grands artistes de l’époque.

Petit à petit, Christian Dior va révolutionner le monde de la couture. Si l’on peut aujourd’hui comparer le couturier à un metteur en scène, à l’époque de Paquin et de Doucet, il s’apparentait davantage à un producteur de films. Très vite, il va créer sa « maison » (avenue Montaigne à Paris) en sachant s’entourer des « bonnes personnes » comme Mme Marguerite qui, avec ses deux conseillères, servit d’intermédiaire entre mon « bureau de rêveries- comme on disait au XVIIIème siècle – et les ateliers où mes idées devaient prendre forme et se convertir en robes…Plus loin, cet artiste des formes confiera : Au fond, tout ce que je sais, vois ou entends, tout dans mon existence, se tourne en robes. Les robes sont mes chimères. Reprenant également l’emblématique mot de Cocteau : La mode meurt jeune, à son image aussi, malheureusement…

Ce livre, passionnant, raconte chapitre par chapitre, avec précision et détails, cette destinée régie par la beauté et l’amour du travail élevé en œuvre d’art. Christian Dior terminera ses mémoires en rajoutant : J’ai suffisamment proclamé au cours des chapitres consacrés à mon métier qu’une robe telle que je la conçois est une architecture éphémère destinée à exalter les proportions du corps féminin.

La pythie avait raison et avait vu…juste ! La boule de cristal était une robe…

                                                                        © Laurent Bayart

  • Christian Dior & moi par Christian Dior, Vuilbert, 2022.

LIVRE / EDGAR MORIN OU L’ESPRIT LIBRE ET Éclairé DES LUMIERES…

         Esprit indépendant et original, voire totalement atypique, le sociologue et philosophe Edgar Morin (de son vrai nom Edgar Nahoum) nous offre un ouvrage singulier et captivant Encore un moment…dans lequel il rassemble quelques textes, chroniques historiques et philosophiques d’une lucidité surprenante, pour un « jeune homme » de 103 ans, comme un regard pétri de sagesse sur le monde actuel.

Reprenant les mots de Rita Levi-Montalcini, prix Nobel de médecine qui disait : Donne de la vie à tes jours plutôt que des jours à ta vie… »L’écrivain, émerveillé et candide, avouant son étonnement de vivre : pas seulement d’être encore en vie à cent ans, mais tout simplement d’être un vivant au sein de la vie dont je jouis en même temps que l’oiseau…et de rajouter, plus loin : Et le plus étonnant est que l’on s’étonne si peu de vivre. Cet écrivain, à l’extrême longévité nous livrant quelques-uns de ses secrets de vie : J’ai privilégié une alimentation saine, si possible d’origine bio, j’ai suivi le régime méditerranéen…/…j’ai limité ma consommation d’alcool à un verre de vin rouge par jour…/…Mais je n’ai pas pratiqué de sport, si ce n’est une intense activité cycliste jusqu’à mes vingt-cinq ans…

Dans cet ouvrage de chroniques, il évoque une barbarie qui surgit -encore et toujours- des musées de l’horreur et parle des enjeux sociétaux : La nature humaine ne peut supporter d’être contrainte absolument et « vouloir tout régenter par des lois, c’est rendre les hommes mauvais ». Il fait aussi quelques apartés historiques, notamment, concernant la Seconde Guerre mondiale, en mettant en exergue quelques rappels de faits sous-estimés ou occultés, notamment lorsqu’il met l’accent que L’Union soviétique exigeait que, en cas d’attaque allemande de la Pologne, ses troupes puissent entrer en territoire polonais, ce que refusèrent les Occidentaux. Ce refus favorisa la conclusion en août 1939 du pacte germano-soviétique…Et de rappeler plus loin que Hitler n’a cependant jamais abandonné son espoir illusoire d’une entente avec le Royaume-Uni, souvent évoquée de part et d’autre.

Le penseur rend hommage aux courages des femmes iraniennes qui ne cessent de se battre pour leur liberté, déplore le « compartimentage » de la médecine occidentale en oubliant de traiter le tout et surtout l’esprit sans lequel, rien n’est possible ! La tragédie, c’est qu’il y a non-communication entre ces médecines. Principalement parce que la médecine occidentale exclut ce qui lui est étranger. L’auteur centenaire porte une vision éveillée sur les enjeux actuels : La planète est en détresse : la crise du progrès affecte l’humanité entière, entraîne partout des ruptures, fait craquer les articulations, détermine les replis particularistes : les guerres se rallument ; le monde perd la vision globale et le sens de l’intérêt général.

Là, où les plus jeunes semblent sourds, autistes et aveugles devant la situation actuelle, ce vieil homme qu’est Edgar Morin promène un regard sensé et plein d’espérance, mettant le baume d’une nouvelle luminosité dans nos pupilles…Et si le siècle des Lumières n’était pas – tout simplement – de retour ?

                                                 © Laurent BAYART

  • « Encore un moment… » d’Edgar Morin, Denoël, 2023.

LIVRE/ LA VIEILLESSE, UNE AVENTURE SELON MARIE DE HENNEZEL.

         Non, vieillir n’est pas forcément le naufrage hugolien annoncé, bien au contraire ! La psychologue et auteure Marie de Hennezel nous démontre bien le contraire dans son nouvel essai L’aventure de vieillir. Elle pose, en sous-titre la pertinente question : Et si avancer dans l’âge était un voyage ? 

Sa réflexion et conviction sont le fruit de nombreux ateliers, groupes de rencontres, séminaires et visites dans les maisons de retraites et hôpitaux. Reprenant les propos de Laure Adler qui confie : Vieillir, c’est accueillir ce qui vous arrive dans l’intensité d’un présent qui, autrefois, vous était dérobé par le vacarme du monde, le tourbillon des projets, le songe des désirs inavoués…Les chiffres sont imparables et nous annoncent qu’il faut se préparer au défi du grand âge, car l’horloge démographique de la France reste implacable : entre 2030 et 2050, le nombre des 85 ans et plus va croitre de 90%…Et Benoite Groult de rajouter : Je découvre la richesse des voyages immobiles. Et ce vieil homme de 80 ans, rencontré sur un chemin, de rajouter : Quand je regarde un arbre, je l’apprécie, je le savoure autrement qu’il y a dix ou vingt ans…/…Voyez-vous, madame, évoquant cette excursion, je la vis tellement différemment. Je marche lentement, je m’arrête souvent. Je contemple le paysage…

Je complèterais de disant que vieillir, c’est tout simplement savourer l’instant. 

Marie de Hennezel, à contre-courant des idées reçues, nous confie avec douceur que vieillir n’est pas une dégringolade, loin de là, mais le temps de la sagesse et du regard apaisé. 

Voici un livre ressourçant qui redonne foi en ces moments, parfois compliqués, grinçants et difficiles où les articulations jouent de l’épinette et de la cornemuse (le corps s’use !) mais si riches en intensité et en bonheurs partagés que l’on conjugue en mode présent.

                                                               © Laurent BAYART

  • L’aventure de vieillir, Et si avancer en âge était un voyage ? de Marie de Hennezel, Robert Laffont, 2023.