Laurent Bayart assure sa chronique trimestrielle dans la très belle revue bourguignonne Florilège, l’une des plus anciennes de France. Dans son billet « Entre nous soit dit », il nous confie que : « C’est dans le silence que je me raconte l’instant ». Texte intimiste et humaniste dans lequel il écrit -entre autre – : « Retrouver le goût de l’essentiel pour s’installer dans la lumière de l’instant. C’est vivre intensément en savourant la seconde qui s’égoutte dans l’horloge. Ruisselet, elle rejoindra l’océan des étoiles avec toutes les autres lucioles qui sont parties dans le grand silence.
Revue Florilège, 189/ décembre 2022, 19, allée du Mâconnais, 21000 Dijon.
Moi, j’aime ferrailler et jouter avec les ailes des moulins à vent. D’impressionnants géants s’élèvent et moulinent avec leurs estocs dans mon ciel, celui de Castille ou tout simplement d’Alsace ? Je suis dans l’ivresse de ces vieilles utopies qui nous font marcher sur l’eau et frétiller dans les nuées. Les nuages tournent autour de moi, comme des anges protecteurs. Je suis le chevalier Bayart de la Manche en quête des impossibles ordalies de l’existence pour un monde meilleur…Mais les ailes des moulins brassent des incendies et les flammes jouent de l’arpège dans l’actualité quotidienne qui chante l’apocalypse. Je voudrais être un Père Noël, Don Quichotte et retrouver le monde de la chevalerie et de l’essentiel. Les troubadours et autres ménestrels, tels des rois mages de l’Amour courtois des temps jadis. Je suis en mal de justice et le monde se trouve -hélas – truffé de moulins, mastodontes nucléaires qui nous menacent constamment de leurs yeux noirs, en nous faisant louper les rendez-vous du bonheur. Nous étions faits pour vivre libres, nous étions faits pour vivre heureux…scandait Aragon.
Un jour, peut-être un moulin tombera sous ma rapière ?
Qui sait, les poètes sont peut-être les derniers chevaliers, échappés d’un monde aujourd’hui disparu ?
Et déposer une crèche, telle une promesse d’espérance, sous le sapin d’un moulin.
Laurent Bayart sera à Vendenheim avec son amie accordéoniste Jeanine Kreiss pour une animation originale: « Accordéons-nous ensemble autour de Noël ». Magie, imaginaire, recueillement et spiritualité autour de ce moment magique et emblématique. La lecture musicale et littéraire sera suivie d’une séance de dédicaces. Entrée libre (plateau).
samedi 17 décembre à 11h, sous chapiteau, devant la mairie et la médiathèque de Vendenheim.
Laurent Bayart continue sa petite tournée de Noël avec l’animation « Accordéons-nous autour de Noël ». Il sera le vendredi 16 décembre à 20h30 à l’Espace Marceau de Holtzheim, en compagnie de son ami accordéoniste Fabien Christophel. Ambiance, imaginaire, évocation et spiritualité autour de ce moment magique et emblématique. Venez nombreux ! La lecture sera suivie d’une séance de dédicaces. Entrée libre (plateau).
vendredi 16 décembre à 20h30 à l’Espace Marceau de Holtzheim, 1 place de la fontaine à Holtzheim. Tel. 03 88 78 82 26 et infolecteur@holtzheim.fr
LAURENT Bayart présente plusieurs articles dans le numéro de décembre, le 138ème, de la Revue Alsacienne de Littérature, fondée en 1983, l’une des plus anciennes de France. Il rédige une analyse et critique sur les dernières parutions de : Gérard Blua, Albert Strickler, Olivier Larizza, Jean Bellardy, Jyssé et Claude Luezior. De plus, un article rédigé par ce dernier présente notre ouvrage de textes et photos « Voyage en Périgord », publié avec Alain Tigoulet aux Editions Tourneciel.
*Les Amis de la Revue Alsacienne de Littérature, B.P. 30210, 67005Strasbourg cedex.
Laurent BAYART sera, ce vendredi soir, à la bib de Mundolsheim pour présenter une lecture musicale de Noël, évocation de l’imaginaire, de la magie et du mystère qui nous font vibrer à l’unisson. Il sera accompagné par un merveilleux duo d’accordéonistes : Jeanine Kreiss et Fabien Christophel, ainsi que par Louise Deitchmann à la voix. Venez vous plonger dans l’ambiance de Noël et des merveilleux souvenirs de votre enfance, lorsque la cheminée attendait la venue de l’homme à la barbe blanche et au manteau rouge…Un moment de chaleur, de fraternité et de partage pour oublier les aléas de l’actualité !
vendredi 9 décembre 2022 à 20h30, Bibliothèque L’Arbre à lire de Mundolsheim, 19, rue du Général de Gaulle. tel : 03 88 20 94 29. Entrée gratuite (plateau).
Charles Wright, écrivain et journaliste, a pris la poudre d’escampette mais lentement, pour s’en aller vagabonder dans l’instant au fil des paysages et des rencontres du Massif central qu’il traverse, avec Parsac, son ami compagnon et aspirant jésuite comme lui. Sans un sou et à pied, ils s’en vont à la quête de l’essentiel, des rencontres et de la bienveillance des gens car ils vivront des offrandes que l’on veut bien leur octroyer…Sept cents kilomètres à travers les Puys et les montagnes sous l’œil goguenard et emblématique des vaches qui semblent faire figure de dieux tutélaires des lieux. Sous la houlette et la lecture de Rimbaud (Les Illuminations) et de Charles de Foucauld (L’Imitation de Jésus Christ), ils se font pérégrins et pèlerins de l’absolu en quête, chaque jour, des victuailles offertes et d’un toit pour passer la nuit…
Aventure humaine mais aussi physique aussi, en traversant la Dordogne, la Haute-Vienne, la Creuse, le Puy-de-Dôme, le Cantal, la Lozère et l’Ardèche. Une mappemonde à taille humaine ou plutôt hexagonale…Les paysages, comme les hommes confinés, portent un masque, il faut les fréquenter longuement avant qu’ils dévoilent leurs secrets. Je vais mettre trente jours pour un voyage qui peut se faire en six heures en voiture…Se mettre dans la peau de ces clochards qui tendent la main : Il faut avoir sacrément faim pour braver l’humiliation de demander sa pitance à des inconnus ! Sans carte bancaire, ni portefeuille, le sésame des portes ne s’ouvrent plus forcément et pire, se claquent parfois sous leurs nez ! Les marcheurs deviennent philosophes à force de côtoyer les étoiles (en dormant dehors !) : Dans un voyage, les rencontres sont intenses sans doute parce qu’elles sont sans lendemain. Et plus loin : Le but de ce voyage est de s’habituer à l’aléatoire. École buissonnière de la nudité et de l’humilité, de ce dénuement qui révèle et réveille l’esprit…Et Charles Wright de rajouter, avec pertinence : Mais le voyage est un exutoire illusoire, on ne se débarrasse jamais de ses problèmes, on ne fait que leur faire voir du pays.
Ce périple, au fil de sublimes paysages et de fécondes rencontres, aura changé les deux hommes, l’un se fixera dans l’ordre des Jésuites, l’autre dans la terre ardéchoise, en sachant que notre vocation, c’est de passer.
Une marche dans un Massif central et ses puys dans lesquels on remonte l’eau d’un certain renouveau. Le randonneur devenant sédentaire pour faire(enfin) marcher et vibrer son âme en regardant filer et courir les étoiles…
Moi, j’aime ces amis ailés venant poser leurs cédilles et leurs virgules ailées tout près de nous. Frêles silhouettes qui nous accompagnent comme des guetteurs, des messagers lumineux. Partage de connivences qui nous viennent du monde improbable des nuées. Orpailleurs des nuages et porte-cierges des horizons bleus et de Saint François d’Assise. Ils font figure d’anges gardiens dotés d’une parure d’ailes et de plumes, mais aussi de becs telles des flûtes qui nous enchantent de leurs aubades et autres trilles en cantates.
Dans mon jardin, j’aime les côtoyer et les caresser de mon regard. Ainsi, ses amis volatiles et volages m’apprivoisent chaque jour un peu plus. Le monde à l’envers.
Un jour, ils m’ouvriront la cage de la grande volière et je pourrais ainsi m’envoler…M’échapper vers la lumière.
Car, intime conviction de l’absolu, les oiseaux nous aideront à traverser le ciel pour la grande migration. En passe-murailles de l’éternité.
Arriver jusqu’à la Terre Promise où le ciel et la terre ne font plus qu’Un.
Il était nu comme un ver, ou plutôt tel un épicéa des sylves vosgiennes. Un coup de scie lui a rogné les pieds, tandis qu’un bûcheron l’a « rapatrié » dans la grande ville avec ses divins effluves et sa résine qui suinte comme du sirop d’érable…Et le voilà qui trône, à poils ou plutôt tout en épines, dans le salon prêt à l’accueillir et à l’habiller en costume de galas.
Les enfants, en couturiers de Noël, stylistes et modélistes, se mettent à le vêtir de pieds en cap. Le simple sapin de la forêt se transforme en gentleman, chamarré d’une interminable guirlande argentée comme le boa de Zizi Jeanmaire ! On l’affuble de drôles de médailles tel un pacifiste combattant, sapé de boules et de peccadilles scintillantes qui brillent à l’image d’une boule à facettes. Sur le chef, on lui glisse une pointe mais pas de casque à…l’image de la soldatesque teutonne !
Et puis, le voilà consacré pour la Sainte Nuit, car des bergers viennent installer leur campement, en y déployant l’emblématique crèche…Un âne et un bœuf enchantent cette étable improvisée où un Nouveau-Né illumine ce lieu de paille et d’écorce. Santons et saints suivent l’Etoile d’un berger qui se glisse sous le résineux.
Les enfants reculent pour admirer ce frère de lumière. Le sapin est devenu une cathédrale posée dans un salon. Dieu – assis sur le canapé ? – en prestidigitateur attend la venue de celui qui viendra changer la destinée du monde…
Quelques oiseaux échappées d’une volière, à l’instar d’anges et de chérubins, se mettent à pianoter sur leurs becs, Sainte Nuit, Douce Nuit…
La neige, comme de la farine, se met à tomber et saupoudrer de blanc le parquet du sol, par le grand tamis des nuages. Un boulanger inspiré prépare une hostie de pain à partager pour demain matin.
Levain de grâce et d’amour. Le monde appartiendra à celui qui l’aimera.