Sur une photo de Némorin,
Ce n’est pas vraiment le silence car, à écouter de près dans les connivences de l’air, on peut y percevoir comme d’étranges chuchotements en psalmodie de silence. Nos oreilles ressentent le mouvement de minuscules vibrations, des ondes qui fourmillent de mille vies. Sont-ce des étoiles en errance, poissons de lumière, pris dans les rets du rideau de la fenêtre grande ouverte ? Invisible présence d’un fantôme qui se serait glissé dans le tulle de ce voile ?
Nous ne connaissons si peu de choses des palpitations et des mouvements de ces ineffables présences qui racontent les mondes disparus et pourtant si proches…
Je sens le tissu bouger à l’image d’une divine chorégraphie.
Est-ce le fait d’une brise ou d’un vent coulis espiègle qui viendrait animer la marionnette en tirant sur les fils ?
Derrière le rideau, un Dieu, Éole peut-être, se sent pousser des ailes ?
Un ange passe et me laisse un message, sur le post-it d’une plume.
© Laurent BAYART
31 janvier 2024










