« DES NOTES ET DES MOTS EN GOGUETTE »/ APERO LITTERAIRE ET MUSICAL AVEC LAURENT BAYART A LA BIBLIOTHEQUE DE DIEMERINGEN, LE SAMEDI 25 MAI 2024 A 11H.

(photo Nicoletta Oustric)

L’écrivain et poète Laurent Bayart proposera une échappée littéraire et musicale à la bibliothèque municipale de Diemeringen. En compagnie du virtuose de l’accordéon et de l’orfèvre du clavier, Fabien Christophel. Ils vous offriront un moment de bonne humeur, de convivialité et de joyeuses pérégrinations dans les paysages des mots et de la musique. L’auteur, qui a publié plus d’une soixantaine d’ouvrages dans de nombreux domaines de la littérature, mettra en voix et en notes quelques extraits de ses opus littéraires surprenants, cocasses et poétiques.

Cette nouvelle animation littéraire et musicale sera suivie du verre de l’amitié, d’une rencontre et d’une dédicace autour de ses ouvrages.

Entrée gratuite (plateau).

  • Samedi 25 mai 2024 à 11h à la bibliothèque municipale de Diemeringen.

MARCHER DANS LES PAS (FECONDS) D’UN ENFANT…

                                            A Gustave qui m’accompagne sur la sente. (Photo Marie Bayart)

         Nous glissons sur le chemin plus que nous ne marchons. Dans la connivence des rencontres partagées de la forêt. Côte à côte, pas à pas, chaque foulée nous rapproche et nous raconte la sente forestière. Les années qui nous séparent ne sont que des parenthèses, de simples minuscules… L’essentiel est dans cette complicité de la seconde qui passe. La forêt chante et enchante les pérégrins qui cheminent. Petit garçon, tu émerveilles ma route et m’offres ta main, comme une canne de hêtre…Tout autour de nous des petits cerfs-volants papillonnent pour nous donner une aubade de printemps dans l’air bleuté. Bouffée de lumière au creux de cette cathédrale à ciel ouvert.

 Il fait déjà chaud, en ces derniers jours d’avril, pour celui qui marche et illumine le layon bordé de fougères et de quelques ruisselets. Autour de nous, les arbres sont des candélabres verts qui produisent de vivifiantes bulles de savon en milliards de particules d’oxygène. Les oiseaux poussent leurs trilles comme des petits chanteurs à la croix de bois. Chorale improvisée des clairières où jouent les hautbois et les violoncelles des chênes et des pins sylvestres.

Le bonheur, c’est de cheminer en ces instants échappés à la fuite du temps.

S’arrêter et prendre quelques miettes d’éternité, comme les coquillages du chemin de Compostelle, et s’imaginer pèlerins sans destination.

Mais avec quelqu’Un, tout au bout, pour nous attendre.

                                                               © Laurent BAYART

                                                30 avril 2024

ROULEAU DE PRINTEMPS A MUNDOLSHEIM.

                                     Sur une photo de Jean-Marc Diebold,

         Sous l’œil éclairé de la nef/timon de l’église protestante, s’ébroue dans les champs un guilleret rouleau de printemps faisant fi de son foin. Il ne s’agit pas là d’un délicieux mets de la gastronomie chinoise, mais tout simplement d’une roue qui fait du surplace sur cette route dorée à l’instar des cyclistes/pistards sur le parquet en bois des vélodromes. 

A la bordure verte de cette drôle de piste veille une brigade d’épis de maïs comme d’altiers gendarmes, pandores végétaux prêts à « flasher » cette meule ou plutôt balle de fourrage pour un hypothétique excès de vitesse. Les carnets sont rangés dans les gousses de la maréchaussée. 

Précieuses céréales compressées qui constitueront le plantureux déjeuner des ballerines des prés que sont les vaches…

Meuh en forme de meules qu’elles transformeront en bonbonnes de lait. 

Pis, elles reprendront la piste en faisant rouler cette roue de la fortune.

Les jeux sont faits dans les champs qui font figure de voie lactée !

                                                               © Laurent BAYART

                                                28 avril 2024

LUMIERES DANS LA NUIT OU IL ETAIT(est) UNE FOI…

                                                Sur une photo d’Alain Tigoulet,

         Les chandelles sont des petits bouts d’âmes, lumignons de clarté qui brûlent dans la nuit de ces petits feux grégeois qui illuminent nos existences. Fétus d’étoiles comme de mini sanctuaires qui éclairent ce chemin de Compostelle parsemé d’épreuves. Autels de luminosité qui nous accompagnent tels des anges gardiens bienveillants. Je psalmodie une prière dans l’étole du silence. Je prie comme on chante un cantique dans la liturgie des instants échappés à la fuite du temps.

Je sens le souffle d’une présence.

Dieu est un silence qui chuchote dans nos oreilles.

C’est tous les jours un enchantement que de vivre au diapason de sa Lumière.

                                                      © Laurent BAYART

                                          22 avril 2024

PAUSE REPOS SUR UN BANC AU BORD DE LA ROUTE.

                                             Sur une photo de René Roesch,

         La route n’est belle que par les haltes qu’elle propose aux pérégrins/marcheurs. Un banc reposoir offre sa literie de pierre aux passants en besoin de pause. Poser son sac puis étendre ses jambes ankylosées aux muscles tendus et endoloris par les kilomètres égrenés. Ôter les petits cailloux fichés dans ses godasses et admirer l’horizon en se faisant caresser l’épiderme par l’ardeur chaude des rayons du soleil. Profiter du parasol tendu des branches de l’arbre qui offre son ombrelle bienfaitrice aux marcheurs. Le temps s’arrête langoureusement au bord de cette route. Le monde est si beau lorsqu’on prend le temps de le savourer. S’asseoir et surseoir à cette longue et interminable marche qui nous emmène vers où ? Compostelle en coquillages de chemins ? A moins que ce pèlerin égaré ne sache plus à quelle cathédrale confier son cheminement. Chemins de croix sans calvaire ? Plus loin, un Christ semble indiquer la sente : son doigt dirigé vers le ciel est une aubade à la foi. Croire que l’on n’est jamais arrivé à destination. Métaphore de la vie.

Et puis, reprendre sa longue marche et laisser derrière soi ce siège en grès rose des Vosges.

La cathédrale de Strasbourg serait-elle devenue Saint Jacques de Compostelle ?

                                                               © Laurent BAYART

                                                14 avril 2024

MUNDOLSHEIM SUR KOCHERSBERG.

                                             Sur une photo d’Abdellali  Baladia,

          La nuit tombe langoureusement dans la magie du soleil qui s’éteint et se retire doucement. Les luminaires du village vont s’allumer, avec les étoiles qui jouent, beaucoup plus haut, de la harpe dans les nuées. Mundolsheim est une île flottante, havre de lumière, installé sur les terres fécondes du Kochersberg où l’or du lœss fertile nourrit cette glèbe, si riche et si généreuse, qui fait des paysans des musiciens jouant sur l’horizon avec le stradivarius de leurs tracteurs agricoles. Image de paix et de béatitude qui offre à l’âme un réceptacle de sérénité. Ivresse de vivre au ralenti et de ressentir les pulsations du monde. J’aime ces moments vagabonds échappés de cette course folle au temps et de son chronomètre nerveux pour aller s’installer dans l’éphémère éternité de l’instant.

Là, le temps s’arrête, tandis que le violoncelle et le tambourin de l’église protestante martèlent l’heure.

Dieu, métronome de l’espace, se délecte et prend son temps à Mundolsheim…

                                                                    © Laurent BAYART

                                                                           6 avril 2024

MON SANCTUAIRE.

                                                         A Brigitte et Rémi Picand,

          Dans tes allées enchantées, les oiseaux, mésanges, pies, merles et autres rouges-gorges, sont des cierges à plumes qui viennent illuminer mes journées. Hosties de lumière en offrande qui caressent le duvet de mon épiderme. Les étoiles semblent s’être accrochées, telles des guirlandes et des boules de Noël, sur les branches des pommiers, noisetiers et pruniers. Je vis en connivence et bonne intelligence avec quelques âmes errantes qui viennent veiller à cette terre. Elle est devenue un sanctuaire pour moi. 

Je sens ses vibrations telluriques venues de l’absolu des mondes, situé entre le cosmos et les abysses du magma. Je suis un confetti égaré sur cette croûte féconde où chante l’ivresse des rencontres. 

Et lorsqu’un passant s’arrête, comme un pérégrin qui cheminerait sur la route de Compostelle, je suis éclairé par sa lumière qui s’égrène en moi et distille ses ondes bienfaitrices jusqu’à mon esprit.

Mon jardin est un sanctuaire dans lequel je me ressource chaque jour.

Et y recharge à l’infini mes batteries, via le fil invisible qui s’en va, guilleret, jusqu’à mon âme.

Et Dieu vient psalmodier quelques paroles à mes oreilles, cantique de la jubilation, comme on sème quelques semences sur la nappe du ciel.

                                                               © Laurent BAYART

                                                                        4 avril 2024

GLISSER LA POESIE ET LA FANTAISIE DE QUELQUES POISSONS EN PAPIER SUR LE MUR D’UN DOS.

Sur une photo d’Emilie Bayart, le dos de Thibaud avec la complicité de Jules et Camille…

         Réinventer la fantaisie, la poésie de l’impromptu et la surprise de voir son dos pris pour un petit panonceau/dazibao où quelques poissons colorés, en papier, confectionnés par les mains innocentes d’enfants se prennent dans les filets d’une échine de victime bien consentante…J’aime ces instants de liberté où l’esprit vagabond redevient espiègle et où l’adulte se glisse dans la peau d’un gamin…comme s’il lui prenait l’envie d’écraser à nouveau ses doigts sur une sonnette !

Poème en écailles d’un premier jour d’avril qui annonce un printemps taquin.

Besoin de retrouver la légèreté d’une vie qui n’est finalement qu’une bulle de joie égarée dans le cosmos.

Quelque part dans l’immense constellation du poisson.

                                                               © Laurent BAYART

                                                1er avril 2024

UNE PETITE BOULE D’OR EN PLUS SUR LE GRAND BOULIER ARITHMETIQUE DE LA VIE.

A toi, Véronique.

          Le temps nous entraîne dans son maelström qu’on le veuille ou non, il nous bouscule, chahute, tourneboule mais nous enchante aussi, au gré de cette ronde folle de la vie. Je t’aime encore et toujours comme à nos premières étreintes de notes et autres rendez-vous. La partition continue à distiller sa tendre musique toujours en nous… N’est-ce pas l’essentiel ? Les instants ont glissé contre vents et marées, houles et soleil, ressacs et tempêtes, mer d’huile et rouleaux de vagues déferlantes. A deux, telle une conjugaison qui se déclinerait par tous les temps…Aimer, le seul verbe qui restera dans notre grammaire et autre vocabulaire. 

C’était hier que nous avons lié nos existences sur ce banc de la Place de la République à Strasbourg. Toi, fluette infirmière et moi jeune agent de la Préfecture.

Depuis le temps s’est arrêté. Notre rendez-vous s’est fixé à jamais dans l’agenda des jours qui passent. Ce banc est devenu un sanctuaire…

Ensemble nous avons suspendu les secondes pour y poser des paillettes d’or. Nous étions loin d’imaginer alors le chemin que nous allions prendre…Notre Compostelle amoureux.

Et sur ce banc, je t’attends toujours et encore, et te retrouve chaque jour.

© Laurent BAYART

                                                                                 27 mars 2024

Ecrivain/Poète