Laurent Bayart présentera une nouvelle lecture musicale le vendredi 7 octobre prochain, rendez-vous littéraire et musical habituel d’automne à la bibliothèque de Mundolsheim. Il sera accompagné par Louise Deichtmann à la voix et de sa complice accordéoniste Jeanine Kreiss. L’écrivain présentera des extraits de ses derniers ouvrages, ainsi que des pièces inédites écrites pour la circonstance. Venez nombreux pour ce rendez-vous festif et plein de bonne humeur dans cette superbe et lumineuse bibliothèque ! Lecture suivie d’une dédicace.
vendredi 7 octobre 2022 à 20h30, bibliothèque de Mundolsheim, 19, rue du Général De Gaulle, entrée gratuite (plateau). tel. 03 88 20 94 29.
C’est un havre de verdure et de paix, noyé dans une bulle d’oxygène verte, sise (assise comme le bon Saint François !) en cette bonne et belle ville de Beaune, capiteuse et savoureuse telle une dive bouteille de bourgogne. C’est au Couvent des Capucins que Bruno Cortot a décidé de planter son atelier de peintre où la vie bruisse de toute part. Le jardin des moines constitue une miniature de paradis où des ombres bienveillantes offrent la plénitude aux retraités/visiteurs. Dieu s’est pris les pieds dans le tapis et le temps passe comme une éternité fixée dans les coussinets d’un félin. Outre les chats qui déambulent non-chat-lamment, trainent aussi de nombreux volatiles ainsi que des poules, surnommées par le maître des lieux, les « cocottes ». Ce sont ainsi les bonnes âmes du cloître qui cotecodatent joyeusement et gaillardement. Il ne manquerait plus, à ce tableau bucolique (moins la chasse d’eau !), que dis-je cette palette champêtre, que l’auguste mère Poularde, mais celle-ci, sévit du côté du Mont Saint-Michel, à mille lieues de ce couvent…On ne fait pas d’omelettes sans casses d’œufs nous chuchote un merle de passage…colorié – pour la circonstance – en jaune !
Ici, l’art s’épanouit sereinement au fil des saisons, grassouillant et ripaillant gaillardement. Le temps file doucement sans se presser. Il n’a pas (d’arrières) trains à prendre…
Les gallinacés picorent et gloussent dans cette basse-cour en couleurs où les silhouettes des chats-moines cotecodatent allègrement en bure ou en cuculles.
Ils se délectent du spectacle des « cocottes » qui picorent l’herbe et la terre tels en métronomes de ferme. Et, il ne s’agit pas de goulues d’un french cancan endiablé, même si elles portent plumes… et grignotent, en poétesses du poulailler, quelques vers d’anthologie…en faisant tourner les ailes (rognées) de ce moulin rouge imaginaire.
Peut-être que finalement la vie est un vaste puzzle qu’il nous faut reconstituer, pièce par pièce, jusqu’au dernier jour où nous découvrirons enfin l’image…Révélation de tous ces instants passés à s’émerveiller et à savourer l’instant. Les couleurs de notre bonheur et les silhouettes de ceux que nous aimâmes se révéleront à nous dans le dernier acte. Qui sait ? Nous ne savons que si peu de cet ultime, de ce mystère qui se cache derrière les pièces du puzzle.
Qu’importe dans le fond ! L’essentiel étant la multiplicité de ces pièces qui formeront le tableau, figure en couleur que nous laisserons derrière nous avant de partir…
Notre vie est peut-être un puzzle ? Dieu joueur et taquin cache si bien son jeu…
Avant de tout ranger dans la grande boîte…et recommencer ailleurs avec une autre image ?
C’est un ciel de liturgie, un cantique de sérénité qui s’offre à nos yeux. Offrande céleste venant poser son cantique de paix dans notre âme. Jubiler, c’est chanter à tue-tête mais à voix basse…J’aime attendre et entendre l’improbable rendez-vous avec le Mystère qui se cache derrière l’apparence des choses, qu’on nomme le visible. On appelle ça la foi…Cet inexorable et inépuisable aveuglement qui consiste à faire confiance à la parole muette des anges, aux ombres qui déambulent derrière nous, à ces fragments de sensations qui vendangent notre espérance et nous portent vers le plus loin, le plus haut.
Glisser Nos yeux vers le ciel, c’est comme écrire sur un journal.
On y abandonne une trace, celle de cet Amour sans fin qui nous vient dont on ne sait où ? Pour aller se fixer dans l’agenda d’un évangile où pulse notre cœur.
Son battement sourd est tel un tabernacle de lumière dans cette nuit d’encre que l’on imprime sur le papier de nos jours.
La bougie d’une luciole pour éclairer nos prières.
Je serai, vendredi 23 septembre prochain à 20h30, à la bibliothèque de Wangenbourg-Engenthal pour une nouvelle lecture musicale avec mes amis musiciens, Nicolas Meyer à la guitare et Etienne Cremmel à la trompette. Mots en goguette et notes en guinguette. Spectacle littéraire et musical suivi d’une séance de dédicaces.
C’est un jour avec un marque-page glissé dans le calendrier, à mettre une arabesque au Stabilo, à faire chanter l’agenda et s’offrir un peu de mélancolie, de saudade comme disent les Brésiliens. Un jour pour ralentir l’inexorable marche (forcée) du temps qui nous fait glisser vers la grande porte de l’inconnu. Un jour à se dire que l’on s’éloigne, toujours et encore plus, de notre acte de naissance, de ce jour où nous entrâmes au monde par la petite porte des étoiles, celle que nous offrit notre maman…Un jour, hommage à nous-mêmes, à regarder enfin dans les rétroviseurs…et puis repartir de l’avant, car nous n’avons pas le loisir de lambiner. La route nous attend !
Un jour à aimer les improbables rendez-vous de la vie, à se surprendre, encore et toujours, à être debout et jubiler d’avoir la tête dans les nuées et l’âme en quête d’absolu.
S’offrir un petit texte comme on s’ouvrirait une bonne bouteille de champagne ou de crémant. Des bulles qui pétillent dans la syntaxe de l’écriture.
Un jour pas comme les autres, déjà passé, déjà plus loin, déjà dans les albums du souvenir.
Un jour ordinaire, celui du lendemain qui nous surprend à continuer la marche sur la grande sente dont on ne connaît ni l’issue, ni le temps qu’il nous reste à pérégriner. La destination nous sera offerte par la suite…
Bonheur de l’instant à déguster telle une seconde qui n’aurait pas de fin. Ivresse de ne pas savoir si l’on apercevra la borne du jour suivant. Mais, avec un soleil/tournesol cousu dans le cœur, tel le sextant du navigateur pour aller nous plonger dans les terra incognita de l’océan du cosmos.
Invité par l’association l’Ivresse des beaux vers (et non pas verre, encore que !) de Mady Vernay et Bruno Cortot, dans le lieu magique et magnifique de l’Atelier du Cloître à Beaune et dans le cadre des « Apéroésies » de la ville de Beaune, Laurent Bayart proposera une lecture dans ce cadre prestigieux, suivie d’une séance de dédicaces et du vers (non du verre !) de l’amitié.
le samedi 17 septembre à 17h, Atelier du Cloître, 31, rue du Faubourg Saint-Martin, 21200 Beaune (entrée libre).
Aux matines, lorsque je j’ouvre et rabats les persiennes/volets de mes paupières, la lumière du jour (ou plutôt de cette luciole de luminosité qu’est l’aube) vient éblouir mes pupilles. Je chavire de bonheur de me retrouver dans ce petit jour qui ne dit pas encore son nom. Le soleil n’étant qu’une esquisse, une ébauche d’un dessin de Léonard de Vinci, une roue qui tourne doucement sur la ligne d’horizon. Quelques grains de poussières de lampes de chevet…
Mes yeux s’extasient et jubilent de cette beauté qui glisse dans l’instant. Regard qui s’envole au-delà de ma fenêtre vers l’indicible.
Ma rétine est un petit soleil, telle une planète minuscule fichée dans la voie lactée de mes yeux.
Ce cosmos qui me nourrit en images fabuleuses. Mon livre et cabinets des merveilleuses, chambre noire des curiosités où le monde pose ses couleurs en moi, chaque matin.
Mes yeux sur lesquels j’écris le monde que je vois…
Dans ce ciel à l’ivresse bleutée, je cherche le chemin des étoiles pour y poser la tendresse de l’instant. Contempler le ciel, c’est prier avec les yeux dans le chuchotement de nos pupilles émerveillées. L’azur est un drapeau qui nappe les nuées d’un paysage sans fin. J’y cherche l’étoile du Berger, un coquillage de lune, un confetti de soleil et quelques novae égarées sur le tapis du ciel. Une croix se lève comme un tournesol dans ce champ de lapis-lazuli. Comme un autel sur la nef d’une église, une colombe joue les tabernacles de paix sur l’horizon.
J’aime regarder l’infini sur les territoires du ciel. Là-bas, la ligne d’un avion trace un petit trait. Dieu est-il en train d’écrire avec les ailes de ce papillon à réacteur ?
Quand donc arriverons-nous à déchiffrer tous ces messages que l’on nous adresse ?
Le ciel est une Bible ouverte sur les cantiques de l’invisible.
Nous avons tant besoin de retrouver les chemins de l’essentiel.
Luvsandorj Ulziitugs est une poétesse contemporaine mongole au nom quasiment imprononçable pour les Occidentaux. J’ai été séduit par la couverture (Solen Zaya Demars) et l’originalité de cette proposition de lecture qui nous fait découvrir un panel de nouvelles. « Aquarium » est un véritable best-seller en Mongolie. Héritière d’une civilisation nomade qui transmet son patrimoine à travers l’oralité, Ulziitugs est convaincue que l’esprit de la littérature mongole est né avec les chansons traditionnelles de son peuple, et que, pour comprendre l’âme de la poésie mongole, il faut avant tout écouter et comprendre ces créations orales…Pour elle, la mort est simplement la limite du visible et une merveille au même titre que la vie. Nous sommes, évidemment, à mille lieues de la conception occidentale ! Écriture, à l’instar de ce territoire sans limite, de cette femme qui a réussi à garder son cœur intact en parlant aux nuages, au soleil et aux étoiles.
Littérature, parfois à la Kafka, avec cette nouvelle où la narratrice se retrouve plongée dans son…aquarium : au début étroit et froid, je commençais peut-être à m’y habituer…Réalité ou cauchemar, comme en un écran, elle y perçoit les étranges infidélités de son époux. Les images restées sur les lunettes sont une petite merveille de trouvailles littéraires, car en essuyant ses bésicles, les images disparaissent par enchantement ! Dans Elle et lui, je pioche ce petit extrait savoureux : Sa mère avait l’habitude de lui laver les cheveux avec de l’eau de pluie quand il était petit. Tout le monde savait chez lui que l’eau de pluie rendait les cheveux doux et soyeux comme ceux des filles. Grossesse nous entraine à nouveau dans une certaine forme d’absurde où la femme se retrouve enceinte avec des marques sur le corps. Tout cela finira en queue de poisson…L’explication finale permettra au mari jaloux et dubitatif de se rassurer quelque peu…
Ces nouvelles de Mongolie sont de petites pépites qui nous offrent cette poésie de territoire des confins. Une belle ivresse de lecture et une généreuses originalité !