Archives de catégorie : Blog-Notes

BIBLIOTHEQUE A CIEL (PRESQUE) OUVERT…

        Au détour d’une petite escapade en Dordogne dans le pittoresque village médiéval d’Issigeac, situé dans la région des bastides, voilà que l’on découvre une improbable boîte à livres monumental, fichée sous une espèce de vastes halles bien « charpentées». Une bibliothèque copieusement garnie incite à la douce maraude de la lecture avec un incroyable panel d’ouvrages en tous genres qui attisent l’envie de lire et attisent la flamme de la passion du livre. Nous feuilletons allègrement et gaillardement cette ripaille de bouquins dont la palette s’avère riche et colorée, allant de Ruth Rendell, en passant par des albums photos et des livres d’art, jusqu’à Rika ZairaÏ sur l’art de se soigner avec les plantes ! C’est dire…

Nous sommes à mille lieues du livre électronique…Quel superbe initiative que de proposer ces volumes aux villageois, aux touristes, aux badauds et aux passants…et quelle gigantesque boîte à livres !

Lorsque surgit dont-on-ne-sait-où la « bibliothécaire », femme dynamique à la fleur de l’âge, de surcroît passionnée, qui nous « achalande » et nous propose quelques vieilles « nouveautés ».

Et, telle une elfe, la voilà qu’elle s’éclipse et rentre dans sa lampe d’Aladin…en regagnant le roman picaresque dont elle s’est extirpée un instant pour nous accueillir.

Inutile d’imaginer l’extraordinaire lorsqu’il surgit soudain dans une bibliothèque à ciel ouvert située dans un village…de papier !

                                                       © Laurent BAYART

                                                          13 octobre 2022

LIVRE / LES DELICES DE TOKYO OU ET SI L’ESSENTIEL SE SITUAIT DANS LA GOURMANDISE D’UNE PATISSERIE ?

          Les Dorayaki, ça vous parle ? Ce sont tout simplement de délicieuses pâtisseries japonaises réalisées avec de la pâte de haricot. Ce livre intitulé « Les délices de Tokyo » en parle avec tendresse et gourmandise. Ouvrage de Durian Sukegawa qui avait été adapté pour le cinéma par Naomi Kawase, primé à Cannes, constituant une sublime et délicate ode à la cuisine et à la vie. J’avais eu le bonheur de voir ce film lors d’une édition du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, un régal pour les yeux et un cantique de plénitude et de beauté.

Histoire de cette vieille dame Tokue, aux doigts mystérieusement déformés (maladie de Hansen) qui « écoute la voie des haricots » et se fera embaucher dans sa boutique par Sentarô qu’elle considère un peu comme son fils…

L’attitude adoptée par Tokue envers les haricots était étrange. Elle approchait son visage des azuki. Tout près. Exactement comme si elle envoyait des ondes à chaque grain.  Et plus loin : Les oiseaux qui viennent au Tenshôen, les insectes, les arbres, les plantes, les fleurs. Le vent, la pluie et la lumière. La lune. Tous possèdent leurs propres mots, j’en suis convaincue…Outre cette très belle histoire entre un jeune homme et une vieille dame qui transporte ses secrets avec elle, il y a cette liturgie de l’ineffable et de l’invisible qui enchantent nos existences et ce culte de l’écoute à l’adresse de chaque choses, aliments ou petits organismes qui en fait un livre initiatique et magique, une grande symphonie de lumière et d’amour.

                                                                                 Laurent BAYART

  • Les délices de Tokyo, roman, de Durian Sukegawa, Albin Michel, 2016.

LE FLAMENCO DE FILS QUI PENDENT OU SONATES DE L’ESSENTIEL.

                                             Dans une chambre de Hautepierre,

         

De fil en aiguille, ils pendouillent dans l’errance d’une chambre comme s’ils voulaient nous chuchoter leurs doutes. Les fils véhiculent et transportent une sorte de vie, quelques cathédrales de lumière et d’électricité. Bouteilles jetées à la mer. Qui donc déchiffrera le message laissé dans ses fibres, dans l’infinitésimale des immunoglobulines hospitalières ? La vie flue dans l’instant précieux qui s’écoule dans l’enchantement des miracles qui transcendent nos cathéters. Vivre constitue une musique qui joue sa sonate à chaque seconde dans nos veines et nos artères. Écrivain, il nous faudrait de longues et intenses intraveineuses de mots pour sublimer l’écriture qui nous accompagne depuis si longtemps.

Et si Dieu, se trouvait en embuscade à la fin de ce fil d’or ? Cordon téléphonique où sa voix résonne dans le tabernacle et l’entrelac de tous ces lacets qui forment des labyrinthes pour parvenir jusqu’à lui.

Tirer le bon filin et y percevoir quelques sourdes vibrations tout au bout…. C’était le bon fil celui qui nous relie à l’essentiel.

Il fallait tout simplement y croire pour que notre rendez-vous prenne la forme d’une rencontre avec Dieu. 

Nos existences, décidément, ne tiennent qu’à un fil…

                                                              © Laurent BAYART

                                             7 octobre 2022

LA FABULEUSE PROFUSION ARTISTIQUE DE IARINA MARIA ANDREI.

Un grand bravo et beaucoup d’admiration pour notre filleule roumaine Iarina Maria Andrei qui travaille actuellement en Angleterre dans une Université d’Arts Plastiques et Design en Angleterre où elle s’exerce et apprend avec maestria. Elle vient de nous envoyer quelques unes de ses oeuvres dont cette magnifique gravure que vous pouvez admirer sur cette page. Iarina réalise des maquettes de pochettes de disques, tee-shirt, objets divers, poteries, ustensiles et couvertures de livres…La justesse de son trait lui offre de belles perspectives d’avenir. Aujourd’hui, elle nous gâte et régale avec ses créations et les objets qu’elle conçoit. Elle expose même quelques unes de ses oeuvres dans la vitrine d’une banque anglaise ! Magistrale. Mille félicitations à elle pour cette fabuleuse profusion artistique. Gageons que l’on reparlera d’elle encore plus tard. Il y a de nouvelles étoiles qui dessinent leur avenir dans le ciel…L’Art est une véritable voie lactée dans laquelle Iarina pose sa palette en mille couleurs pour y créer sa propre planète.

iarina.andrei@gmail.com

IL FAUDRA S’OUVRIR AUX PORTES POUR VOYAGER AU-DELA DES MURS…

          La vie serait-elle une affaire de portes que l’on doit ouvrir pour s’en aller au-delà de cette épaisse ligne d’horizon que constituent les murs qui nous font face ? Est-ce que cela vaut la pêne de faire couiner une serrure et sa clef pour s’en aller fuir vers les lointains ? Les portes sont des étoiles glissées sur les cloisons de nos maisons ou de nos appartements. L’espace/temps s’y trouve derrière à l’image d’une caverne d’Ali Baba. Il nous appartient de les franchir afin de s’en aller vagabonder dans le cosmos. Qu’y a-t-il derrière ce rideau rigide qui nous protège des voleurs de courants d’air ? Seul le Grand Maçon en connaît tous les secrets et les rouages. L’Architecte de l’absolu a bien fait les choses !

Un jour, nous partirons en claquant la porte et sans nous retourner. Il ne s’agira pas d’un voyage ou d’une simple échappée. Dernier vagabondage et ultime envolée. Les cimetières sont des allées où traînent toutes les portes abandonnées…

Nos corps de lumière se déplaceront par les gouttières de l’invisible. Où vont donc nos voix quand le grand silence vient épaissir l’atmosphère ?

Les anges, tels des elfes ou des fées, seront nos porte-plumes pour nous faire passer de l’autre-côté des apparences. Là où d’autres portes nous attendent patiemment, car nous sommes – sans le savoir – nous-mêmes, des clefs…qui avons perdu le trousseau de notre corps.

                                                                © Laurent BAYART

                                                2 octobre 2022

J’AIME LES VOYAGES QUI COMMENCENT A S’ECRIRE SUR MON CAHIER/JOURNAL.

photo de Marie Bayart

                                                               Avec la complicité de Jules,

                  J’aime imaginer un voyage sur les lignes méridiennes de mon cahier, comme un journal de bord, en diariste à tricoter sur le quotidien, avec le compas des aiguilles, tel un journalier du verbe. Les voyages sont des poèmes que l’on écrit avec ses valises ou son sac à dos. Les pays sont des adjectifs colorés qui nous entraînent dans leur vocabulaire qu’on appelle des langues. Exotisme tout en aquarelles des drapeaux qui claquent leurs oriflammes sur ce qui restent des postes-frontières. Leurs mots ? Des syllabes, voyelles et consonnes en partance vers un exotisme en tour de Babel. Voyager, c’est rédiger des phrases sur son imaginaire en quête de rencontres et de « dépaysement », Qui voudrait dire « s’extirper et sortir d’un pays » ? Abandonner, quelques miettes d’instants, son paillasson et s’éloigner de la quiétude de son jardin pour jouer de la bossa-nova sur des cartes.

Mon cahier à spirales devient une mappemonde ou nappe-monde qui s’étire devant moi pour des agapes de l’absolu en gastronomie de territoires.

Reste à m’enivrer et à me régaler de ce « voyage » dont on ne revient jamais indemne, dit-on.

Demain, ma maison sera encore plus belle pour accueillir cet étranger/sédentaire devenu voyageur que je serai devenu.

                                                                    © Laurent BAYART

                                              27 septembre 2022

LES COCOTTES DU COUVENT DES CAPUCINS.

                                                                 A Mady et Bruno Cortot,

          C’est un havre de verdure et de paix, noyé dans une bulle d’oxygène verte, sise (assise comme le bon Saint François !) en cette bonne et belle ville de Beaune, capiteuse et savoureuse telle une dive bouteille de bourgogne. C’est au Couvent des Capucins que Bruno Cortot a décidé de planter son atelier de peintre où la vie bruisse de toute part. Le jardin des moines constitue une miniature de paradis où des ombres bienveillantes offrent la plénitude aux retraités/visiteurs. Dieu s’est pris les pieds dans le tapis et le temps passe comme une éternité fixée dans les coussinets d’un félin. Outre les chats qui déambulent non-chat-lamment, trainent aussi de nombreux volatiles ainsi que des poules, surnommées par le maître des lieux, les « cocottes ». Ce sont ainsi les bonnes âmes du cloître qui cotecodatent joyeusement et gaillardement. Il ne manquerait plus, à ce tableau bucolique (moins la chasse d’eau !), que dis-je cette palette champêtre, que l’auguste mère Poularde, mais celle-ci, sévit du côté du Mont Saint-Michel, à mille lieues de ce couvent…On ne fait pas d’omelettes sans casses d’œufs nous chuchote un merle de passage…colorié – pour la circonstance – en jaune !

Ici, l’art s’épanouit sereinement au fil des saisons, grassouillant et ripaillant gaillardement. Le temps file doucement sans se presser. Il n’a pas (d’arrières) trains à prendre…

Les gallinacés picorent et gloussent dans cette basse-cour en couleurs où les silhouettes des chats-moines cotecodatent allègrement en bure ou en cuculles.

Ils se délectent du spectacle des « cocottes » qui picorent l’herbe et la terre tels en métronomes de ferme. Et, il ne s’agit pas de goulues d’un french cancan endiablé, même si elles portent plumes… et grignotent, en poétesses du poulailler, quelques vers d’anthologie…en faisant tourner les ailes (rognées) de ce moulin rouge imaginaire.

                                                                            © Laurent BAYART

  • Atelier du Cloître, 31, rue du Faubourg Saint-Martin, 21200 Beaune.

LA VIE DE TOUTES PIECES…EN QUETE D’UNE IMAGE.

          Peut-être que finalement la vie est un vaste puzzle qu’il nous faut reconstituer, pièce par pièce, jusqu’au dernier jour où nous découvrirons enfin l’image…Révélation de tous ces instants passés à s’émerveiller et à savourer l’instant. Les couleurs de notre bonheur et les silhouettes de ceux que nous aimâmes se révéleront à nous dans le dernier acte. Qui sait ? Nous ne savons que si peu de cet ultime, de ce mystère qui se cache derrière les pièces du puzzle. 

Qu’importe dans le fond ! L’essentiel étant la multiplicité de ces pièces qui formeront le tableau, figure en couleur que nous laisserons derrière nous avant de partir…

Notre vie est peut-être un puzzle ? Dieu joueur et taquin cache si bien son jeu…

Avant de tout ranger dans la grande boîte…et recommencer ailleurs avec une autre image ?

                                                               © Laurent BAYART

                                           16 septembre 2022

LA PLENITUDE DE CETTE CROIX EN PLURIEL D’ESPERANCES…

photo de Rémi Picand

          C’est un ciel de liturgie, un cantique de sérénité qui s’offre à nos yeux. Offrande céleste venant poser son cantique de paix dans notre âme. Jubiler, c’est chanter à tue-tête mais à voix basse…J’aime attendre et entendre l’improbable rendez-vous avec le Mystère qui se cache derrière l’apparence des choses, qu’on nomme le visible. On appelle ça la foi…Cet inexorable et inépuisable aveuglement qui consiste à faire confiance à la parole muette des anges, aux ombres qui déambulent derrière nous, à ces fragments de sensations qui vendangent notre espérance et nous portent vers le plus loin, le plus haut. 

Glisser Nos yeux vers le ciel, c’est comme écrire sur un journal.

On y abandonne une trace, celle de cet Amour sans fin qui nous vient dont on ne sait où ? Pour aller se fixer dans l’agenda d’un évangile où pulse notre cœur.

Son battement sourd est tel un tabernacle de lumière dans cette nuit d’encre que l’on imprime sur le papier de nos jours.

La bougie d’une luciole pour éclairer nos prières.

                                                                    © Laurent BAYART

                                              14 septembre 2022

UN JOUR PAS COMME LES AUTRES…

dessin d’Alphonse, futur volcanologue…

                                                              Un anniversaire…le mien !

          C’est un jour avec un marque-page glissé dans le calendrier, à mettre une arabesque au Stabilo, à faire chanter l’agenda et s’offrir un peu de mélancolie, de saudade comme disent les Brésiliens. Un jour pour ralentir l’inexorable marche (forcée) du temps qui nous fait glisser vers la grande porte de l’inconnu. Un jour à se dire que l’on s’éloigne, toujours et encore plus, de notre acte de naissance, de ce jour où nous entrâmes au monde par la petite porte des étoiles, celle que nous offrit notre maman…Un jour, hommage à nous-mêmes, à regarder enfin dans les rétroviseurs…et puis repartir de l’avant, car nous n’avons pas le loisir de lambiner. La route nous attend !

Un jour à aimer les improbables rendez-vous de la vie, à se surprendre, encore et toujours, à être debout et jubiler d’avoir la tête dans les nuées et l’âme en quête d’absolu.

S’offrir un petit texte comme on s’ouvrirait une bonne bouteille de champagne ou de crémant. Des bulles qui pétillent dans la syntaxe de l’écriture.

Un jour pas comme les autres, déjà passé, déjà plus loin, déjà dans les albums du souvenir.

Un jour ordinaire, celui du lendemain qui nous surprend à continuer la marche sur la grande sente dont on ne connaît ni l’issue, ni le temps qu’il nous reste à pérégriner. La destination nous sera offerte par la suite…

Bonheur de l’instant à déguster telle une seconde qui n’aurait pas de fin. Ivresse de ne pas savoir si l’on apercevra la borne du jour suivant. Mais, avec un soleil/tournesol cousu dans le cœur, tel le sextant du navigateur pour aller nous plonger dans les terra incognita de l’océan du cosmos.

                                                               © Laurent BAYART

                                                                     11 septembre 2022