LAURENT BAYART DANS LE NUMERO D’AUTOMNE DE LA REVUE FLORILEGE

Une des plus anciennes revues littéraires et artistiques de France, « Florilège », publiée par les Poètes de l’Amitié de Dijon, sort son cent-quatre-vingtième numéro dans lequel j’ai l’honneur de participer. J’y publie un nouveau texte de ma chronique « Entre-nous soit dit » intitulé « En quête de fraternité » où je scande, en final : Pêcheur d’amour sur un océan en désert de dunes de sable. Qui pour rassasier ma soif et mettre la chaleur des connivences  dans le réceptacle de mes mains? Notre monde ayant bien besoin de nouveaux fratries, loin des « gestes barrières » et autres « distanciation sociale »…

  • revue Florilège, numéro 180/ septembre 2020, aeropageblanchard@gmail.com

BILLET D’HUMEUR / ACTE 126 / POIGNEES DE MAINS POUR DEMAIN ?

Où sont passées nos chaleureuses poignées de mains qui scellaient l’ordalie de nos rencontres ? Et toi, l’ami, que je n’avais plus vu depuis tant d’années, nous nous sommes croisés derrière les barbelés dressés de nos « gestes barrières », mais nous n’avons pu signer notre rencontre d’une poignée de mains, la faute à ce maudit virus qui nous pousse contre ses rambardes et ses grilles !

Mais de quel monde avons-nous hérité-là ? Une humanité sans visage, masquée par la peur. Un monde confiné sans sourire, sans baisers, devenu anonyme et sans tendresse, désormais éloigné de toute chaleur et fraternité ? Il nous reste plus qu’à regarder le tissu bouger, l’arpège de la bouche fabriquer des sons qui nous reviennent étouffés dans un mouchoir en papier ou en plastique. Ne plus se toucher, sentir l’haleine de l’autre, éviter ainsi la proximité du monde infinitésimal où le microbe se transformerait en un vampire, suceur de vie et de poumons. Nos vies toussotent. Il ne demeure plus que la lumière de nos yeux pour nous chuchoter de mystérieuses connivences.

Mais où va donc notre respiration ?

Frère, je voudrais tant voir ce visage qui me parle et qui m’interroge.

Pourquoi cette distance, que dis-je !, cet océan et autre ligne de démarcation entre nous ?

Il ne restera plus que les mots pour confondre nos souffles aux baisers de l’instant.

Ma feuille de papier sans calque pour te dire que je t’aime.

Et te tendre la main avec au bout des doigts l’alphabet des retrouvailles.

                                                           Copyright : Laurent BAYART

                                                                       7 septembre 2020

BILLET D’HUMEUR / ACTE 125/ RENTREE DES COCCINELLES : LA CLASSE !

         Sur l’ardoise de de ce premier jour de septembre, écrit à l’encre blanche de la craie, jour de rentrée des classes ! Et voilà, les coccinelles, flanquées de leurs sacs à dos, prendre la route de l’école avec papa ou maman en accompagnateurs/ tuteurs. Et en les regardant, les larmes aux yeux nous viennent, en songeant à cette comptine de Jacques Prévert qui résume bien l’enchantement de ce jour si particulier : En sortant de l’école/ Nous avons rencontré/ Un grand chemin de fer/ Qui nous a emmenés/ Tout autour de la terre/ Dans un wagon doré…

Et vous, qui aimez tant admirer le lamento des trains qui passent sur les rails, Jules, Alphonse mais aussi Camille, l’institutrice transformée en chef de gare pour catalyser pareil caravansérail où la poésie du cartable (remplacé aujourd’hui par le parachute d’un sac) offre déjà une manière de première leçon de géographie, d’histoire ou de science naturelle. Les « humanités » qu’on appelait ainsi en un autre temps, cette couture de l’esprit et ces pensums, histoire d’en découdre avec la formation et les connaissances… Magie de l’école et ivresse du gai savoir, de cette envie d’arpenter la fraîcheur des feuillets de son cahier qui sentent le papier tout neuf où s’inscriront tant de rendez-vous éducatifs et pédagogiques. 

Et dans la trousse, porte-plumes, patiente toute une kyrielle de stylos, feutres, crayons, gomme et tutti quanti.

Puis, cette folle journée passée, vos parents vous attendent dans la grande cour de récréation affrétée comme un aérogare, et vous voilà, arpenteurs/voyageurs, chemineaux des mondes de demain, chantant à tue-tête sur le chemin du retour : Alors on est revenu à pied/ A pied tout autour de la terre/ A pied tout autour de la mer/ Tout autour du soleil/ De la lune et des étoiles/ A pied à cheval en voiture/ Et en bateau à voiles.

Votre rentrée des classes fut placée sous le talisman magique de la poésie, la plus belle et merveilleuse leçon pour ouvrir le grand livre de la vie.

Et emprunter ses chemins à pied, en train, à cheval, en voiture ou en bateau à voiles.

La tête remplie d’étoiles.

                                                      Copyright : Laurent BAYART

                                                                  1erseptembre 2020

LA GENESE DE LA CREATION AVEC LAURENT BAYART A NOTRE DAME DE REINACKER

C’est la rentrée pour Laurent Bayart qui sera samedi prochain à Notre Dame de Reinacker, sous le talisman éclairé de Saint-François d’Assise, pour une nouvelle lecture musicale placée sous le thème de la création et de sa genèse. Il sera accompagné par Nicolas Meyer à la guitare et Etienne Cremmel à la trompette. Partage et rencontre autour de textes inédits qui racontent la création, ses mystères et la foi qui anime le regard de l’écrivain et du poète. Ce petit spectacle littéraire et musical se déroulera dans le cadre du « Mois de la création » qui a lieu dans ce lieu magique et éclairé qu’est le site de Notre Dame de Reinacker.

  • samedi 5 septembre 2020 à 20h à Notre Dame de Reinacker (67), Reutenbourg près de Saverne.

BILLET D’HUMEUR / ACTE 124 / CAMILLOU S’EN BALANCE AU SON DE L’ESCARPOLETTE !

photo de Marie Bayart

         Le vent et le va et vient enivrant de la balançoire t’emmènent frôler la crête des branches et la cimes des nuages. Insouciant feu-follet, Camillou se nourrit de l’air du jardin en chantant, cet ancestral air d’opérette : Poussez, poussez l’escarpolette/ Poussez pour mieux me balancer ! / Si ça me tourne un peu la tête/ Tant pis ! Je veux recommencer…* PetiteCamillou, tu te grises de la pesanteur, oisillon au gré du coulis des chaînes qui chantent le roulis de leurs mouvements. Une marée, son flux et reflux qui s’en vont conter fleurettes aux étoiles et aux nuages.

Le temps s’arrête dans l’ambroisie des instants comme des noisettes que l’on décortique lentement…

Ton rire éclate dans l’air tel un pépiement d’oiselet et un battement de papillon.

Le monde est tellement beau quand il retrouve la fraîcheur du commencement. 

Il s’arrête alors de tourner pour admirer la frivole allégresse de cette fille du vent…L’horloge toussote comme une limace qui soudain s’arrête de faire du gymkhana sur la terre du jardinet.

Pour regarder une petite fée s’ébrouer de bonheur.

                                                           Copyright : Laurent BAYART

                                                                       30 août 2020

*extrait de  » Véronique »,opérette en trois actes (1898),musique : André MESSAGER (1853 – 1929),livret : Albert VAN LOO et Georges DUVAL

LAURENT BAYART DANS LE NUMERO ESTIVAL DE LA REVUE ALSACIENNE DE LITTERATURE

EPSON MFP image

Beau et somptueux numéro d’été ( le cent-trente-troisième !) de la Revue Alsacienne de Littérature, dans lequel j’ai eu le bonheur de publier trois textes inédits sur la thématique des « Images et imaginaires ». En plus, Claude Luezior a rédigé deux articles sur mes derniers ouvrages « V’Asie à Vesoul ! » qui raconte le 25ème anniversaire du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, travail littéraire et photographique réalisé avec mon vieux compère Erik Vacquier, alias Nemorin. Ajouté à cela un article sur mon dernier opus « Il n’y a rien qui ne Val…d’Ajol ! ». Enfin, j’ai aussi publié trois notes de lecture sur les livres de Claudine Malraison, Marie-Jeanne Langrognet et Philippe Veyrunes. Un numéro dense et riche de cette revue littéraire et artistique, l’une des plus anciennes de l’hexagone !

  • Revue Alsacienne de Littérature, BP 30210, 67005 Strasbourg-cedex.
  • revue.alsacienne@sfr.fr

BILLET D’HUMEUR / ACTE 123 / LE MONDE EST SI BEAU DANS LA JUBILATION DE L’ATTENTE.

photo de Némorin, alias Erik Vacquier.

         Attendre dans l’instant improbable un rendez-vous qui ne porte pas de nom. Se laisser guider par le mystère de la lumière qui happe nos yeux dans la jubilation de t’attendre. Temps suspendu à ce qui nous reste d’essentiel dans le hasard des destins partagés qui s’inventent au tamis des secondes et s’effritent au ralenti. Que faudra-t-il de temps pour réinventer les silences des fratries et des tendresses retrouvées ? Loin de ces masques, « gestes barrières » en distanciation physique qui plongent le monde dans l’absurde et le grotesque des visages sans effleurements, ni caresses.

A cette table, comme un prophète de tabernacle, je t’imagine venir à cet étrange rendez-vous que nous ne nous sommes pas fixés mais promis comme un serment prononcé en une vie antérieure.

T’attendre est la plus belle chose au monde. C’est comme poser une nappe et un bouquet de fleurs sur une table de pique-nique en bois, au beau milieu d’une aire d’autoroute.

Attendre, dans cette bande d’arrêt d’urgence qu’est la vie. 

Ta venue, tout simplement.

                                                           Copyright : Laurent BAYART

                                                                           26 août 2020

LIVRE / UN CREUSET D’ENERGIE POSITIVE AVEC « TA DEUXIEME VIE COMMENCE QUAND TU COMPRENDS QUE TU N’EN AS QU’UNE ».

         Déjà le titre, en lui-même, constitue une sublime évocation d’un beau message philosophique. Le livre, best-seller, de Raphaëlle Giordano fait du bien au cœur et à l’âme, et en ces temps de disette de bonne humeur où la « tristoumanie » a pris le pouvoir, cela fait du bien, et même beaucoup de bien !

Cette auteure, romancière récidiviste, est spécialiste en créativité et développement personnel nous proposant ce livre au titre symptomatique : Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, dans lequel elle distille, par le biais de Claude, ce singulier et énigmatique « routinologue » qui va chambouler sa vie et transformer l’énergie négative en protons positifs ! Un melting-pot de sagesse bouddhiste et de zénitude en mode accomplissement absolu, afin de faire face à la vie contemporaine stressante et oppressante. Camille, jeune femme dont la vie se délite avec un mari absent et un enfant « Duracell », entendez infatigable, va prendre le taureau par les cornes. Son étrange mentor va l’accompagner tout au long de ce cheminement initiatique : Le changement est une porte qui ne s’ouvre qu’à l’intérieur », en l’aidant à décoller les timbres (Dire ce que l’on a sur le cœur au fur et à mesure) ou à éviter de nourrir ses rats (encourager la partie de vous-même qui aime bien se faire plaindre).

Plus qu’un roman, c’est un livre-bouffée d’oxygène, une manière d’hygiène de vie qui vous donnera quelques pistes afin de rester toujours debout. Ecriture moderne et contemporaine qui vous fait « googlestormant », inspirée du brainstorming, permettant de trouver des idées grâce aux recherches par Internet.

Une ondée de bonne humeur et une découverte qui vous feront vous extasier devant votre verre à moitié rempli et non plus à moitié vide…Le changement, c’est maintenant ! Dont acte.

                                                           Copyright : Laurent BAYART

* Ta deuxième vie commence quant tu comprends que tu n’en as qu’une de Raphaëlle Giordano, Pocket, 2017.

LIVRE / ALBERT STRICKLER OU LE CONFINEMENT DANS L’INCANDESCENCE DU SILENCE.

         Voilà que depuis les années quatre-vingt qu’Albert Strickler truffe ses feuillets du feu ardent d’une poésie de l’émerveillement qui fouine au plus profond de sa relation avec la terre et de ses éléments. Voilà aussi que depuis 1994, le poète du haut de son « Tourneciel » sis à La Vancelle, rédige un journal quotidien avec le régularité et fidélité d’un métronome dans la graphologie de l’instant. Ainsi, nous confie-t-il : Une évidence qui découle, entre autres, de celle qui s’était imposée naguère au gré d’une formule que d’aucuns me rappellent de temps à autre, à savoir que si je tiens mon journal, lui me tient également.

Son dernier opus, Un silence incandescent, est sorti des presses  de ce confinement imposé du 17 mars au 10 mai 2020. 

L’auteur nous offre cette jubilation intérieure en connivence partagée avec ses compagnons de route que sont l’écureuil et le merle qu’ils côtoient quotidiennement. Il nous fait ainsi partager ses lectures, ses coups de cœur mais aussi de sang, ses courriels en « lanceurs d’alerte » au fil des jours qui chantent leur romance. Et l’écureuil ? Je compte sur sa présence aujourd’hui…

Et Albert de fustiger cette existence d’après-confinement et pandémie, régie par les masques, les « gestes barrières » et le bannissement désormais de toute promiscuité fraternelle : poignées de main, embrassades, bourrades….Un bien précieux aujourd’hui aussi bien menacé par la peur de la mort que par l’obsession de la sécurité qui apparaissent comme nos principaux empêcheurs de vivre…

Et si, au final, le coronavirus avait tout simplement gagné en faisant éclater, telle une bulle d’oxygène, l’envie de vivre qui faisait de nous des enfants insouciants ? La température de nos âmes est devenue désormais brûlante, voire incandescente…

                                                           Copyright : Laurent BAYART

Un silence incandescent, journal 17 mars- 10 mai 2020, d’Albert Strickler, Editions du Tourneciel, Collection le Chant du merle.

BILLET D’HUMEUR /ACTE 122 / LES OMBRES NOUS PRECEDENT TOUJOURS D’UN INSTANT…

photo de Thibaud Bayart

Sur le sable de la plage, nos ombres nous parlent en silence, en un bruit de ressac, dans le froissement de la dentelle de l’eau en une longue nappe cousue d’écume tissée par les vagues, gestuel infini de la marée. Nous sommes coquillages en silhouettes allongées. Notre deuxième corps savoure cette baignade impromptue. Camille interroge son alter ego, déjà en avance sur elle, de quelques centimètres…L’eau salée possède de bien mystérieuses vertus, tandis que papa prend la photo. Attention, l’oiseau sorti de l’appareil s’avère être un…poisson volant !

Chacun sait que les ombres nous précédent toujours et grandissent plus vite que nous, la faute au soleil…et à ses rayons bourrés de vitamines !

Belle métaphore de la vie que ces ombres qui nous racontent l’instant présent et qui nous devancent de quelques confettis de mouvements.

Comme si elles débroussaillaient la seconde à venir au grand tamis du destin.

                                                           Copyright : Laurent BAYART

                                                                      19 août 2020

Ecrivain/Poète