Tous les articles par Laurent Bayart

NOUS MARCHONS SUR LE FIL TENDU DE NOS PAUPIERES.

        Marcher, toujours et encore dans la jubilation d’avancer et l’ivresse de se tenir debout. En fermant les yeux pour mieux y percevoir et sentir le monde qui joue de l’arpège devant nous. Marcher à l’aveugle avec le monocle noir d’un obturateur d’appareil photo sur les yeux. Bonheur de cette pérégrination de l’instant. Palpitations d’imaginer les paysages défiler devant nous et la caillasse crisser sous nos semelles. La sente déroule son tapis volant entre fougères et ronces. Se maintenir sur le chemin, coûte que coûte, comme on garde le cap d’une odyssée maritime. L’île, à moins que ce ne soit un continent, ne se trouve pas loin.

Marcher à la rencontre de l’autre pour réinventer les fraternités échappées.

Puis, revenir sans connaître la direction à suivre, ni l’adresse de la partance.

Comme si notre maison, notre boite à lettres ou notre paillasson nous avait tout simplement oubliés…

Humilité des bourlingueurs qui n’ont jamais de billet de retour et qui ont gravé sur l’écorce d’un sapin leur destination.

Un cœur fendu d’une flèche.

© Laurent BAYART

                                                 25 juin 2024

LA LUMIERE VIENDRA TRACER SA LIGNE DROITE JUSQU’A NOTRE AME…

        La lumière chante la psalmodie du ciel et de ce soleil qui nourrit notre âme de sa présence divine. Le merveilleux et l’enchantement doivent illuminer nos cœurs pour une offrande d’amour perpétuelle. Les anges, tels des oiseaux migrateurs, semblent s’envoler jusqu’à nous dans un tourbillon d’énergie féconde, en folle échappée d’azur, afin d’y planter leur flèche de plume à l’image de clous sur la croix du calvaire. Se Laisser envahir par cette lumière de l’absolu qui vient irriguer nos existences de cette quiétude et de cette magie qui viennent des aurores lointains. 

Ce chemin de croix offre la narration de l’essentiel à celui qui sait lire et déchiffrer les messages du Très-Haut. Nous nous laisserons guider par les signes de l’invisible et les bienfaisants filins d’or des rayons du soleil.

L’être humain est fait pour cette part de mystère qui lui raconte l’essentiel. Que serait-il, sinon qu’un point dans l’infini ?

Puis continuer la route – vaille que vaille – en pressentant cette Présence habitée, comme si, soudain, l’ombre se remplissait d’une luminosité de tabernacle.

Tel un tsunami de lumière qui nous emporterait vers le plus Loin et le plus Haut.

                                             © Laurent BAYART

                                         21 juin 2024

LE JARDIN, UN APPENDICE DU PARADIS…

                                                      A Saint-Fiacre,

          Le jardin est protégé par les saints et autres anges gardiens bienveillants qui veillent sur cet espace de paix et de sérénité. Petit paradis tellurique où règne la félicité de la nature qui est la divinité tutélaire des lieux. Ainsi, parfois, dans le friselis et chuchotement des feuilles de cerisiers et de pommiers qui se frottent ensemble, comme on se savonnerait les mains, on peut percevoir le halètement du labeur d’un saint bêcheur qui travaille, dans l’invisible de l’instant, avec sa bêche comme avec une férule sacrée. 

Je le sens à côté de moi qui besogne la terre comme on affréterait un tabernacle. Là,  s’engrange le trésor des hosties dans le coffret magique d’un ciboire qui est telle une meule de foin recelant le corps du Christ. Métaphore de ce qui deviendra une crèche…

Quelques pèlerins passent nonchalamment sur les sentes imaginaires du potager : Une limace et quelques escargots en déshérence.

Et, miracle des miracles, ils n’ont pas daigné mâchouiller, de leurs microscopiques mandibules, les feuilles de salades…

Le jardin étant protégé par la dive caméra de surveillance de Saint Fiacre, patron des maraîchers et des jardiniers…

Le Très Haut veille sur le Très Bas. Chacun se retrouvant à la croisée des chemins dans la paix de Dieu qui veille sur la terre par l’enchantement des cieux.

                                                               © Laurent BAYART

                                               1 9 juin 2024

LE SEIGNEUR DES ANNEAUX (OLYMPIQUES !).

                                             Avec la complicité de Gustave, photo de Claire-Elise Marques.

          Le baron Pierre de Coubertin ne s’y retrouverait pas dans ce fatras d’anneaux, seigneur comme c’est bien compliqué ! L’important, c’est de participer, oui mais…On s’emmêle les paluches dans cet embrouillamini de couleurs en cercles concentriques qui claquent sur le sol comme le tissu des drapeaux dans le vent, en un patchwork de pays. On joue à la marelle avec l’esprit olympique. La vie représente un ensemble de disciplines sportives dans lesquelles, tout un chacun, doit faire face, à l’image d’un athlète et aller jusqu’au bout de cette longue ligne droite… Ainsi, les enfants se préparent à cette existence qui s’apparente à une course folle où ils tenteront de décrocher une place sur le podium. La vie, telle une compétition, s’apparente à un parcours de combattant où l’on essayera de décrocher sa médaille. 

Celle du bonheur se teinte de la couleur d’or du soleil et du blé.

Vertigineuse compétition qui ne s’arrêtera qu’à l’ultime épreuve. Le butoir de la fin. Ligne d’arrivée de la destinée.

En attendant, l’essentiel n’est pas forcément de gagner et de lever ses bras en forme de V, mais d’être tout simplement heureux dans l’ivresse de courir en duo d’Amour. En équipée sauvage…

L’anneau glissé dans un doigt…Ivresse de s’aimer avec cet annuaire en goguette comme un cachet de la poste faisant foi…

                                                               © Laurent BAYART

                                                17 juin 2024

IVRESSE DES CATHEDRALES.

                 Le ciel est entré dans la cathédrale, comme si la lumière d’un tabernacle géant venait faire glisser une pluie d’étoiles sur sa voûte. Les saints des statues se sont mis à psalmodier des cantiques, tandis que des éperviers, des tourterelles et des pigeons voyageurs ont joué les chorégraphes ailés dans ce lieu habité par l’esprit. On dirait des moines tombés d’un nuage. L’autel semble enchanté par je-ne-sais-quelle lumière divine. Prier c’est chanter dans l’ouate du chuchotement. Les louanges de cette ineffable Présence nous enchantent et émerveillent à chaque instant. J’aime ces lieux habités par Dieu, où les étoiles semblent avoir choisi de s’arrêter et de méditer dans ce cosmos de vitraux et de stalles.

Cathédrale où souffle l’Esprit. Et près de la divine et sainte croix, près de l’autel, un homme agenouillé parle à l’Invisible.

Ses paroles et ses mots sont comme un évangile de sons qu’il distille dans le silence de l’instant.

L’éternité semble s’être arrêtée là.

                                             ©  Laurent Bayart

                                                      14 juin 2024

APERO LITTERAIRE ET MUSICAL AVEC LAURENT BAYART / A LA BIBLIOTHEQUE DE MUNDOLSHEIM, LE SAMEDI 6 JUILLET A 11H.

          Laurent Bayart, écrivain et poète, auteur de plus d’une soixantaine d’ouvrages, dans de nombreuses disciplines de la littérature, proposera une nouvelle lecture musicale autour de ses derniers opus littéraires dans les jardins de la bibliothèque. Il sera accompagné par le chanteur compositeur, Patrice Zolt, comédien et directeur de la compagnie Les lucioles. Ils proposeront une envolée dans l’imaginaire et dans la poésie des rencontres impromptues. L’animation sera suivie d’une rencontre et d’une séance de dédicaces autour d’un verre de l’amitié.

  • Samedi 6 juillet 2024 à 11h dans les jardins de la bibliothèque l’Arbre à lire de Mundolsheim (entrée libre, plateau).

LA VIERGE A L’ENFANT ILLUMINE LE CIEL COMME UN CANDELABRE.

                                                      Sur une photo d’Alain Tigoulet,

           La Vierge Marie illumine le ciel et ses nuages comme un candélabre et un cierge. Bonté et beauté dansent dans le drapé des nuées où Dieu semble veiller dans cette cathédrale à ciel ouvert. Puisse cette Divine Femme apporter la paix et la sérénité autour d’elle, qu’elle soit l’archange portant dans des bras, conque de berceau, l’enfant qui pourra peut-être sauver l’humanité de la folie des hommes ! 

Vierge, donne-nous la tendresse et l’apaisement des mondes invisibles. Les anges nous regardent telles de vivantes statues qui s’impriment dans nos pas d’hommes pressés et belliqueux. Des ombres d’Amour pour réinventer la tendresse des fratries retrouvées.

Le ciel et ses liminaires sont sertis d’étoiles qui sont à l’image de cryptes éclairées dans l’infini du cosmos.

Plus bas, des hommes érigent une croix. Ils ne savent pas encore que même les clous de la charpente vont devenir reliques et sanctuaires sacrés.

Dieu vient d’inventer l’éternité.

                                                               © Laurent BAYART

                                                3 juin 2024

MA TERRE, UNE HIRONDELLE BRUNE QUI VOLE EN RASE MOTTES…

          Sanctuaire comme une chapelle couchée par terre, mon jardin m’enivre et remplit mon âme de cette félicité qui vient des profondeurs du cosmos. A l’instar de ce proverbe chinois qui dit que la vie commence lorsqu’on se met à jardiner…Qui sait ? Labeur et besogne faisant de vos veinules de petites rivières de félicité qui coulent comme les ruisseaux bienfaisants et rafraîchissants de montagne. Cascadelles et rus qui frétillent en pulsation liquide dans le corps. Ivresse de se rafraîchir l’âme en côtoyant ce terreau fertile qui pose sa lumière dans mon corps. Jardin, telle une succursale du paradis où je chante les louanges de la genèse et découvre le bonheur de vivre profondément l’instant qui s’éternise. Le trait d’un sillon chante les graines couchées dans la fécondité du sol. Elles s’impatientent et veulent prendre leur envol vers le ciel.

J’attends l’enchantement de leur levée. Un cordeau de ficelle tendue, tel le fil de l’horizon, trace un trait droit dans le potager.

Ce simple rendez-vous suffit à remplir mon âme de cette joie qui psalmodie en moi sa musique muette. Ma bêche est un stylo qui court sur la page (encore blanche) de mon potager.

Le printemps s’est installé dans mon âme de jardinier.

© Laurent BAYART

                                                 2 juin 2024

S’EMERVEILLER REMPLIT LES YEUX D’ETOILES…

                                     A Camille, sur une photo de son papa.

         Laisse tes yeux apprivoiser l’incommensurable beauté du monde ! Les pépites de merveilles qui viennent poser leurs poussières d’images dans tes yeux éblouis. Tout est enchantement dans cette vie qui déroule sa chorégraphie au fil des saisons, tu l’apprendras chaque jour. L’essentiel est de cultiver ce jardin qu’on appelle la terre et qui t’envoie toutes ces vibrations qui font palpiter ton cœur. Quant aux océans, ce sont d’immenses aquariums où les poissons, pieuvres et poulpes, planctons et autres organismes vivants, dansent le ballet muet des silences aquatiques. Quelques bulles font des circonvolutions et dessinent de sibyllins messages dans cet espace renversé. L’eau est une page sur laquelle des mots à nageoires filent et se faufilent.

Parfois, la baleine d’un verbe passe, provocant un immense remue-ménage qui dérange quelques bernard-l’hermite et incommode une kyrielle de crabes et une floppée d’étoiles de mer.

Le monde est beau, même lorsqu’il se renverse.

                                                               © Laurent BAYART

                                                31 mai 2024

VAPEUR D’ANGE, JE DANSERAI DANS LE LIMON D’UN NUAGE…

          Je danserai dans le limon blanc d’un nuage, mon âme vagabonde transformée en nappe de vapeur viendra s’acoquiner avec quelques oiseaux migrateurs et des hirondelles porte-plumes. Nous serons des étoiles de gaze à dessiner à l’encre blanche sur le papier bleu de l’azur des mots d’amour. Nous laisserons des miettes de traces de craie sur l’ardoise. Le ciel est un paradis dans lequel chaque oiseau chante les louanges de l’horizon. Voler c’est jouer de la musique avec les courants aériens et poser les notes sur le rameau des partitions.

Je t’aime dans le souffle du vent qui enchante chaque instant.

Je me poserai ainsi, furtif et taquin, sur la branche de l’acacia qui se trouve dans mon jardin.

Et regarderai d’un œil amusé le jardinier en face de moi qui ne devinera jamais qui je suis. Seul le chat qui arpente le potager a compris que nos existences se doublent par le jeu des fratries d’étranges connivences.

Quelque part, nous possédons chacun une âme sœur…

La retrouver, c’est poser un petit caillou dans le grand mouchoir de notre âme.

                                                               © Laurent BAYART

                                                31 mai 2024