Tous les articles par Laurent Bayart

LA (SAINTE) DAME QUI REGARDE VERS LA LUMIERE…

Sur une photo de Rémi Picand (la Vierge de la grotte du Val d’Ajol)

        Qui racontera ce chemin de lumière qui nous fait plonger dans le grand bleu du ciel ? Les yeux en offrande et en prière qui escaladent l’invisible échelle installée devant nous. La « dame du rocher », comme le chantait Jean Humenry, pose son regard sur cette ivresse de luminosité qui balance nos âmes dans le vagabondage de l’Amour. Qui dira cet instant précieux qui fait palpiter nos corps et nous fait chavirer de félicité ? Regarder les nuées, c’est offrir un peu d’espérance et d’amour à cette humanité qui a soif de lumière. Qui verra la signature des anges sur l’horizon et sur la canopée des cumulus ?

Cette femme, bénie entre toute les femmes, raconte l’infinie patience des sources, la douce sérénité d’une feuille de chêne et la sagesse d’un scarabée cheminant dans la caillasse.

Chacun regarde, à sa manière, le ciel comme si les nuages devenaient des cantiques poussés par le souffle du vent…Celui de l’Esprit probablement.

Regarder vers la lumière, c’est déjà suspendre le temps. 

On appelle cela tout simplement l’éternité, mais sans le cierge de la majuscule.

                                                 © Laurent BAYART

                                                          13 juillet 2023

LIVRE / L’USAGE DU THE DE LUCIE AZEMA, COMME UN VOYAGE AU GRE DES THEIERES, DES VERRES ET DES SAMOVARS.

          Ce livre, somptueusement original, représente une découverte et un instant de grâce, voire de poésie, tel un voyage en Asie et en Perse pour venir y goutter cet Usage du thé à l’instar de celui du monde de Nicolas Bouvier. Lucie Azema se définit comme une voyageuse au long cours, ayant vécu au Liban, en Inde et en Iran. Outre, l’esthétique de cet ouvrage aux mille effluves avec ces photos sépia où des samovars, des théières et des tasses font de la chorégraphie dans des lieux improbables de la géographie, à l’instar de ce train en Ouzbékistan qui en constitue la couverture. L’autrice de rappeler que le thé est une boisson qui porte en elle une grande partie du récit de notre humanité. Plus loin, de rajouter : Le thé a permis de creuser des chemins de traverse entre les peuples : il porte en lui une grammaire commune à l’humanité.

Ouvrage qui fera même chavirer un aficionado du café dont je suis, c’est dire !  L’eau est l’élément premier du thé. C’est en effet à son contact que la feuille se déploie, qu’elle libère son arôme, son parfum, ses textures… Ivresse de ces pérégrinations en chemin de Compostelle où la coquille des Jacquets serait remplacée par une feuille de thé. Ce livre est un cheminement qui enrichit notre âme de découvertes et de rencontres, ainsi on apprend que : En persan, « voisin(e) » se dit hamsàyeh – ce qui signifie littéralement « celui ou celle qui partage la même ombre ». Dont acte.

Autre expression imagée et surprenante, venue de la langue persane pour exprimer l’idée que quelqu’un est un peu à l’ouest, à côté de la plaque, on dit de cette personne too bâgh nist, ce qui signifie littéralement qu’elle « n’est pas dans le jardin ». 

Voici un livre singulier et magique qui m’a totalement conquis, même si – a priori – ce n’était pas… « ma tasse de thé » !

                                                   © Laurent BAYART

  • L’usage du thé, une histoire sensible du bout du monde de Lucie Azema, Flammarion, 2022.

LIVRE / UN VOYAGE DANS LES JARDINS/ ELOGE DE LA TERRE.

          C’est un petit livre de merveilles, jardin enchanté en paginations de papier, joliment maquetté et achalandé, coquettement présenté à l’instar d’un jardinet. Byung-Chul Han est un Coréen (né en 1959) qui est parti s’expatrier en Allemagne afin d’étudier la philosophie, la littérature et la théologie catholique au pays des Teutons. 

Ainsi, durant trois années, cet auteur atypique s’est consacré à son jardin, près du lac Wannsee, à Berlin. Écrivain, de son expérience et amour de la terre, il en a publié un ouvrage comme on cultive un jardin secret dans lequel il nous avoue que le jardinage a été pour moi une méditation silencieuse. Et tous les « potageurs » se reconnaîtront dans cet opuscule qui constitue une action de grâce, un cantique de louanges à l’adresse de la terre. Depuis que je travaille au jardin, j’ai une autre sensation du temps. Il passe beaucoup plus lentement. Il s’étire. Le livre est émaillé de citations dont de nombreuses sont extraites des œuvres de Friedrich Hölderlin. Ajoutons à cela, de multiples planches d’illustrations de fleurs et de plantes qui confèrent à cet ouvrage des allures de petit livre d’art. Ainsi, on apprend qu’en allemand, les perce-neige portent aussi le nom de « jolies filles de février » et qu’au Sud-Est de la Corée du Sud, à Busan la ville où se déroule le plus célèbre festival de cinéma de l’Extrême-Orient, on trouve une île baptisée « île aux camélias » …/…Le climat de Busan étant très doux, ils fleurissent magnifiquement en plein hiver, au bord de la mer. 

Chaque jour que je passe dans mon jardin est une journée de bonheur. Voilà une confession que pourrait partager tous les adeptes du jardinage ! Et l’auteur de nous rappeler que le mot « humain » est dérivé du mot humus, « la terre ». La terre est notre espace de résonances, celui qui nous rend heureux. Quand nous quittons la terre, le bonheur nous quitte.

                                                                     © Laurent BAYART     

  • Un voyage dans les jardins, Éloge de la terre, de Byung-Chul Han, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Actes Sud, 2023.

DE BRIC ET DE BROC…

        Que sommes-nous donc, que des instants faits de bric et de broc, grande quincaillerie de nos existences qui chantent la romance des hasards perdus dans l’émerveillement ? Objets hétéroclites nous entrainant dans leur improbable ronde dans la poésie des jours passés au gré des poussières du vagabondage. Là, les agendas s’affolent et jouent les antiquaires en y mettant des toiles d’araignée et le liseron de la rouille sur nos articulations. Nos cœurs s’enrayent et s’affolent pour l’arythmie et la tachycardie du temps qui file bien trop vite. Semer la douce poésie des jours qui nous emportent vers l’invisible.

Je t’aime comme on se brinquebale dans une éternité qui n’aurait que l’instant présent pour se conjuguer.

                                                       © Laurent BAYART

                                                   9 juillet 2023

photo de Némorin, alias Erik Vacquier.

AVIS AUX MEDIATHEQUES ET BIBLIOTHEQUES INTERESSEES / TOURNEE DE NOEL 2023.

Nous préparons, avec mes amis musiciens, l’édition 2023 de notre petite tournée de Noël « Accordéons-nous autour de Noël » avec mes amis accordéonistes Jeanine Kreiss et Fabien Christophel. Médiathèques, bibliothèques et autres lieux, n’hésitez pas à me contacter si vous êtes intéressés, comme l’an dernier. Nous préparerons ainsi notre petite tournée de bonne humeur, de convivialité, de chaleur et de spiritualité. Animation gratuite (Plateau).

LAURENT BAYART ECRIT SUR LE DANUBE DANS UNE REVUE ROUMAINE.

Laurent Bayart publie ces jours-ci un texte sur ce fleuve mythique : « Le Danube est une étoile filante qui joue de l’arpège au fil de l’eau et des paysages qu’il traverse » dans cette superbe revue de Galati en Roumanie (située au bord du Danube et à quelques kilomètres du Delta éponyme). Traduit par Carmen Andrei, professeur émérite et traductrice internationale qui publie, elle aussi, un texte de présentation. Magnifique publication qui chante ce fleuve européen qui traverse l’Europe depuis l’Allemagne pour se jeter dans la Mer Noire.

JE ME NOURRIS DE VERDURE A LA REGALADE DANS MON JARDIN…

          C’est une apaisante et relaxante bulle verte qui nourrit mon âme d’oiseau dans mon exubérant jardin vaguement potager…J’aime m’asseoir et nourrir mes pupilles de ses symphonies de feuillages en mille tonalités de verts et de grâce qui me font palpiter. Ivresse de me plonger dans cet océan chlorophylle qui colore ma vie et m’apaise. Là, je sens mon âme s’échapper et venir à la crapahute d’une branche de pommier…Le voilà qu’il se prend pour un merle ou un étourneau ! Quiétude de la seconde qui s’éternise sur l’horloge. Ma fourche-bêche me regarde goguenarde. Quelques papillons se posent sur l’ombrelle du chapeau de mon épouvantail qui n’épouvante décidément personne… Même la limace semble être morte…de rire et se contorsionne comme un scoubidou. Le monde sourit à l’instant. Je suis devenu une libellule et cherche à me poser sur une brindille d’herbe. 

Je m’échappe et me trouve si loin…de moi.

Soudain, un passant me glisse un tonitruant « Bonjour » qui m’extirpe de ma songerie.

Hagard, je reviens sur terre mais dans la verdure de mon jardin intensément potager.

                                                                            © Laurent BAYART

                                                                                    26 juin 2023

LIVRE / « LA VILLE DE PIERRE », SUR FOND DE MER, DE GUO XIAOLU.

                  C’est encore une petite merveille de découverte de littérature asiatique, via la Chine et les (fabuleuses) éditions Picquier, avec « La ville de pierre » de Guo Xiaolu, romancière et réalisatrice chinoise, née en 1973. La narratrice (Jiang Corail rouge) raconte sa jeunesse, lorsqu‘elle habitait à Shitouzhen, la « ville de pierre », petit port de pêche ravagé souvent par les typhons au sud de l’empire du Milieu. Plongée dans des souvenirs éprouvants et dramatiques. 

Les habitants de Shitouzhen, en parlant de partir pêcher en mer, disent « aller mendier en mer » car le retour par les chemins-vagues et les rouleaux démontés n’était pas garanti ! On y côtoie aussi Zhuzi, un fan et aficionado de frisbee qui est un sport naturel qui permet de développer la rapidité de jugement et la maîtrise de soi…La pêche et ses superstitions : Tous les pêcheurs savent qu’on ne doit pas retourner le poisson car un poisson retourné, c’est un navire qui chavire.  Terreur et perversité perpétrées par ce « muet » qui commettra des actes obscènes sur la jeune fille. Écriture introspective et résiliente pour panser ses plaies et repartir de l’avant, avec ce bruit de ressac et ce grand bleu dans lequel vit l’étoile de mer. Celle-ci n’a pas de sentiments, elle a seulement le pouvoir de dévorer la vie et d’engloutir tout ce qui est plus faible qu’elle…Et plus avant : Pourrait-on croire en la regardant que cette adorable créature est capable de tuer et de gober n’importe quoi…

Un ouvrage qui nous entraine dans le courant des souvenirs emportés par la mer et ses typhons de sentiments qui ravagent cœurs et âmes.

                                                       Laurent BAYART

  • La ville de pierre de Guo Xiaolu, traduit du chinois par Claude Payen, Éditions Philippe Picquier, 2004.       

LAURENT BAYART DANS LE NUMERO ESTIVAL DE LA REVUE ALSACIENNE DE LITTERATURE.

Nouvelle participation de Laurent Bayart au numéro 139 de la Revue Alsacienne de Littérature, fondée en 1983. Il publie un texte inédit « Un point final » pour le thème de cette publication « L’inachevé » et publie trois articles sur les ouvrages d’Albert Strickler, Gérard Blua et Nicole Castaldi-Marin.

  • Revue Alsacienne de Littérature, 1er semestre 2023, BP 30210, 67005 Strasbourg Cédex
  • revue.alsacienne@sfr.fr

LAURENT BAYART DANS LES JARDINS D’LA BIB ET DE L’ECOLE D’OBERMODERN.

Laurent Bayart proposera une nouvelle escapade littéraire et musicale autour de son dernier livre/récit « Le monde n’est jamais aussi beau que quand on l’aime ! ». Il amènera avec lui ses emblématiques anges gardiens et bonnes vibrations. Il sera accompagné par l’auteur compositeur et comédien, directeur de la compagnie La Luciole, Patrice Zolt. L’animation sera suivie d’une rencontre et dédicaces sous forme d’Apéro littéraire et musical !

  • samedi 1er juillet à 11h, sous le préau de la cour de l’école élémentaire ou dans le jardin de la bibliothèque municipale d’Obermodern. Entrée libre (plateau).