Le monde est affligeant par la barbarie quotidienne qui ne cesse de surgir et ressurgir au gré de l’info et des médias. On n’arrête plus d’obscurcir et de réduire notre espace. Flot d’hémoglobine et de dépêches affolantes où l’homme – dans ce qu’il a de plus obscur et primaire – tient la tête d’affiche…rouge. Plus rien ne nous est épargné. Reste la liturgie des Jeux Olympiques pour quelques heures encore, et le nième gnangnan style de la rentrée des classes à filmer des mamans écumant les supermarchés à la recherche des affaires scolaires…liste en mains.
Et pendant ce temps-là, les jeunes – portables en goguette – sont à la quête des mythiques Pokémon qui envahissent les lieux publics. Jeu virtuel d’une certaine forme d’abandon du réel et de décadence alors que peut-être, jamais l’humanité n’avait à nouveau effleuré l’effroyable monstruosité du chaos.
Monde de l’absurde – un rien pathétique – dans lequel, d’un côté, l’on découvre cet enfant dénommé Omrane, petit syrien, rescapé miraculeux de bombardements et de l’autre – quelques milliers de kilomètres plus loin – des jeunes hypnotisés par leurs portables, partant à la chasse aux dinosaures virtuelles du multimédia.
Allez comprendre quelque chose à cet étrange algorithme où l’être humain perd, peu à peu, le sens du réel et son alphabet. Le glissement est conséquent. Revenir à la surface, après cette apnée, sera douloureux et compliqué. Car l’humanité, pendant ce temps-là – ne cesse de nous appeler au secours. Nous n’entendons plus ses cris.
Ah, vivement que l’homme redevienne tout simplement…humain !
Sinon, il est fort probable qu’un effroyable Pokémon nous engloutisse à jamais. Clash de fin. Game over.
Laurent BAYART










