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BILLET D’HUMEUR /ACTE 5 / LEVER DE RIDEAU AU JARDIN

Etait-elle vraiment endormie ? En tout cas, cela fait plusieurs semaines que la terre et ses surgeons explosent –silencieusement- en mille couleurs dans un théâtre en plein-air d’une douceur surprenante.

La bêche du jardinier a repris sa chorégraphie. Les oiseaux lancent leurs trilles devant des oreilles en feuilles de salade qui écoutent la mélodie de ces (bons) becs musicaux. Les lombrics –enfants hyperactifs- se tortillent de nervosité devant ces concertos. Ils n’ont pas trop l’oreille musicale…

Jardinier-cycliste-poète (trouvez le bon ordre), je reste constamment émerveillé devant l’enchantement de ce monde. Parfois, les bassons mécaniques d’une tondeuse jouent les Figaro sur une chevelure drue et verte. L’herbe (et la mauvaise) pousse aussi pendant ce temps-là.

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Le torse à l’air, je reprends du service. Retrouve la saine et douce énergie tellurique qui m’apaise. Ecrire, c’est comme jardiner : on sème des mots sur une feuille de papier, en l’occurrence un carré de terre, et l’on ne sait pas trop ce qu’il va en advenir. Le soleil, la pluie ou le froid aura raison de ces travaux d’écriture.

Car on ignore finalement ce que donnera la courgette, le haricot ou le choux fleur d’une jolie phrase. Il suffit d’une limace, d’une chenille ou d’une taupe pour que l’œuvre passe à la trappe.

Des trous dans la terre ou sur les feuilles, comme le poinçon des points qui mettent un terme à toute narration.

                                                                                                                   Laurent BAYART

* photo d’Annaëlle Desplanches.

RENCONTRE A MITTELHAUSBERGEN/ coups du sort et de foudre.

« Mes liaisons cérébrales », témoignage de Bertrand Charpilloz (Editions 7 écrit, chez l’auteur : 28, rue Gounod, 67000 Strasbourg)

 Parfois (et même souvent !), le hasard fait magistralement bien les choses. Ainsi, lors du Salon du Livre de Mittelhausbergen, le dimanche après-midi du 23 mars où j’ai dédicacé mes ouvrages, mon stand se trouvait (parmi les 74 auteurs présents) à côté de celui de Bertrand Charpilloz.

M’étant installé, intrigué je commençais à feuilleter le livre « Mes liaisons cérébrales » (un titre très original) de cet écrivain-auteur compositeur  et musicien dont j’ignorais tout : Bertrand Charpilloz.

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En un instant, le choc : Conseiller en entreprises, il est victime d’un Accident Vasculaire Cérébral (suite à une rupture d’angiome) qui le plonge dans un coma de 14 jours. Il se réveille…./…après une trépanation, amputé d’une partie de son cerveau, hémiplégique et aphasique . Secoué, je revivais en un instant l’histoire de Claire-Elise, ma fille (« Claire des sources ou le chemin étranglé ») qui nous avait ébranlés, voici quelques années.

Tout de suite, le courant passe avec cet homme affable, généreux, sourire lumineux et charmeur. Décès du père d’un cancer foudroyant à 49 ans et de sa sœur, dans le crash du Mont Saint-Odile, le jour de son anniversaire…et puis, son propre destin fracassé par un accident cérébral. Avec la lucidité de la distance, une pointe d’humour et beaucoup d’humanité, il raconte son passage dans la noirceur du désastre, puis sa lente remontée vers la lumière. Réussite sociale et beau gosse qui joue parfois à « tournez manège » avec les femmes. Divorce, séparations, rencontres amoureuses, déménagements multiples et autres « désaffections »…et puis, la foudre qui tombe, la vie qui bascule dans la précarité de l’instant. Pantin désarticulé. L’homme devient une marionnette aux ficelles rognées. Et il y avait tes yeux, mon chéri, ils avaient changé de couleur, ils étaient gris comme la cendre, je te voyais mourir à petit feu…lui confie une de ses fidèles piétas restée à son chevet. Le temps soudain se solidifie et le corps traîne son poids d’enclume.

Son histoire est ainsi truffée d’actes d’amour et d’une inébranlable foi en la vie qui lui permettra de traverser les flammes. Et puis, plus tard, coup de foudre (d’amour, cette fois-ci !) dans le tram. Trois stations pour sceller un destin avant que les portes s’en-trouvent… Drôle de vie, drôle de tram…Belle destinée que celle qui ne lâche jamais rien et qui ne désespère pas.

Et puis, pour terminer notre conversation, au beau milieu du tohu-bohu de ce salon du livre, le visage éclairé par un spot de bonheur, il me montre sur son portable une vidéo de sa fille, chanteuse à Londres. –Elle a été distinguée comme « jeune talent » de l’année 2012 ! me confie-t-il avec l’allégresse d’un père qui a su transmettre sa passion pour la musique, même si parfois les cordes d’une guitare peuvent sauter…La mélodie de l’existence n’en est que plus belle et harmonieuse !

                                                                                                                      Laurent BAYART

  • Bertrand.charpilloz@gmail.com
  • A noter sa conférence débat « AVC, Parlons en ! », le jeudi 10 avril à 20h au Centre « Les Bateliers », 3, rue Ernest Munch (à côté de l’église Saint-Guillaume) à Strasbourg.

BILLET D’HUMEUR / ACTE 4 THEATRE / EPIK HOTEL /UNE COMPAGNIE QUI N’EST PAS AVARE DE TALENT !

Je ne résiste pas à la (bonne) tentation de vous signaler la jeune compagnie strasbourgeoise, franco-allemande, « EPIK HOTEL » qui créé en ce moment « L’Avare : un portrait de famille en ce début de 3ème millénaire » de Peterlicht, (jeune auteur et musicien originaire de Cologne) d’après Molière, mis en scène par Catherine Umbdenstock. Elle avait déjà présenté, l’an dernier, un remarquable « Dom Juan » en langue allemande sous-titré en français.

On retrouve dans cette version déjantée et musicale de « L’avare », les personnages du texte classique mais quant au reste, la dramaturgie a été réinventée et investie par ces six jeunes comédiens brillants, à l’incroyable énergie. Si on retrouve Harpagon, c’est dans le rôle du père qui veille (toujours) sur la cassette de son argent et plan épargne retraite face à des enfants –en mal de « consommables » – qui squattent leur existence. Satire d’une société de la « thune » où chacun remplit son caddie et rêve d’écumer les grandes surfaces et les boutiques de luxe. Méfiance du pater devant ce déferlement –genre « Big Bazar » punk qui réclame l’héritage en viager… Difficile de lâcher la cassette à blé !  « Pas de révolte en vue. C’est la tragique histoire d’une jeunesse occidentale, engluée dans l’attente de pouvoir consommer » nous explique le metteur en scène.

Je vous recommande (si vous habitez en Alsace) d’aller voir ce spectacle où l’on reste pantois devant la performance des comédiens (plusieurs « tirades » magistrales ! et une évocation des « femen » -mais avec soutiens gorges s’il vous plaît…), un jeu décapant (quelques longueurs parfois), une mise en espace, des décors et un jeu pertinents. Lumières et vidéos bien adaptées et des chansons, extraites du hit-parade des années quatre-vingt, qui finissent par emballer le tout et surtout le spectateur… Bravo à cette fougueuse et insolente jeunesse qui brûle les planches et laisse en amas de cendres, l’infâme cassette d’Harpagon, le trader aux doigts crochus.

                                                                                                                      Laurent BAYART

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 Calendrier de diffusion du spectacle /du 11 au 15 mars à20h30 au taps Scala de Strasbourg. Jeudi 20 mars à 20h30 au Relais culturel de Wissembourg  – 03 88 94 11 13 Mercredi 26 mars à 20h30 au Relais culturel régional Pierre Schielé de Thann – 03 89 37 92 52 Vendredi 28 mars à 20h30 au Relais culturel de Haguenau – 03 88 73 30 54 Festival Théâtre en Mai CDN Théâtre-Dijon-Bourgogne les 25-26-27 mai 2014 à Dijon/Festival Scènes d’Automne en Alsace les 14 et 15 novembre 2014 à la Filature, Scène Nationale de Mulhouse

Contacts /Marion Schmitt, chargée de production

EPIK HOTEL

http://www.epik-hotel.com

https://www.facebook.com/EpikHotel

Mobile : 06 15 78 70 41

OLIVIER LARIZZA OU LES RAYONS ENSOLEILLES DE LA LITTERATURE.

Olivier Larizza est un écrivain inclassable, liberté qui lui permet d’aller un peu partout où bon lui semble et de vous donner un rendez-vous là où on ne l’attend pas forcément. Super ! Ce surdoué de la littérature, né en 1975, est professeur de faculté, titulaire d’une thèse de doctorat sur l’écrivain irlandais Charles Robert et membre de recherches en langues et littératures européennes. Rien que ça ! Il partage sa vie entre l’Alsace et la Martinique, prenant le meilleur (le climat ?) de chaque territoire.

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Il a publié une vingtaine d’ouvrages dans des domaines variés : littérature jeunesse avec des contes, fables, essais, récits, romans, biographies…traduits dans une dizaine de langues. Tout cela chez des éditeurs de renom comme Actes Sud, Flammarion, Anne Carrière, Nathan ou Buchet-Chastel. Ses recueils de contes connaissent un indéniable succès en France. Parmi ses derniers opus, il convient de signaler, « La cathédrale » (ouvrage qui a fait un « tabac » dans les pays slaves),  un essai sur le livre numérique « La querelle des livres » et tout récemment une réédition de son récit « Le Tour de France dans tous ses états ! » car le bonhomme est passionné de cyclisme et de vélo…

Et c’est là –probablement sur une piste cyclable – que son paletot jaune s’est enchevêtré dans les rayons de ma roue qui fusait sur le même goudron cendré. Résultat, Olivier a rédigé deux préfaces pour mes livres: « Voyage en chambre à air » et « Un Tour deux roues », chroniques du Tour de France. Il va publier un nouveau prologue pour ma prochaine parution qui sera consacrée à la Grande Boucle et se trouvera, en compagnie de son compère, sur la route du Tour qui fera escale, cet été, à Mulhouse. Une pièce de théâtre écrite par Olivier sera peut-être mise en scène à cette occasion. Olivier a décidément plus d’un tour dans son sac ou plutôt dans sa musette !

A noter aussi que le Tour passera –exceptionnellement- le vendredi 27 juin à 20h à la bibliothèque de Mundolsheim où je dédicacerai mon livre en sa compagnie.

 

 

SYLVIANE BERNARDINI, SCULPTRICE DANS LES DENTELLES DE L’ART

Ces nymphes sont gainées des plus voluptueux atours : guêpières, corsets, jarretelles, bas de soie…de quoi damner quelques draperies de saints ! Formes qui attisent toutes les flammes. L’incendie s’installe dans les pupilles…voilà un extrait d’un texte que j’ai écrit à l’occasion du vernissage d’une exposition des sculptures de Sylviane Bernardini (« Les corps Enbijoutés » à la Galerie Peirani).

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Ses œuvres sont d’une pureté et d’une beauté éclatante. Emerveillement et enchantement du grain de la peau, culte du sensuel et du corps de la femme, volupté qui incendie la raison (Il  y a  le feu en la demeure !). Cette plasticienne (le terme « plastique » se révèle être tout à fait approprié) est une esthéticienne de l’art qui peaufine ses pièces maîtresses dédiées à l’érotisme.

Ainsi, déambule-t-on au gré de ses thématiques : lingerie féminine, bijoux, les « presqu’nues », les drapées, les couples, les déesses…Le visiteur de ce musée imaginaire jubile et s’extasie devant ces corps qui sont voués à la religion de l’harmonie, des formes et de cette douce sérénité des moments d’éternité. Elégant et fin statuaire où l’homme est un démiurge –ma foi- bien gâté…

Taille de guêpe détouré

N’hésitez pas à noter sur votre agenda, le vernissage de l’exposition qui aura lieu à la bibliothèque de Mundolsheim, le vendredi 10 octobre 2014 à 20h30, précédé d’une lecture musicale avec la comédienne Catherine Javaloyès et le guitariste jazz Nicolas Meyer.

BILLET D’HUMEUR / ACTE 3 / DEJA EN PISTE…CYCLABLE

L’hiver inexistant a fait que les fourmis n’ont pas arrêté de titiller les jambes de l’écrivain-cycliste. Température clémente, absence de neige, pas la moindre trace de « sucre candi » de verglas sur la piste cyclable… Bref, le poète s’est régalé durant les mois de janvier et février, enfilant les kilomètres (déjà mille cinq cents !) comme les perles d’un chapelet qui devrait s’allonger jusqu’au mois de décembre.

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Solitude du goudron et noirceur des matinées hivernales. Le poète en « chambre à air » roule et glisse en laissant s’égrainer le fil de ses pensées. Des tas de textes et projets, des idées foisonnent au gré du grincement du pédalier. Parfois, une luminosité dans la nuit. Confrère cycliste égaré dans l’improbable no man’s land de cette piste noire. Le temps de s’extraire de sa torpeur pour se saluer furtivement, chacun continue vers la ligne droite de son destin.

Arrivé aux abords du Wacken, le jour se lève timidement, quelques silhouettes apparaissent comme des rendez-vous oubliés. La piscine à ma gauche et  le Rhénus, avec le parc des expositions, à ma droite, plus avant la jonction de l’Ill sauvage avec le canal de la Marne au Rhin.

Je m’en vais au travail. Il me reste encore une dizaine de kilomètres à écrire ou plutôt à parcourir… Autant de petits bonheurs quotidiens que je note dans le calepin imaginaire de ma mémoire. La route est belle et croyez-moi si vous le voulez, j’ai croisé une cigogne ce matin. Même nos échassiers ne sont pas partis pour les pays chauds. C’est dire !

                                                                                                                      Laurent BAYART

FABIEN CHRISTOPHEL OU LES BRETELLES ENCHANTEES

Petit jet de lumière sur un compère musicien qui m’accompagne depuis de nombreuses années au fil des lectures musicales dans les bibliothèques et autres lieux. Avec son accordéon, Fabien Christophel enchante le public et les mots du poète se glissent, comme des gondoles sur le Grand Canal de Venise, au gré des notes soufflées en bouton de nacre. Elégance musicale, sens de l’improvisation inné, ses doigts dansent sur le clavier et tout cela semble si facile en le regardant…Il nous égaie, tantôt avec des airs de Stevie Wonder, Michel Fugain et, au détour d’un accord, nous réinvente une Marseillaise un peu jazzy…

FABIEN GLORIETTE

Compositeur émérite, il a déjà enregistré un compact-disque salué pour son indéniable qualité artistique. Pédagogue il éclaire les jeunes vocations pour de futures envolées musicales. Directeur de l’Ecole de Musique de l’Ensemble d’Accordéons de Strasbourg, il ne ménage ni son temps, ni son énergie pour transmettre son expérience musicale et sa passion à ses jeunes élèves.

Pour l’écrivain-conteur que je suis, c’est un véritable bonheur d’être accompagné par Fabien. D’ailleurs, si l’envie vous prend, vous pouvez –d’ores et déjà – noter sur votre agenda la lecture musicale que nous réaliserons le samedi 29 mars prochain (à 12h) au « Magic Mirrors » d’Illkirch-Graffenstaden, lors de l’édition 2014 du « Printemps des Bretelles ». Si Fabien sera bien en bretelles, votre serviteur poète lui sera doté, comme d’habitude, de sa bonne vieille ceinture…!

 

 

INTERIEUR/NUIT AU FESTIVAL INTERNATIONAL DES CINEMAS D’ASIE DE VESOUL

« Huit jours dans le noir » pourrait être le titre d’un long métrage,  un peu polar ou drame psycho, c’est la condition dans laquelle nous étions « projetés » lors de cette 20ème édition du festival des Cinémas d’Asie de Vesoul qui vient de se terminer. Une centaine de films et documentaires présentés et, d’ores et déjà, un record battu celui de l’affluence : plus de 30.000 spectateurs…

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 Je ne reviens pas sur le palmarès que chacun appréciera selon sa propre sensibilité. Là n’est peut-être pas l’essentiel. Comme je l’ai souligné dans ces colonnes, nous qui n’allons jamais au cinéma durant l’année, avons savouré ces quelques 33 films découverts durant ces six jours. Déconnexion complète et immersion totale. Films japonais, chinois, iraniens, coréens, philippins…Grâce soit rendu à Martine et Jean-Marc Thérouanne, les fondateurs et responsables de ce festival (Ne pas oublier que « fête » est la racine étymologique de ce mot …) ainsi qu’aux nombreux bénévoles qui ont apporté une indéniable chaleur, un désir de rencontres, une convivialité que l’on ne perçoit plus de nos jours dans de tels événements.

 Soirée familiale et « bon enfant » à la « Bambouseraie », véritable QG, centre névralgique, où le pouls du festival bat son plein en pulsations d’intenses émotions : repas fraternels, bonne humeur où l’on trinque à califourchon entre continents et méridiens,  tablées de banquet où, à l’instar d’un mariage, les jeux et autres « quizz » rapprochent les êtres humains. Ainsi, mon épouse fut – l’espace d’un instant – le binôme du jeune et talentueux réalisateur de « Again » de Kanaï Tunichi et Emilie et Thibaud furent – quant à eux- les  avenants et attentifs « cicérones » du célèbre réalisateur philippin Brillante Mendoza qui côtoie –excusez du peu- les grands d’Hollywood…Surprenant festival où le nœud  papillon est moins important –somme toute- qu’une amicale bourrade ou poignée de main où l’on peut communiquer son enthousiasme à ces princes de la caméra. Passion partagée au diapason de l’autre.

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Oui, j’ai adoré ces instants qui nous rappellent que l’Art n’est rien s’il ne raconte des histoires singulières et ne rapproche les existences. Et cette fête-là ressemble bien à un petit moment d’éternité, glissé comme un marque-page, dans le grand brouhaha du quotidien. 

FRANCOIS-MARIE EMILE BOUCHER OU IL ETAIT UNE FOI…

Petit focus sur quelqu’un de particulier et de totalement atypique : le père François-Marie Emile Boucher qui est aujourd’hui recteur de la Basilique Saint-Pierre Fourier en Lorraine. Je le connus voici plus de trente ans qui débarqua chez moi à Strasbourg. Vagabond inspiré, la foi chevillée en lui et déjà les mots, en vers rimés, qui coulaient de sa bouche comme des paraboles.

EGLISE CATHOLIQUE DES VOSGES – DIOCESE DE SAINT DIE – LITURGIE – MESSE CHRISMALE – HUILES SAINTES. Saint-Dié 3 avril 2012.
Durant la messe chrismale, l’évêque consacre le saint-chrème et bénit les autres huiles saintes devant les prêtres, les diacres et les fidèles.
PHOTO Alexandre MARCHI.

Jeune étudiant à l’époque, il publia quelques ouvrages dont « Haltes sur le chemin » devenu un bréviaire du voyage, une manière de rencontrer l’autre, tout au long d’une route sur laquelle il ne cessait de dresser le pouce de l’auto-stop. Beaucoup s’arrêtèrent pour confesser leurs (parfois surprenantes !) existences. Déjà le goût du partage et l’amour de l’autre, cette merveilleuse curiosité que plus personne n’éprouve aujourd’hui pour son prochain…

 Un petit clin d’œil donc à cet ami de très longue date, poète « marial » qui, lors de ses sermons dominicaux dans la basilique de Mattaincourt (Ca ne s’invente pas ! C’est un lève-tôt, vous l’aurez compris…) parsème ses prêches de savoureux jeux de mots, dont il a le secret.  Tabernacle de la contrepèterie et du verbe, ses brebis devant aux aurores, déjà se creuser les méninges. La poésie est une foi qui se décline en vers et…pour tous (et non pas « contre ») !

CHRISTIANE MEISS OU LE CULTE DE LA BEAUTE ET DU RE-ENCHANTEMENT DU MONDE

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Ancienne présidente de la société des écrivains d’Alsace et de Lorraine, elle fait partie de la gente des « plumitifs » inspirés. Elle a publié ainsi de nombreux ouvrages de poésie, des nouvelles et des récits, tels que « Sève ardente », souvenirs d’un garde-forestier, « Les rendez-vous de la clairière », un merveilleux récit poétique dédié à son fils disparu et « Réminiscence », recueil de contes et de nouvelles.

Mais Christiane Meiss est aussi une amoureuse de la nature, en extase devant ce monde si maltraité, inlassable observatrice des forêts qu’elle arpente et de ces merveilleuses petites bêtes qui nous entourent et que plus personne ne voit. Artiste-aquarelliste, elle réinvente le monde, le ré-enchante à sa manière, c’est-à-dire de façon tendre, poétique et joliment naïve. Blaireaux, belettes et furets défilent ainsi comme les mésanges et hirondelles qui tracent des v dans un ciel pastel éblouissant.

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Christiane a gardé son âme d’enfant et sa capacité (rare aujourd’hui !) de s’émerveiller devant la beauté qu’elle admire chaque jour avec son compagnon écrivain Fernand, dans leur petite maison- nid douillet- de Cernay dans le Haut-Rhin.

Elle avait réalisé la préface, ainsi que les aquarelles, de mon livre « Ivresse du vagabondage ». Vagabonde elle-même et ivre de cette nature qui nous permet chaque jour de nous ressourcer et d’avancer dans ce monde qui ne tolère que le tohu-bohu et le vacarme. Christiane baguenaude avec une marguerite entre les dents et des cerises accrochées en guise de pendants d’oreilles, accompagnée par une musaraigne espiègle et un écureuil pas banquier pour un sou !