Archives de catégorie : Blog-Notes

DIS, TU T’ES ENVOLEE CHRISTIANE ? / HOMMAGE A CHRISTIANE MEISS ( 1937-2019)

couverture du livre « Ivresse du vagabondage » de Laurent Bayart, avec des aquarelles et une préface de Christiane Meiss.


Coucou, Christiane ! Alors, comme ça tu as pris la poudre d’escampette dans la nuit du 23 mai dernier ? L’ami poète Claude Diringer vient de me le faire savoir…Ainsi, la cage de la grande volière s’est ouverte pour que tu puisses prendre ton envol. Ah, quelle tristesse dans mon cœur et dans mon âme ! Tu fus une aquarelliste et peintre remarquable. Tu aimais croquer la nature, ses petits insectes, belettes, blaireaux, furets et autres confrères à coussinets, oiseaux multicolores et papillons en palette que tu déposais sur tes toiles, à l’instar d’une enfant qui colle ses images sur son cahier d’écolière. Tu fus une poétesse et écrivain(e) qui savait mettre de la tendresse dans son œuvre comme dans sa vie. Et çà, c’est si rare en ces temps d’apothicaire du verbe et de la parole.

J’aimais ta simplicité, ta douce naïveté, ta gentillesse intrinsèque. Petite femme fluette mais majuscule de cœur et grande dame à l’âme éblouissante. J’avais eu le bonheur de te côtoyer à la Société des Ecrivains d’Alsace et de Lorraine et de te voir parfois dans ton nid-repère à Cernay, au pied des montagnes vosgiennes. Nous échangions avec bonheur comme on croque des noisettes. Nous avions les mêmes connivences : l’amour des gens qui ne trichent et ne calculent jamais. Nous étions du même sang.

Christiane, ce matin, je suis blessé mais je sais que tu as pris ton envol dans le ciel (dont tu aimais tant ses messagers : les oiseaux). 

Je te savais déjà un peu absente depuis quelque temps, là tu t’es carrément échappée…

En général, en pareille circonstance, on dit Adieu…Moi, j’ai simplement envie de te dire Au revoir ! 

L’azur est vaste mais nous nous croiserons certainement à nouveau. Les gens de plume emportent toujours un peu de ciel sous leurs ailes. Leurs rêves d’espace n’en sont que plus beaux.

                                                                            @ Laurent BAYART

                                                                               28 mai 2019


LIVRE / IRAN/ LE LONG SILENCE DE LA VOIX CACHEE

         Ce livre iranien pourrait être un film présenté au Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, si toutefois un réalisateur prenait l’envie de s’emparer de cette narration. Parinoush Saniee, sociologue et psychologue iranien, censuré dans son pays, avait déjà publié un best-seller Le voile de Téhéran (que je m’empresserai de découvrir !). Aujourd’hui, La voix cachée nous raconte la vie muette de Shahaab, jeune garçon qui s’enfonce dans le monde d’un incompréhensible silence. Aimé par sa mère, il est pris pour un débile par son père et l’entourage. Ce livre raconte, sous l’angle de plusieurs narrateurs, le chemin escarpé de ce garçon qui a presque quatre ans et il ne parle pas encore. Pourtant sa sœur de dix-huit mois est un vrai moulin à paroles. Ainsi, se forment les différences et autres préférences…

La ligne de fracture se creuse entre sa famille et lui. A sa manière, il jettera quelques cailloux dans le ruisseau, manière d’alerter son entourage… aveugle. La vérité, en boomerang, remettra chacun à sa place et sera parfois cruelle et révélatrice : Pendant toutes ces années, tu as su parler, mais tu ne l’as pas fait parce que tu étais fâché contre eux. Ils ont cru que tu étais idiot et ils t’ont traité comme un retardé…

Ce livre raconte aussi la société iranienne contemporaine, les rapports familiaux et sociétaux avec le poids des associations islamiques rétrogrades : Ceux qui ne croient pas en Dieu et au prophète Mahomet ont des enfants retardés. Merveille d’ouvrage que l’on dévore, avec cette belle photo en couverture, très explicite et…parlante, signée Mohamad Itani.

                                                                        @ Laurent BAYART

La voix cachée, roman, de Parinoush Saniee, Robert Laffont, 2017.

BILLET D’HUMEUR / ACTE 71/ LA LISEUSE DE LA BIB

bibliothèque l’Arbre à lire de Mundolsheim


Elle porte son livre à l’image d’une tasse de thé. Le tient bien droit, ne plonge pas dans sa lecture mais le regarde presque avec délicatesse et affectation. La « liseuse » de la bibliothèque me semble bien originale avec son livre jaune dans les mains. Elle a un rien snob dans sa posture de lecture, une manière distinguée de tenir son bouquin, tel un objet précieux et rare. Ses gommettes fichées sur la silhouette de sa robe (ou de son manteau) lui dessinent de curieux boutons de nacre, façon accordéon. Est-elle dans la bibliothèque ou se trouve t’elle dans la cour, où tout simplement, entre deux eaux, dans le no man’s land de la vitre ? Les lumières – qui se reflètent -allumées au fil des rayonnages lui font comme un abat-jour ou une table de chevet. Pour peu, on l’entendrait presque toussoter ou tourner les pages de son livre, avec délicatesse et distinction. 

Et lorsque je la croise, en cherchant un livre dans les étagères, elle ne lève jamais les yeux vers moi, tellement absorbée par sa lecture. 

La « liseuse » de la bib est une jolie statue en papier plastifié qui lit dans le silence de son imaginaire.

                                                              @ Laurent Bayart

                                                              15 mai 2019                                                   bibliothèque l’Arbre à lire de Mundolsheim

LIVRE / LE DANUBE A CONTRE-COURANT ET EN CHAMBRE A AIR.

Cet ouvrage, signé Emmanuel Ruben, est peut-être le meilleur que j’ai lu dans le genre de la bourlingue cycliste. Il est tout simplement somptueux par la qualité de l’écriture, de la narration et par cette ébullition d’érudition  géographique et historique qu’il nous distille au fil du Danube (qui n’est pas forcément bleu, bien au contraire !), sans pour autant nous tartiner de références. 

Seul le titre reste sobre, Sur la route du Danube raconte les déambulations en cale-pieds de deux assoiffés de rencontres, réalisées en été 2016 en quarante-huit jours, partis d’Odessa en Ukraine (Ou-Kraïna, le pays des confins)jusqu’à Strasbourg, en passant par les sources du Danube, soit 4.000 kilomètres parcourus, une dizaine de pays traversés et plus de 600 pages sur une fine pellicule cyclable comme du papier cigarette !  Il suffit de trouver le tempo, comme le stipule Vlad, son alter ego : Si tu trouves le bon rythme../..tu deviens invisible, insaisissable, rien ne peut t’arrêter, une sorte de transe intérieure te gagne…Beaucoup d’humour et une analyse pertinente de la geste cycliste : Interrogez-les (les vélocipédistes modernes) sur leurs plus grandes frayeurs. Tous vous répondront : Non, ce que nous craignons le plus ce sont les chiens errants…Voyage dans l’absolu et l’essentiel de nos existences, via cette Europe qui raconte, au fil du fleuve, le pédigrée de son histoire : Descendre un fleuve, c’est aller vers la mort. « Nos vies sont des fleuves qui vont se jeter dans la mer qu’est la mort ». C’est pour échapper à cette mer inéluctable que nous avons entrepris ce voyage à rebrousse-poil. Une mort qu’il ne sera pas, toutefois, facile d’éviter, car la mère de Vlad se trouvant, gavée de chimio, attend le retour de son cavalier en monture carbone dans cette chambre d’hôpital où coule encore le petit filet de vie, comme un peu d’eau du Danube…

Ainsi, on se laisse emporter par cette poésie distillée par l’acide lactique et l’endorphine : …la bicyclette est un instrument de pur lyrisme, les plus belles phrases nous viennent souvent en pédalant, le vélo fait chanter les paysages…Nos navigateurs à rayons nous distillant, au gré de leur périple,  quelques réflexions philosophiques : La vie nomade est un enchantement de tous les instants, car c’est une vie réglée sur la rotation terrestre, loin de ce bonheur rangé dans un armoire d’un monde occidental où les sandwiches puent le plastoc…

Quelle merveilleuse circumnavigation dans cette véritable Europe où les deux nautoniers à bicyclette furent guidés par une géographique de l’instinct car à vélo, on ne fait qu’esquisser, on n’appuie jamais comme un marcheur, on glisse au fil du paysage…à l’image de l’eau limoneuse et féconde du Danube.

@ Laurent BAYART

* Sur la route du Danube d’Emmanuel Ruben, éditions Rivages, 2019.

BILLET D’HUMEUR / ACTE 70 / VIVRE LIVRE


J’aime vivrelivre, liberté de feuilleter des ouvrages, de les effeuiller, de fouiller/fouiner entre les rayonnages des bibliothèques. Le froissement des pages et leur douce sensualité cellulosique me rend fou. J’adore ces moments d’ivresse où les mots jonglent allègrement dans mon esprit. La trame des récits s’articule déjà dans ma tête, un peu à l’image d’une odyssée en technicolor, lorsque je regarde la quatrième de couverture de tel ou tel bouquin. J’affectionne ces mots propices au vagabondage de la pensée. Bulle d’oxygène ou d’encre qui éclate à la surface de l’onde et laisse échapper le grand tohu-bohu de la narration, la circonvolution des personnages, la beauté des décors et des paysages…L’histoire se rédige sous mes yeux de lecteur/spectateur. Mon œil est un peu cette caméra qui filme quelques scènes. J’assiste à cette projection qui me transporte dans un autre univers.

Le livre me rend ivre de cette folle ébriété que suscite la création et de cet imaginaire débridé qui fait bouger les pages à l’instar de pellicules de films. Multiplicité des images qui se mettent à danser. Vibrations en petites cases de couleur.

Les rayons de la bibliothèque regorgent d’histoires qui sont prêtes à dérouler leur liturgie. Chaque auteur, sur la tranche du livre, semble m’interpeler, m’appeler…Je ne sais vraiment plus où donner de la tête !

Les mains pleines d’ouvrages en brassée de fleurs alphabétiques. Je ne peux résister à cette profusion de sollicitations. J’ai faim de toute cette littérature. Dévoration de mots que j’ai hâte d’ingurgiter et de gober. Boulimie pantagruélique. Mon Appétit est insatiable en incessant miam miamde feuillets. Le chiffre des pages est un indice calorifique.

Ma table de chevet représente une tour de Babel ou un mini Manhattan. Tour de Pise, parfois, qui penche dangereusement…

Mon marque-page se régale déjà de poser sa règle en papier entre les lignes et les chapitres.  

Mes pupilles brillent déjà comme des assiettes en porcelaine qui attendent leur festin.

@ Laurent BAYART

                                                                                           

LIVRE / UN VELO CONTRE LA BARBARIE NAZIE – L’INCROYABLE DESTIN DU CHAMPION GINO BARTALI.

Gino Bartali (1914-2000) est surtout connu pour avoir été un grand champion cycliste italien. Le tourbillon des chiffres est éloquent : durant sa carrière, le coureur cycliste a parcouru 700.000 kilomètres, disputé 988 compétitions et remporté 184 victoires, entre 1934 et 1954. Gino a gagné le Tour de France en 1938 et en 1948, 3 fois le Giro et de nombreux autres tours et classiques, mais son nom figure aussi et surtout au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, en tant que « Juste parmi les nations » pour avoir, durant la deuxième guerre mondiale, sauvé 800 Juifs de la barbarie nazie…

Gino le Pieux, comme on le surnommait à cause de sa foi inébranlable, a parcouru aussi des centaines de kilomètres entre Florence et Assise, transportant, caché dans le cadre de son vélo (enlevant selle et tige afin de les remplir de documents), des faux papiers d’identité nécessaires pour sauver de nombreux juifs cachés dans des couvents. Ainsi, le champion, d’une grande humanité, a pédalé entre Florence (sa ville natale) et Assise, la ville de Saint-François, au péril de sa propre vie.

Modeste et humble, durant toute son existence, il ne fera jamais référence à ses actes d’héroïsme et de bravoure.

Ce livre raconte que Gino Bartali ne fut pas seulement un grand champion cycliste mais un homme d’une très grande humanité, un exemple et un modèle pour tout un chacun. Grâce à lui, le monde a été un peu plus beau durant cette effroyable période de sauvagerie…

                                                                            @ Laurent BAYART

Un vélo contre la barbarie nazie, l’incroyable destin du champion Gino Bartali, préface de Marek Halter, éditions Armand Colin, 2018.

CYCLISME / C’EST LE TOUR DE JULIAN ALAPHILIPPE !


Voilà qu’il nous arrive enfin un peu de fantaisie, de fraîcheur et de talent dans un cyclisme bien  terne et stéréotypé. C’est vrai que nous avions déjà l’inénarrable Peter Sagan mais, nous pouvons enfin pousser sur notre bicyclette un tonitruant cocorico !Julian Alaphilippe est en train de péter l’écran et de faire fondre le goudron des routes ! Voilà que ce coureur français de la Quick-Step réalise une fabuleuse entame de saison avec ses victoires dans la Strade bianche et dans Milan San Remo, sans compter les quelques étapes gagnées lors du Tour de Colombia, de la Tirreno-Adriatico et du Tour de San Juan et de sa seconde place lors de la Flèche Brabançonne…Excusez du peu, mais les bras m’en tombent ! Tandis que lui,  il n’arrête plus de les lever !

Né dans le Cher, à Saint-Amand-Montrond, la ville où est imprimée la majeure partie des publications hexagonales, apprenti-mécanicien à l’adolescence, le papa de Julian Alaphilippe était musicien et à même assuré la première partie d’un concert de Johnny Hallyday. Chef d’orchestre et organisateur de bals musettes dans le pays ! D’ailleurs, on raconte que le fiston possède un vrai sens de la scène. Il a joué de la batterie, comme son père. Plus loin, on apprend qu’il compte trois ans de conservatoire. Là aussi, les professeurs l’ont trouvé doué et avaient de grandes ambitions pour lui mais le solfège l’a soûlé…*

Et le voilà aujourd’hui sur son vélo, à faire de l’arpège avec ses roues profilées, réalisant des acrobaties sur sa selle, faisant le pitre en envoyant de belles bouffées d’oxygène dans les tympans assourdissants des oreillettes ! Loin des métronomes et des calculettes moulineuses que sont les Froome et autres confères. Tristounets forçats de la route.

Et voilà que l’on se prend à rêver ! Depuis 1985 et le grand et inoxydable Bernard Hinault, on voudrait bien un peu de cambouis français sur le palmarès du Tour de France ! Et pourquoi pas, un fantaisiste orpailleur de dérailleur pour dézinguer un peu un peloton bien ankylosé et enkysté ? Julian Alaphilippe pourrait bien être le magicien, en chambre à air, que l’on attendait…

Vélo Magazine, mars 2019, page 31.

                                                                            @ Laurent BAYART

ARTS PLASTIQUES / IARINA ANDREI, LA PEINTURE SOUS TOUS LES TABLEAUX.


Un nouveau petit focus sur notre filleule roumaine Iarina Andréi, jeune artiste de (désormais)18 ans passés, dont nous avions déjà salué les surprenantes et talentueuses productions artistiques. Elle poursuit et même persévère sur son chemin qui l’a destine à une très probable carrière artistique. Son imaginaire et la justesse de son trait lui offrent de belles perspectives d’avenir dans la création tous azimuts. Aujourd’hui, Elle nous gâte et régale avec cette litho gravure intitulée «  Bite me ! » autrement dit « Mords moi ! ». Sûr que nous sommes déjà mordus en découvrant une telle précocité dans le domaine des Arts Plastiques !

LIVRE / « UNE FORET DE LAINE ET D’ACIER » OU L’ORFEVRERIE DU MONDE DES ACCORDEURS DE PIANO.

C’est une petite orfèvrerie d’ouvrage que celui publié par l’auteure japonaise Natsu Miyashita « Une forêt d’acier et de laine », Prix des Libraires en 2016 dans son pays. Original, quant au sujet traité, ce livre nous entraîne dans le monde inconnu des accordeurs de piano, métier tout en finesse et en précision, un peu comme l’horlogerie. On se souvient que le célèbre skipper Olivier de Kerkauson, arpenteur des mers, se définissait lui-même comme un accordeur de piano ou plutôt d’océans, dans son récit « Océan’s song». Comme quoi…

Miyashita ouvre le grand capot du piano pour nous faire entrer dans les rouages de cet instrument singulier, source de passion et de raffinement musical. J’allais soulever le couvercle d’un des pianos pour en examiner l’intérieur. Quatre-vingt-huit touches, correspondant chacune à trois cordes métalliques, tendues bien droit, que venaient frapper des marteaux en forme de boutons de magnolia. Voilà, tout est dit ou plutôt écrit concernant cet espace harmonieux destiné à faire glisser nos doigts sur les touches…D’ailleurs, n’est-il pas précisé que le nombre de constellations, quatre-vingt-huit. C’est aussi le nombre de touches sur un piano…Plus loin, Tomura, jeune accordeur disciple du maître Itadori,  nous confiera : Si le piano était capable, miraculeusement, de faire ressortir la beauté tapie dans l’ombre pour me la rendre audible, alors j’acceptais volontiers de m’en faire le serviteur. 

Cet opus littéraire, traduit par Mathilde Tamae-Bouhon, se révèle être passionnant et nous fait découvrir que, pour que cet instrument de précision puisse offrir ses meilleures notes au talent de ses concertistes, il faut veiller  à l’hygrométrie de la pièce, la hauteur du tabouret, la légèreté des touches et caetera.

A lire ce livre, pianissimo, bien sûr !

                                                                                 @ Laurent BAYART

Une forêt de laine et d’acier de Natsu Miyashita, éditions Stock, la cosmopolite, 2018.

LIVRE / LE COUREUR CYCLISTE FACON HARALAMBON.


C’est un nectar de petit livre cycliste, façon analyse et décorticage de la geste cycliste, venant d’un ancien coureur professionnel, modeste compétiteur mais philosophe, voire écrivain à l’écriture qui sait merveilleusement décrypter et raconter le quotidien ainsi que l’épopée du vélocipédiste contemporain.

Olivier Haralambon narre avec une maestria étonnante cette vie de sportif de haut niveau où il parvient à faire chanter les muscles atrophiés, à jouer du violoncelle avec les gouttes de sueur de ces «brutes épaisses » qui ne sont finalement que de fins stradivarius montés sur des vélos et qui s’en vont vers les sommets des concertos de l’exploit.  En fait, je le répète, vous ne voyez rien. Vous les croyez des brutes, ils sont délicats comme des danseuses, plus subtils que bien des écrivains. 

Pépites d’écriture qui raviront les adeptes de la petite reine et qui se retrouveront dans l’alchimie des douleurs et des courses cyclistes : On s’étonne de leurs silhouettes juchées sur l’incertitude de ces roues fines. Parlant de la pratique du dopage, quasiment inévitable si l’on veut aller très loin, il la justifie en précisant qu’ils ne pèchent le plus souvent « que par un trop ardent désir de s’unir à Dieu ». Rajoutant, pertinemment, que les coureurs les plus mal payés ne se dopent pas moins que les plus riches…

Difficile de résister à la poésie de cette écriture rédigée par un «forçat de la route » qui sait de quoi il parle car il mouline tout en écrivant, au cœur du peloton, avec le cambouis de son encre.

                                                                                @ Laurent BAYART

Le coureur et son ombre de Olivier Haralambon, Premier Parallèle, 2017.